
du fort Blanc
ou petit R if-
ban.
P lan . II.
Defcription
du Château-
Gaillard , répondant
à la
jettée de l ’efl.
Defcription
de la batterie
ou fort de revers.
9 répondant
a la je ttée
de Uouejbi
Defcription
des jettées formant
le chenal
du port de
Dunkerque..
ig A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
le petit Risban, parce qu’il avoir les mêmes propriétés que le précédent.
Il étoit auffi de maçonnerie, Si avoit l’avantage, par la
polition, non-feulement d’éloigner le bombardement, mais encore
de défendre du côté de la terre l’accès du front dé, la place
répondant à l’efplanade de Nieuport, par conféquent de battre
tout ce qui auroit voulu paroître fur 1 Eftran. Son rempart pou-
voit contenir vingt pièces de canon. g
5 8. En avançant vers le havre, l’on trouvoit encore du meme-
côté le fort ouChâteau-Gaillard, conftruit en charpente, répondant
à la jettée de l’cft, à laquelle il commumquoit par un peut
pont. Ce château, de figure reftangulaire , pouvoir contenir
douze pièces de canon, dont une partie defendoit 1 accès e a
jettée adjacente, St l’autre croifoit avec le feu qui partoit de la
gorge du fort B lan c , ce qui rendoit cette partie macceffible a
l’ennemi. .
5 9. De l’autre côté du chenal, prefque vis-à-vis le chateau précédent,
étoit encore un fort de maçonnerie appellé labatterie de-
revers , parce que ce fort étoit difpofé de façon que fon artillerie,
qui pouvoit monter à 1 6 pièces de canon, prenoit des revers fur le
gros Risban, fut l’efplanade de la citadelle St fur l’entrée du havre..
Si l’on ajoute à tous les feux de ces forts ceux qui pouvoient
partir de la nombreufe artillerie placée fur le rempart de la citadelle
Si fur le cavalier du baftion 3 5, on conviendra que jamais
les environs d’un port n’ont été mieux défendus , St q u i l11 y en
avoit point en Europe dont l’accès fût plus formidable, St ou la-
puifiance du Souverain s’annonçât avec plus de majeur.
6 0 . Les jettées étoient d’une étendue où jamais aucun ouvrage
de cette efpece n’avoit été porté, ayant près de mille toiles de-
longueur , toutes faites en charpente , les coffres remplis de
grofiès pierres, félon les réglés de la meilleure mechanique,
élevées avec des dépenfes prodigieufes.
Ce que je v-iens de dire n’efi qu’un -foible crayon de tous les
magnifiques travaux dont ce fameux port étoit enrichi, 8t qu on
trouvera développés jufqu’aux moindres détails dans le fécond
volume de cet ouvrage. Comme je fuppofe écrire pour des per-
fonnes qui n’ont qu’une légère connoiflance des fortifications maritimes,
c’efi dans le deffein de leur infpirer des vues relatives ai
ce genre de défenfe, que je n’ai rien négligé pour les inftruire ai
fond, par les conftruftions que je rapporte. On ne peut dilcon-
venir que ce ne foit une grande avance d’avoir 1 efprit préparé a
la nature du travail que l’on fe trouve dans, le cas de projette!'
Chap. II. Description de Dunkerque. 17
autrement l’on flotte dans l’incertitude des idées que l’on doit fui- P lan. II.
vre par préférence, parce que l’on n’efl: guidé par aucun exemple
oui puiflè déterminer le meilleur choix qu’on peut faire pour
réuffir dans les ouvrages d’une auffi grande conféquence.
61. Une des beautés du port de Dunkerque étoit le ballin, ca- Defcription
pable de contenir une efeadre de quarante vaiflèaux toujours ■Ç, . . . , . , -p1 A • r i ii / 1 r à Jdof n‘ ebc‘rlVunJck. ’ dc flot dans le tems meme de la balle mer, a caule de 1 eclule 48
qui étoit à fon entrée, dont la largeur, de quarante-deux pieds,
la rendoit propre au paflage des vaiflèaux du premier rang. Cette
éclufe, dontM. deVauban donna le projet, St qui fut achevée
en 1686 , étoit une des plus belles de fon tems, travaillée avec
tout le foin imaginable, comme nous le ferons fentir quand il
en fera queftion.
Le ballin étoit revêtu tout autour d’une bonne maçonnerie,
& pour l’ufage de la marine l’on conftruilit dans fes environs une
quantité de beaux bâtimens qui exiftent encore aujourd’hui, ayant
été bien entretenus : tels font la corderie, le magafin général, le
magafin particulier des vaiflèaux du R o i, le hangard aux mâts ,
les forges & boutiquesdes ouvriers de toute efpece, les logemens
des commiffàires & officiers du port, St un grand nombre d’autres
édifices renfermés dans l’arcenal de la marine, où l’on avoit
projetté une forme marquée 42 pour la conftrucfcion des vaif-
feaux, indépendamment deplufieurs belles carénés exiftantes à
l ’ufage de la marine du Roi Se de celle des commercans.
6 1 . Le havre n’étoit pas moins digne de la curiofité des con- Defcription
noiflèurs, à caufede la manoeuvre des éclufes qui fervoient à le iu havre, t, de
nettoyer St à l’approfondir. La plus confidérable étoit celle qui
repondoit à l’embouchure du canal de Bergues (46), au fond du f e rm i t iU
port; elle avoit vingt-fix pieds de largeur, avec double paire de curer'
portes"bufquées, dont les unes fervoient à foutenir les eaux du
canal dans le tems de la baffe mer, St les autres celles de la mer
dans fon plein, félon la néceffîté ; de forte que les bateaux pou-
voient paflèr du canal dans le port, St du port dans le canal,
en prenant les tems propres pour cela.
A cette éclufe, les portes d’hebes en renfermoient d’autres
tournantes, dont on fe fervoit merveilleufement quand la mer
étoit baffe St le havre à fe c , pour lâcher tout à coup les eaux du
canal, qui pouvoit fervir de réfervoir à celles delà mer: alors
l ’impétuofité de leur cours les faifoit agir avec tant de violence,
qu’elles creufoient non-feulement le havre, mais auffi le chenal,
St emportoient les fables du fond fur l’étendue de plus de feize
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