
Les bois fe
multiplient
plutôt fous
les bajoyers
que fous le
charge que
caufent les
premiers.
138 A rchitecture Hydraulique, L ivre T,,
leur intervalle. Enfuite l’on pofe dcfTus cette grille des-longrines
I K , pour en former une fécondé , croilant la première à angle-
droit, les pièces de l’une ôc de l’autre taillées de façon à s’encaf-
trer mutuellement à leur rencontre, où elks-font liées enfemble
avec des fiches de fer ébarbées.
Quant à la pofition des longrines, il s’en met un cours, L M ,
fous le parement de chaque bajoyer ; l’on en ufe de même pour
le parement du derrière N O de ces murs, ôc dans l’intervalle-
des deux précédentes N O , L M , il s’en place d’autres dont le-
nombre dépend de l’épailTeur des bajoyers ; par exemple ici l’on
s’eft contenté d’en mettre deux, ce qui fait quatre pour chaque-
bajoyer. A l’égard du radier, il ne s’en trouve ici que trois 1M,
H K , efpacés de façon à partager fa largeur en quatre parties,
égales. Pour les contreforts, le plan montre, que les traverfines:
qui y répondent, ont été prolongées d’environ deux pieds au-
delà de la queue, St que pour plus de folidité l’on a fait un rnalfif
P Q R S , tenant lieu de trois contreforts, vis-à-vis la chambre:
( article x 29)., Se que l’on a ajouté deux petites longrines T , V
fous chacun de ces contreforts, ôc même trois fous les-muffoirs,,
comme l’on en peut juger par le tracé des murs de l’éclufe, dont
la moitié eft exprimée en lignes ponctuées.
243. Si l’on n’a pofé que trois cours de longrines fous le radier,
au lieu de fept qu’il en auroit fallu, pour qu’elles euflènt a peu.
près le même intervalle que celles qui font fous les bajoyers ,
cela vient de ce que ces. dernieres ayant à foutenir toute la charge
des mêmes bajoyers, il falloit en faire les fondemens plus folides,
en ferrant davantage les cellules formées, par la double grille 3
au lieu que fous le radier, il fuffit que les fondemens ayent une
certaine réfiftance,. capable de foutenir les efforts des eaux de
fources ou de la retenue, & de maintenir l’équilibre entre les-
deux bajoyers, au cas que, par la nature du terrein, l’un eût plus
de difpofition à s’affaiflèr que l’autre, comme cela eft arrivé a.
l’éclufe de la Moere à Dunkerque, quelques années avant la
démolition de cette place. On vit un des bajoyers fléchir & tomber
en ruine,. tandis que l’auçrc refta inébranlable, parce qu’ils
n’avoient pas été bien liés par un bon maffif, qui leur fervit de
bafe commune ; cette éclufe ayant été bâtie dans un tems ou
l ’expérience n’avoit point encore appris combien il falloit etre
attentif à prévoir les accidens dont les ouvrages de cette nature-
pouvoient être menacés. C’eft pour cette raifonqu’indépendam-
ment des pilots que l’on plante fous les bajoyers, on en met auili
Chat. V IL D e la fondation des Écluses. 139
d’ autres, comme nous l’avons obfervé, fous les croifées du ra- p L X IY ,
dier, mais feulement de deux traverfines l’une ; alors ces pilots, Fig. 1.
quoique clair-femés, n’en font pas moins plantés régulièrement
en échiquier, comme les précédens.
244. Après que la double grille eft formée, on achevé de rem- EtMifiéplir
de maçonnerie le vuide que les traverfines ont laiffé entr’el- i j f c
le s , le tout bien arrafé Sc couvert d’une couche de mortier, fur fu r la première
laquelle on applique, dans la largeur du radier feulement, un trf r
plancher de chêne de trois pouces d’épaiffeur, attaché fur les f a m i r l em -
traverfines, pour que les eaux de fources ou celles de la retenue, eaux
qui voudraient agir de bas en haut, après s’être frayées un paffage, i p s l l j r
foient arrêtées par ce plancher. C’eft pourquoi il ne s etend que t'endommager..
fous le radier, dont il n’excéde la largeur que de quelques pouces
de chaque côté, fous le parement des bajoyers, parce qu’ils com-
pofent un maffif trop folide pour craindre que l’eau parvienne à
s’y faire jour; d’ailleurs on le garde bien d’étendre ce plancher
plus loin, parce qu’il interromprait la liaifon de la maçonnerie.
245. On fe fert de briques préférablement au moilon, pour La L
remplir les Cellules des grillages, parce quelle eft plus com- préférable an
mode à employer, à caufe des différens fens c>ù elle peut être
pofée,pour occuper exactement l’efpace qu’on veut remplir.
On obferve, autant que cela fe peut, que le dernier rang qui
doit affleurer les traverfines foit pofé de champ , Se l’on ne met •£ “f u f j i
on oeuvre pour cette maçonnerie, que le meilleur mortier de plus propre à
ciment ou de terraffe de Hollande. . _ _ ^mpani^ens
Si l’on confidere avec un peu d’attention la première moitié des grillages.
du plan de l’éclufe dont nous parlons , relativement à tout ce
que nous venons d’expliquer, ceux qui n’ont nulle connoiffance
des travaux dont il s’agit, commenceront à les comprendre ,
quoiqu’il ne foit encore queftion que d’une ébauche , me propo-
fant de ne leur laiflër rien à defirer, en fuivant la gradation la
plus convenable. Comme la matière eft d’un grand détail, il y
a un art de ménager l’attention, que je tâcherai de fuivre.
146. Le plancher ayant été bien conditionné, on le couvre EtaHifement
d’un fécond rang de traverfines X Y , dont nous n’avons fait voir K g !roif cJ s
qu’environ la moitié de leur longueur, pour laifler à découvert
le plancher précédent; ces traverfines font pofées directement fines, qui ne
au-deflùs des premières , entaillées de façon à pouvoir s’encaf-
trer avec les cinq longrines du radier, Se forment une troifieme f euimlr.r. -
grille, dans le goût de la première, avec cette différence qu’elle
ne s’étend point au-delà du plancher. Elles font auffi attachées