
Définition des
pièces de charpente
qui com-
pofentle bufc.
Etabliffement
du fécond
plancher 6*
de fon recouvrement
, fe r-
vant de radier,
qui f e fa it un
peu en glacis
pour faciliter
Técoulement
des eaux.
140 A rchitecture Hydraulique, L ivre I ,
aux longrines, à l’endroit de leur rencontre , avec des fiches
ébarbées. D ’autre part, l’on pofe dans la firuation convenable,
les feuils, poinçons, heurtoirs, Sc autres pièces fervantà former
les bufes. .
147. Pour plus d’intelligence, on faura que le bufc d’une
êcltife eft un aflemblagë de charpente, compofé du f e u i l a b - ,
des heurtoirs a c , b c , contre lefquels s’appuie le bas des portes;,
du p o in ç o n e c , qui joint enfemble le feuil avec les heurtoirs.;,
ce que font auffi les liens/g , que l’on multiplie félon la largeur
de l’éclufe.
Le feuil repofe fur la maîtrefîe traverfine, fervant deventriere
à la file de palplanches qui fe trouve deflous. Sa longueur excède
de trois pieds de chaque côté la largeur de l’éclufe , afin que les
bouts forent bien enclavés dans les bajoyers. C ’eft ordinairement
dans cette piece, que font encadrées les crapaudines des
pivots des portes.
248. Les cellules que forme ce dernier grillage , fe remplif-
fènt encore de maçonnerie, de même que celles du bufc; 8t
après qu’on l’a bien arrafé, on applique fur toute la capacité
du radier, une aire de mortier; enfuiteon pofeun nouveau plancher
de chêne, encore de trois pouces d-’épai fleur, cloué fur les
rraverfines, & terminé par les- limites du premier. Après quoi
on éleve la maçonnerie des ailes 8c leurs contreforts r de la maniéré
que nous l’expliquerons en fon lieu*.
Sur le plancher précédent-, l’on en pofe un fécond’ de deux
pouces d’épaifîèur feulement, que l’on nomme recouvrement
dont les planches, répondant en plein fur les joints de deflous-,
font clouées fur le même alignement. La largeur de ce dernier
plancher aboutit au parement des ailes, fans palier deflous, afin:
de pouvoir le rcnouveller quand il eft hors de fervice, fans rien
dégrader : d’un autre côté, ce plancher va aboutir fur les ven-
trieres des extrémités du radier , qui l’excedeun peu , pour porter
les eaux au-delà. Les cellules du bufc fe couvrent auffi d’un
double plancher x , parce qu’on ménage pour cela des feuillures-:
fur les bords des mêmes cellules, afin d’affleurer le recouvrement
avec celui de l’eftrade y &c la furface du bufe.
On obferve de faire un peu en glacis le radier d’une éclufe ,,
pour faciliter l’écoulement des eaux, 8c le mettre à fec quand on
veut y faire quelques réparations. Il femble que ce glacis a été
jnfqu’ici afliz arbitraire, les uns n’y en ayant point fait, 8c les
autres lui ayant donné trop de pente ; il me paroît que le milieu:
C hap. V II. D e l a f o n d a t io n d e s É c l u s e s . 1.41
le plus raifonnable, eft de lui en donner, quand on le peut, trois p L X I V
lignes par pied, ou un quarante-huitieme de fa bafe ; c’eft-à-dire p / 3
que fi le radier devoir avoir huit toifes ou 48 pieds de longueur,
depuis, le feuil, jufqu’à la derniere file de palplanches, il faudroit
lui donner un pied de pente, 8c faire le faux radier, fur le prolongement,
pour que l’eau qui paflèra deflùs, trouve plus d’ai-
fance à s’échapper.
249, Selon cette réglé on voit que la face fupérieure de la
ventriere qui doit recevoir l’extrémité du plancher , doit être
plus bafle que celle de la traverfine appuyée au feuil, pour rece- le/rê'mmiZ
voir la naiilànce du même plancher, de la quantité de pouces à-lahau‘ e}‘T
qu’aura le talud du radier ;.à quoi il faut bien prendre garde pour ca~‘vcnabl‘ '
régler la hauteur des rangées de pilots qui doivent porter les
maîtrefles traverfines, 8t les ventrieres extrêmes ;. afin que les
traverfines intermédiaires foient pofées de maniéré que leur fur-
. face fuive la pente que doit avoir le plancher.
Il eft à remarquer qu’il peut fe rencontrer des cas où il feroit
dangereux de donner plus de pente au radier qu’un quarante-
huitieme de 1a longueur ; fi c’étoit aux dépens de la profondeur
de 1’ eau que pourront tirer les vaifleaux qui paflèront par l’éclufe
( a qui quinze ou vingt pouces d’eau de moins au-deflus de l’eftrade
, peuvent ne point être indifïérens)-, en ce cas il vaudroic
mieux faire le radier de niveau, parce qu’il ne peut en réfulter
un grand inconvénient. Car, comme je l’ai dit dans le chapitre
précédent,. ( 229 ) il n’y a rien de plus eflèntiel que de bien
régler la hauteur de l’eftrade au-deflus du lit d’un chenal, ou
d’une riviere, s’il ne fe trouvoit point dans le cas de pouvoir être
approfondi fur une certaine longueur,. prife depuis le pied de
l’avant-radier..
25,0. Pour mieux concevoir tout ce qui précédé , il faut con- ExpKcoehn.
fidérer le premier profil,. pris fur la largeur ;de l’éclufe ;, on V ic s v:«fi\s
verra une traverfine C D ,. attachée à une des files de palplanches f a j a h J d e '
E F , pofée fous le feuil a f b , ( Figure 1 ) ces palplanches font é&lufid.
ici interrompues dans le milieu, pour montrer dans l’enfonce- ScrZues-
ment le maflif C de la maçonnerie des- fondemens. On voit P t. X IV ,
auffi au-deflous-de cette même ventriere, les pilots A qui la Fig. 2 5c
fouticnncnt, & au-de.flùs les bouts G des longrines qui la croi- 3-
fènt, & dans leur intervalle la coupe du premier plancher Y ,
couvert d’un fécond’ rang de traverfines H I , fur lequel eft pofé
1e fécond plancher K L avec fon recouvrement.
Le fécond profil,. coupé fuivant l’alignement d’un des bac