
fécond plancher
& fon recouvrement.
P, XVII.
Remarque fu r
la multiplient-
tion des bois
employés a
Cette éçlufe.
150 A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
lo normes C D , polées auffi près les unes des autres que l’étoîent
les traverfînes de deflous, avec lefquelleselles furent eracaft-rées;
ce que la Planche XVII montre fi naturellement, qu’il y auroit
du fuperflu d’en parler davantage.
Enfin l’on a encore fait une quatrième grille, compofée de
traverfînes encaftrées avec les pièces de deflous ; obfervant qu’on
pofa deux maîtreflès pièces G H , de 36 pouces d’équarriflàge.,
pour le feuil des bufes I K I , qui furent établis tout de fuite, de
même que les repos ou fupports L M , pour les roulettes des portes,
dont nous parlerons dans la fuite. Si ces feuils ont été faits
suffi forts, ç’a été afin de pouvoir les tailler vers leurs extrémités,
de maniéré à fervir de pallier aux crapaudines.
Les compartimens ayant été remplis de maçonnerie bien ar-
rafée, l’on a pofé le fécond plancher qui devoit fervir de radier,
calfaté, brayé &c goudronne, comme nous le dirons dans le chapitre
des détails de la charpente,
2 .6 1. Il faut convenir que cette fondation eft d’une folidité a
toute épreuve, par la répétition des grilles ; mais on avouera
aufîi que la dépenfe en eft prodigieufe, vu la forêt de bois qu’on y
a employée, dont on auroit pu, ce fembie, retrancher la moitié,
fans rien craindre pour la durée de l’ouvrage. C ’eft ce que l’on
a fait avec beaucoup de raifon à toutes les éclufes qui ont été
bâties depuis fur un terrein femblable à celui qui s’eft trouvé au
baffin de Dunkerque. On a totalement fupprimé la fécondé
grille, & réduit la troifieme à 1 5 longrines , au lieu de 4 3 , pour
des éclufes encore plus larges que celles c i, & borné les traver-
fines de la première grille à n’avoir que quelques pieds de plus
que ne l’exigeoit la largeur du radier aux endroits où elles étoient
pofées, comme l’on a dû le remarquer fur la quatorzième Plan,-
che, où il n’eft pas queftion non plus de la cinquième grille pour
élever l ’eftrade au niveau des bufes. 11 eft vrai qu’en 1684 M. de
Vauban , non plus que les autres Ingénieurs de fôn tems , na-
voient point fait exécuter à Dunkerque , ni dans les environs,
aucune éclufe auffi confidérable que celle du baffin. Le terrein
étoit, comme je l’ai d it, un fable mouvant propre à infpirer de
la timidité. L’on n’avoit point encore acquis beaucoup d’expérience
dans ces fortes de travaux ; 6c M. de Vauban , pour faire
fon projet, s’étoit réglé fur ce qui avoir été fuivi à la conftruc-
tion de la grande éclufe du Sas d’Oftende (à ce que j ai appris
par M. Dupuy-Vauban, fon digne neveu, ) où le terrein a pu fe
trouver plus mauvais encore qu’à Dunkerque ; ou bien M l
C h a e . Vit. D e l a f o n d a t io n d e s É c l u s e s , 1 5 1
Dubiais, ce fameux Architecte des Pays-Bas, qui a fait conf-
truire cette éclufe vers l’an 1640,. a peut-être été lui-même plus
timide qu’il ne l’auroit fallu. Quoi qu’il en fo it, on eft plus ex-
cufable dans cette occafion de pécher par-là, que fi l’on couroit
le rifque d’être accufé de témérité.- Il eft à préfumer que M. Clément
, à qui l’on eft redevable de la belle fimplicité où fe trouve
réduite aujourd’hui la mécanique de la-charpente des éclufes,
en eût ufé de même , s’il n’avoit pas eu l’avantage de débuter
où ceux qui l’ont précédé ont fini 3 car cette matière étoit encore
toute neuve vers la fin du flecle pafle, 6c il a contribué plus
que perfonne à la perfectionner.-
262. On remarquera que mes obfervations ne tombent que fur Suite de A*-
l'économie que l’on doit avoir pour l’emploi des bois dans les pricathn-des
Provinces où ils font rares, afin de les renfermer dans les bornes luM u id u fî,
d’un emploi indifpenfable ; mais comme j’écris pour toutes les accompagnée
nations, 6t qu’il fe trouve des pays où il n’en coûte guere que la i^ nerem<'rv>s
peine de.les abattre, on fera bien, dans ce ca s, de fuivre à peu
près ce qui a été exécuté pour la fondation de la grande éclufe
de Dunkerque, 6c même par-tout ailleurs, lorfque la mau-
vaife qualité du terrein l’exigera abfolument, puifque l’ouvrage
n’en fera que plus aflùré : ainfi les defleins que je rapporte
pourront avoir leur utilité, avec les modifications qu’on jugera
convenable d’y faire; c’eft pourquoi je continue à expliquer ceux
qui me refirent encore à rapporter.
Le plancher qui devoit fervir de radier ayant été conditionné P l Anchv
convenablement, on a élevé la maçonnerie des bajôyers, com- XVIII,-
me on le voit fur les plans de la Planche X V I I I , où l’on remarquera
que cette éclufe avoir dans chaque bajoyer un petit aqueduc
E F (126) en portion de cercle, dont l’entrée & la fortie'
font exprimées dans l’élévation qui accompagne le profil. Ces
aqueducs étoient voûtés avec des pierres DH qui en traverfoient
toute la largeur, laquelle n’étoit que de 3 pieds. L ’intérieur étoit
revêtu auffi de pierres dures, capables de réfîfter à la violence de
l’eau qui pafloit d’un côté de l’éclufe à l’autre, parce que les portes-
qui étoient bombées, comme on en peut juger par la courbure1
des heurtoirs A R B , C S D , n’avoient point-de guichet.-
A l’égard des contre-forts O , ils ont été placés de façon à
aflùrer la folidité des bajôyers ; 6c l’on a pofé les deux autres!
intermédiaires Q à une jufte diftanee du milieu P P de la chambre
, pour qu’ils puflent fervir à recevoir lest-irans X Y qui rete^