
I l y a ptu-
Jieurs chofes
qui ont été
fù v ie s dans
la conflrudion
de cette éclufe
dont il ne faut
pas juger par
les dejjeins
de la planche.
P l a n c .
x x v i i i
& X X X I I .
3 1 4 ' A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L iv r e I ,
exécuté suffi au couronnement, des contreforts, terminés à J"
pieds au deflous du fommet des bajoyers.
Comme cette éclufe fe trouvoit lituée à la fortie de {a porte
de Calais, l’on fit un pont tournant pour traverfer la grande voie ,
afin que les bateaux pullint y paffer tous matés, 8c l’on en établit
un dormant fur l’autre voie ; mais tous deux font mal repré-
len és dans le profil E F . Il faut que le tournant ait fon pivot au
milieu de fa longueur, ailis fur la pile &c non pas fur le bajover
droit.
45 z. Jè paflè fous filence ce qui fut exécuté pour la conftruc-
tion des faux radiers, que j’ai fufh'famment détaillée dans l’article
3 2 9 ; j’en uferai de même pour les ailes qui furent toutes faites
en charpente, ôc terminées par les files de palplanches pofées en
avant du radier, à 10 toifes des muffoirs, ce fujet ayant été amplement
traite à la fuite de l’article 362. Je pourrois par la même
raifon gliflèr fur ce qui appartient aux portes bufquées, s’il ne
m avoir paru convenable d’obferver que celles que l’on voit exprimées
fur la planche X X X I I , font trop matérielles St tropfur-
chargéesde ferrures pour avoir jamais été exécutées.En effet n’eft-
ce pas vouloir prodiguer la charpente, que d’employer fix entre-
toifes a des venteaux qui ne dévoient avoir que 1 5 pieds de hauteur
du coté de la mer, 6c 13 feulement pour ceux qui regardent
le pays, tandis que quatre entretoifes étoient fuffifantes,comme
on le voit au venteau exprimé par la quatrième figure de la planche
X X V I I I , que je garantis conforme à ce qui exifte, l’ayant
moi-meme deffiné fur les lieux, 8c ayant mefuré les pièces qui
le compolent ; elles font allez d’aæcord avec la réglé que nous
avons établie fiir ce fujet, art. 3 7 5 , excepté les bracons & mon-
tans qui n auroient dû avoir félon moi que 3 fur 7 pouces d’é-
quarriffage, au lien de 10 fur 1 o , comme la figure le montre.
Il pourroit bien auffi le rencontrer quelques legeresd-iffércnces-
entre la charpente du premier planque je rapporte delà fondation
de cette eclufe & ce qui a été exécuté effectivement ; l’état de
fo n toife n y eft point entièrement conforme ; ce qui vient peut-
être des changenïens qu’on a fait dans le terni-de la conftruction,
©u de la diflemblance des deflèins qui ont été donnés pour fon
projet, en ayant vu plufieurs où l’on remarque des chofes qui ne
font pas tout-a-fait les memes. Quoi qu’il en fo it, comme mon
deffein eft d’inftruire plutôt par des réglés générales, que par une
imitation tropfcrupuleufe dès morceaux que je rapporte, ce qui
précédé n en eft pas moins digne d’at-tention ; c’eft pourquoi je
C h a p .T. D e t a i l d e l ’a n c . Ec lu s e d e G r a v e l in e s .
n’ai point héfité de faire graver les dévèloppemens que je donne
ici préférablement aux autres dont j’avois le choix, a caufe de la
pe tite ffe de leur échelle, qui donnoit l’avantage de les réunir
tous fur une même planche. Au refte n’ayant parlé dans l’article
2.73 , que fort fiiperficiellement des portes tournantes , je vais
profiter de l’occafiôn que me fourniffent celles de cette éclufe
pour entrer dans un plus grand détail.
S E C T I O N I L
D e la c o n flru ü io n des p o r te s tournantes jim p ie s .
453. E n’eft que vers la fin du feizieme fiecle que les Hollan- Difcours fuis
dois fe font apperçus les premiers de tout l’avantage /v/ji« dis
qu’on pouvoit tirer des éclufes pour approfondir les ports de mer, r ° ' f t s ‘, ° ur'
afin de les rendre capables de recevoir les plus gros vaiffeaux.
L ’efprit du commerce s’étant accru avec la découverte du nouveau
monde, où ils s’étoient rendus puiffans, ils s’appliquèrent
à tout ce qui pouvoit le favorifer, 8c la République naiffante ma-
mifefta plus que jamais fon émulation pour le progrès de l’Archi-
te&ure Hydraulique. Mais il reftoit encore un point difficile à
vaincre, qui étoit de faire enforte qu’en même tems que les éclufes
auroient la propriété de creufer le fond & de donner la chafte
au fable, elles ne fiffent point obftacle au libre pafîàge des vaiffeaux
tout matés, ce qui n’avoit point encore été trouvé. Sur quoi
Simon Stevin rapporte, que s’entretenant un jour avec un nommé
A d r ie n Ja n j f e n , maître Charpentier de Roterdam, 8c a v e c Corne-
l i s D i r i c x e n -M u y s , autre maître Charpentier delà ville de Delfr,
fur le moyen d’y parvenir , iis firent entr’euxuneaflôciatioo, par
laquelle ils s’obligèrent de fe communiquer réciproquement ce
qui leur viendroit en penfée à cet égard; à condition que le bénéfice
qui pourroit réfulter de l’invention adoptée par les trois-
enfemble, feroit partagé en commun. Quelque tems après ils fe
raffemblerenr pour produire le fruit de leurs recherches. Le
moyen propofé par Adrien Janffen , fut préféré à celui des deux
autres ; il fe réduifoit à ménager dans chacun des venteaux buf-
qués qui regarderoient le pays-, une porte tournante retenue,
quand elle feroit fermée , par un valet de fer attaché au poteau
tourillon correfpondant; afin que quand la mer feroit baffe Scies-
portes tournantes chargées d’eau-, on pût les ouvrir pour la laifm
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