
Differ tat ion
fu r la maniéré
de pofer la
premiere affife
du parement
des bajoyerst
par rapport
au plancher
du radier.
2 1 z A rchitecture H ÿdrauliqUe , Liv r e I ,
niais l’hiver fuivant il Te repentit bien de fon entêtement : tout
le parement de cette éclufe tomba en ruine, parce que la pierre
en étoit geliflè , quoique bonne en apparence. Ce qui montre la
conféquence de n’en point employer qui n’ait été luffifamment
éprouvée, faifant attention que celle qui réuiîit à l’air, peut devenir
fort mauvaife quand elle eft employée dans l’eau.
334. On a coutume de pofer la première alîife des bajoyers
fur le plancher du radier, afin de l’enclaver dans la maçonnerie;
cette pratique me répugne, 6c il y a lieu de craindre que ce plancher
venant à pourrir par la fuite des tems, cela ne donne lieu
aux paremens de porter à faux, par conféquent à de fâcheufes
dégradations. Car on ne peut difeonvenir que ce nefoit un grand
inconvénient de larder de la charpente dans de la maçonnerie,
quand on n’a pas la facilité de changer les pièces à mefure qu’elles
deviennent défedtueufes. Je n’ignore pas que cette partie du
plancher n’étant point à l’air, fe confcrvera plus long-tems que
le refte du radier ; mais lorfque tôt ou tard il faudra le renou-
veller, comment s’y prendra-t-on pour le féparer de ce qu’il aura
d’enclavé, ou pour réparer cette partie même ? Cela paroît fort
difficile, 6c montre bien la nécemté de faire ce dernier plancher
du meilleur bois de chêne qu’il fera poffible de trouver.
Comme de fort habiles gens ont prolongé,le plancher dont je
parle d’environ 2 pieds fous les bajoyers , oferois-je prendre fur
mon compte de le borner à la jufte fuperficie du radier, en le
terminant contre le parement, comme on le fait pour fon recouvrement
? Au fond je n’y vois point d’inconvénient, 6c encore
moins la néceffité de cette prolongation , fino'n pour établir la
première alîife fur une plate-forme, ,8c non pas en partie fur les
traverlînes 6c fur la maçonnerie qui eft entre deux, de crainte
peut-être que la différence de folidité de ces deux corps n’en
fallè naître dans l’affaiffèment qu’ils peuvent recevoir quand ils
feront chargés de bajoyers, 8c dont la furface pourroit fe reffentir.
Cette raifon paroît d’autant plus fpécieufe, que pour la conftruc-
tion de l’ancienne éclufe de Gravelines , M , de Vauban' a fait
regnerfous la première affife du parement un cours de madriers
de 9 pouces d’épaifliurfur 1 <? de largeur, qui fe trouvoit partagé
en deux également par l'à-plomb de la furface du mur. Cette
pratique, quoique bonne pour la folidité aftucllc de l’ouvrage,
ne fupprime point l’inconvénient dont il s’agit ; au contraire,
elle peut l’accroître dans la fuite, puifque plus il y aura de bois
employé fous le parement, 6c plus'le mal peut devenir fenlîblc ,
C h a p . X I . D e l a c o n s t r u c t io n d e s B a jo ÿ e r s . z i 3
au lieu qu’il faudroit mettre toute fon induftrie à ne s’en fervir
qu’à la derniere extrémité: c’eftpourquoi les radiers de pierre
de taille faits folidement, font préférables à tous égards à ceux
de charpente. C ’eft ce que perfonne ne difpute, d’où s’enfuit la
validité de cette obfervation. _ ■
Je crois que le meilleur parti feroit de pofer fur les traverlînes
une plate-forme de grandes pierres dures, d une epailïèur uniforme
de 9 à 10-pouces, les plus longues qu’il fera poffible de
trouver, ayant au moins 4 pieds de largeur, qui eft celle cjue je
voudrais donner à cette plate-forme, pour quelle répondit à la
longueur des boutifles. Il faut employer ces pierres du meme fens
qu’elles étoient dans leur lit de carrière ; enfuite élever la première
affife du parement pofee en retraite de 6 pouces fur cette
plate-forme, dont je fuppofe le bord extérieur bien aligné ôc proprement
travaillé au cifeau, afin quelle puiffe mieux fe joindre
avec le plancher. Il conviendroit meme d y faire deux feuillures
chacune de deux pieds de largeur , la première pour recevoir le
plancher, 8c la fécondé pour fon recouvrement, apres avoir
introduit un bon maftic dans les joints, afin d empecher 1 eau de
s’y frayer un paffage. . .
333. Après les obfervàtions convenables lür le choix de la Ihmcnjîens
pierre’ on en fait tailler de deux échantillonsdifférens ; l’un
pour les b outille s , qui ne doivent point avoir moins de 3 pieds de pi:Tres em.
queue ; 5c l’autre pour les pannereffes , auxquelles on donnera
depuis 20 jufqü’â 24 pouces de lit : les unes 8c les autres ayant i,aj 0y erSr
1 2 , 13 à 18 pouces de hauteur, pofees alternativement une pan-
nereffe 8c une boutiffe. On obfervera que ces dernières n’aient
pas plus de 5 pieds d’intervalle, lorfqu’on fera oblige d employer
deux pannereffes de fuite. Au furplus il faut avoir grand foin de
choifir les pierres les plus groffes ÔC les plus dures pour les çhar-
donnettes, les encoignures ôc les angles, particulièrement aux
endroits des jambages 8c des battées des portes, _
1 Les affiles les plus épaiftes doivent être pofees les premières,
6c les autres moindres enfuite, par gradation. Toutes les pierres
feront taillées de façon qu’elles puiffent être pofées fur leur lit
de carrière, parce qu’autrement il feroit à craindre quelles ne fe
fendillent fous le poids de la charge quelles auront a foutenir;
faifant enforte que les joints des paremens n’aient que deux lignes
de lameur, revenant à 4 ou 5. vers la queue, à caufe du démaigriffement.
. ’ ,
336. Lorfqu’on veut pratiquer des permis ou. petits aqueducs At.mkm