
Union des
villes de Dunkerque
& de
Bourbourg
pour la conf-
tru&ion d'un
canal de communication
de
l'une a l'au tre.
Déclaration
de guerre en
1 667, entre
la France &
l'Efpagne }
pour les droits
de la Reine.
Conquête faite
dans les Pays-
Bas & en
Franche■ Comté
de la part
de la France.
Le Roîfe rend
a Dunkerque
le iM a h 6 j i s
y reffle j<uf-
qu'au %7,pour
prejfer Inexécution
des
nouveaux travaux..
Ordre que
L'on faifo k
obferver aux
. troupes campées
fousDun-
kerque pour
la conflruftion
des travaux.
18 A rchitecture Hydraulique , L ivre I ,
Bas, fît faire un canal de Bergues à Fûmes, dans le deflèin d’af-
foiblir le commerce de Dunkerque. Les habitans de cette ville
êc ceux de Bourbourg voyant le préjudice que ce canal alloit leur
caufer, fe joignirent enfemble pour en faire un autre qui pût faciliter
la communication de ces deux places avec Saint-Omer ;
mais ce ne fut qu’en 1670 que le Roi leur en accorda les patentes,
lorfqu’il revint à Dunkerque pour la fécondé fois.
39. Le Prince Baltazar, frere de la Reine , étant mort en
1 6 6 j , le Roi fe vit obligé d’avoir la guerre avec l’Efpagne, pour
la fucceffion d’une partie des Pays-Bas , qui revenoit de droit
à la Reine par cette mort. Cette même année Sa Majefté prit
Bergues 5c Fûmes, enfuite Douay, Courtray, L ille , Oudenarde
Se Aloft. La campagne fuivante ne fut pas moins heureufe, la
France s’étant emparée, dans la Franche-Comte , deBefan^on ,
Salins, Do le , Se de Gray. L ’Efpagne, étonnée de la rapidité
de ces conquêtes, fit la paix aux conditions du monde les plus
avantageufes pour la France.
40. Le R o i, débarraffé des foins de la guerre, donna toute fom
attention à augmenter les fortifications de Dunkerque ; il jy ordonna
un arcenal capable de contenir toutes les chofcs necef—
faires à l’armement des vaiflèaux de guerre. Peu après voulant
vifiter les nouvelles conquêtes qu’il avôit faites en Flandre, il
-réfolut d’aller à Dunkerque, où il arriva le 19 Mai 16 70 , pour
y ordonner Se con(dater les ouvrages que l’on entameroit.
L ’année fuivante 1 6 y r , le Roi fe rendit encore a Dunkerque
le 3 de M a i, 8e y relia julqu’au 2 7 , pour prefler par lui-meme
tous les grands travaux qu’on n’avoit fait qu’entamer 1 année
précédente. Pour en venir plus promptement à bout, trente
mille hommes étoient campés autour de la ville , qui travail-
loient alternativement dans l’ordre fuivant.
4 1 . On droit un coup de canon à quatre heures du matin. A
ce lignai dix mille hommes prenoient les armes,: Se marchoient
en ordre de bataille jufqu a un endroit marqué proche du travail
, où ils pofoient leurs armes pour prendre des outils.. A neuf
heures un autre coup de canon leur faifoit quitter le travail pour
aller reprendre leurs armes Se retournerau camp ; dix mille autres
revenoient dans le même ordre, Se quittoïent à un troifîeme coup'
de canon , vers les quatre heures apres midi ; les dix mille reftans
travaillèrent jufqu’à huit heures du foir r ainfi ces trente mille:
hommes, poulTés par leurs officiers 8e animés par la prefence de
Sa Majefté , qui montoit à cheval régulièrement deux fois pair
C hap. I , servant D’Introduction. 19
jour, travaillèrent avec tant de diligence, qu’il n’eft pas concevable
combien on fit d'ouvrage dans le courant de l’été.
4 1. En 1677 Sa Majefté fe rendit encore à Dunkerque le 1 J Arrivée du
A v r il, pour y vifiter tous les travaux dont nous venons de parler, D[ un-
qui étoient alors achevés, Sc en ordonner de nouveaux. Afin de
rendre cette place auffi refpeétable du côté de la mer, qu’elle l’é- pour vifiter les
toit devenue du côté de la terre, M. deVauban expofa les projets
qu’il avoir médités, dont l’exécution fut arrêtée par le Roi : ainfi dentés, e f y
l ’on commença à former le chenal en travaillant aux jettées. «r iodntf la
Pour en défendre les têtes, l’on conftruifit le fort Vert 8c celui de ‘des nouvelles
Bonne-Efpérance. On éleva auffi le fameux Risban d’une part, 8c jettées, les
le Château-Gaillart de l’autre, pour empêcher ce que les ennemis
auroient pu entreprendre de contraire au repos de Dunkerque, rance, l in i f -
Tous ces grands travaux furent achevés en l ’année 16 8 3 ; après ion , le châ-
quoi i on travailla en 1685 a revetir en maçonnerie le pourtour uhaffin&fon
du baffin , pour y former des quais. En meme tems l’on conf- écluft.
truifit à fon entrée une éclufe de quarante-deux pieds de largeur
entre fesbajoy ers, afin de tenir les vailfeaux à flot. En 1689, le
Roi voulant affùrer de plus en plus Dunkerque du côté de la mer,
ordonna la conftruction du fort de Revers, 8c les autres ouvrages
pour la perfeétion du port, qui s’approfondifloit fucceffivement
de plus en plus par le jeu des échues répondant aux canaux de
Bergues 8c de la Moere. Ces éclufes furent pouflees à leur perfection
par les foins de M. Clément, Ingénieur en chef de la
place, qu’une application continuelle aux ouvrages qui fe fai-
foient à Dunkerque, jointe à une capacité fupérieure , avoient
rendu le plus habile qu’il y eût eu jufqu’alors dans ce qui appartient
à l'Architecture Hydraulique.
43. M. le Maréchal de Luxembourg ayant gagné la fameufe Mioniiflin.
bataille de Fleuras le 19 Juin 16 9 0 ,8c la flotte commandée par * J"»
le Comte de Tourville ayant auffi battu Sc mis en déroute celle v "nta$é des
des Anglois 8c des Hollandois fur la côte d’Angleterre, lesDun- Hollandais.
kerquois firent éclater plus qu’aucune autre ville de Flandre, la
joie que leur caufoient ces heureux fuccès. Jean B a rt, qui avoit
été fait Capitaine de vaifleau l’année précédente, en récom-
penfe de fes belles aélions, voulant auffi fignaler fon zelc, fortit
du port de Dunkerque afin d’aller inquiéter la pêche des Hollandois
, qu’il détruifit 3 enfuite il prit deux vaiflèaux chargés
de troupes, St fit pour plus de trois cens quarante mille écus de
rançons,
44. Les Anglois, frappés de toutes ces pertes, envoyèrent une Les An-lois
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