
Méthode
pour creufer
les" canaux,
afin de déterminer
le talud
de leur bord,
Defcrrption
de la nouvelle
éc'.ufe du canal
de Gravelines.
348 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L iv r e I I *
Auflî-tôt après l’ouvrage fut diftribué par attelier aux troupes
qui étoient venues camper fous Gravelines, auxquelles on failoic
obferver de s’enfoncer par banquettes d’un pied de hauteur fut
deux de largeur, en fuivant les bords intérieurs du canal, 8t toujours
fucceiiivement de même julqu’à la profondeur de fon plafond
, qui fut déterminée moyennement de 1 8 pieds vis à-vis le
fort Philippe, afin d’atteindre le radier de l’éclufe desEfpagnols,
qui étoit, comme je l’ai dit, de niveau avec la laide de baffe
mer, pour delà remonter en pente douce jufqu’à celui de l’éclufe B.
Toutes ces banquettes furent enfuite recoupées pour former un
talud dont la baie fe trouvât double de la hauteur, te} qu’il convient
aux terres fablonneufes ; ainfi le canal eut 3 5 toifes de largeur
moyenne par le haut, 8c 1 3 dans le fond. Mais auparavant
d’en venir là l’on avoit tracé extérieurement, à trois toifes de
diftance de fes bords , des parallèles pour former des bermes qui
dévoient fe trouver élevées de 4 pieds au-deffiis des vives eaux,
quand le canal feroit achevé.
484. Après ces bermes on fit encore des banquettes de deux
toifes de largeur, y compris leur talud, pour répondre à un parapet
de 4 pieds 8t é de hauteur, comme à l’ordinaire, St d’environ 4
toifes d’épaifleur, ayant extérieurement un talud égal à fa hauteur.
L’objet de ce parapet a été de marcher à couvert le long du
canal, depuis la ville jufqu’à la hauteur du fort Philippe, félon
le devis, duquel j’ai extrait ce que je viens de rapporter.
Quant au chénal, il ne fut creufé que jufqu’à un certain terme,,
parce que la nouvelle éclufe devoir fuceeffivement l’approfondir,
après avoir fait des jettées de fafeinage, pour contenir le courant
de l’eau dans la même direétion. C ’eft à quoi je ne m’arrête pas
préfentement, non plus qu’à plufieurs autres chofes qui appartiennent
à la conftrudtion de ces fortes de canaux , parce que je1
me fuis étendu fur ce fujet dans le chapitre fuivant. Ainfi je vais
palier à la deferiptiort de fon éclufe, fans faire mention de la
main-d’oeuvre, dont on jugera aifément après tout ce que j’en ai
d it, pour éviter des répétitions dont la lecture deviendroit d’un
ennui infupportable. J ’en uferai de même pour toutes les autres
éclufes qu’il me refte à expliquer, afin de ne m’arrêter plus qu’à
leurs principales propriétés.
485.51 l’on confidere avec un peu d’attention les plans St profils
de cette éclufe fur les Planches X X X V I & X X X V I I , on
verra qu’elle eftdivifèe en deux voies, chacune pareille a H J J E I ,
feule bien diftinguée fur une moitié du plan où elle cft apperçue à
C h AP. I I - D u NOUVEAU C ANA L DE G R A V E L IN E S . 3 4 9
Vue d’oifeau, S i féparée par la ligne A D de l’autre, qui marque
cette dernière à la pénultième grille de la fondation, avec les
maîtrefles pièces répondant aux bufes S t aux deuils.
11 eft à remarquer que chacune de ces votes n ayant que 13
pieds de largeur, pour rendre plus facile la manoeuvre des vannes
V S i des portes de flot X , on a pratique dans 1 epatffeur de
chaque bajoyer un aqueduc ou pertuis de 6 pieds de largeur, lut
7 de hauteur fous clef de voûte , marqué par la ponctuation
N O P O ’ &. un troifieme dans le milieu de la pile, donc il ne
paroît ici’ que la moitié G H I K , non plus que de l’aqueduc
G L M K : chacun d’eux fermé par deux vannes S.
Par cette judicicmfe économie, M. de la F o n t a trouvé le
moyen de faire échapper les eaux de la retenue fur une largeur
enfemble de 44 pieds, fans avoir les incommodités infeparables
des grandes éclufes; aufli a-t-il eu la fatisfaûion de voir reuffir la
fienne avec un applaudiffèment unanime, le chénal s étant approfondi
en très-peu de tems beaucoup au-delà de ce qu’on avoit
jamais vu faire à aucune éclufe de chaffè, maigre la diftance de IM toifes où elle fe trouve de la laiflTe de baflè mer, ce qui
aflùre pour toujours le libre écoulement de la nviere d’A a , par
conféquent le pays depuis Gravelines jufqu’a S. Orner, contre les
inondations qui en caufoient la ruine depuis fi long-tems.
P l a n c .
x x x vi 8c
XXXVII.
486. Pour manoeuvrer lès vannes V , aulîi bien que les portes
X il y a fix cabcftans T dans le goût de celui de Mardick (4 13 },
placés fur lés bajoyers 8e fur la pile. Il eft aifé de concevoir I’u-
fase de ceux qui appartiennent aux vannes V> en examinant les
profils ; on y verra que les cables 5 dont les premiers brins font
attachés en b, fe 'replient fur les poulies mouflées a c : de-la ils
paflent fous celles de retour d , St vont aboutir aux cabeftans de
droite St de gauche, que l’on fait jouer enfemble, pour mouvoir
les vannes d’une maniéré bien plus commode qu’on ne le fait
ordinairement avec les roues. ,
A l’égard des autres petites vannes S pour la fermeture des
pertuis, on jugera de la maniéré dont elles fe lèvent, dès qu’on
fera prévenu qu’à l’endroit de chacune il y a un ehaflis g n h n ,
dont la femelle g a fes extrémités enclavées dans la maçonnerie
de même que la moitié de la hauteur de fes montans n ,
Par quelle
méchanique
on leve & Port
baijfe les
grandes & les
petites vannes
de cette eclufe.
formant chacun une potence dont le chapeau Im fort à foutenir
de part & d’autre les extrémités d’une double moife h , embraf-
fant le collet d’une vis Z , qui a fon écrou percé dans le milieu
d’une lambourde/, contre laquelle eft attaché le fommet de la