
Conftru&ion
des efcaliers
& rampes que
l'on ménage
pour defcendre
de dejfus les
quais au bord
de l'eau.
Remarque fu r
■ le mauvais
vfage des
quais de charpente.,
eu
égard à leur
peu de durée
& à la cherté
des bois,.
130 A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
Au même baffin les poteaux de garde ou de défenfe avoient
10 fur 14 pouces d’équarriflage, St étoiënt efpacés de 6 pieds de
milieu en milieu, le côté plat pofé fur le nud du mur, retenu pat
deux annilles compofées chacune de deux tirans féparés.
361. Pour faciliter les tranfports de ce qui entre ou fort des
bâtimens, on fait par intervalle, le long des quais, des rampes
douces propres au partage des traîneaux , foutenus en dehors par
un revêtement qui fuit la même rampe, qu’on pave de grès avec
mortier de chaux St ciment, dont la conftruêtion eft 11 fimple,
quelle ne mérite pas que je m’y arrête, non plus qu’aux degrés,
que l’on fait auffi pour la commodité du public. Je dirai feulement
que les marches doivent fe faire de la pierre la plus dure
du pays, ayant au moins 15 pouces de giron fur 6 de hauteur ,
engagées de 7 à 8 pouces par leurs extrémités dans les murs de
retour, pofées en bain de mortier, tel que le précédent, fur un
maffif de maçonnerie pareil à celui du revêtement. Les pierres
doivent être cramponnées enfemble, li l’on eft obligé d’en employer
plus d’une à chaque marche.
Confirucîion des quais de charpente.
3 6 1 . Quoique les quais de maçonnerie foient préférables à
tous égards à ceux de charpente, je ne laiflèrai pas de parler de la
conftruction de ces derniers , afin que ce que je vais dite puifle
fervir dans les lieux où le bois eft commun. Ce n’eft pas qu’aux
Pays-Bas leur cherté ait empêché qu’on ne s’en foit fervi aux ailes
des éclufes, puifqu’on n’en voit guere que de charpente, malgré
leur peu de durée, qui ne va pas à vingt ans ; de forte que li l’on
fait une jufte eftimation du déblai des terres, de la forêt de bois ,
Si de la quantité prodigieufe de fer qu’on eft obligé d’y employer
pour les rendre folides, on verra qu’ils coûtent à peu près autant
que li on les faifoit en maçonnerie.. C’eft-là une de ces occafions
où la prudence de ceux qui dreflenc les projets doit fe manifefter,
.en conlïdérant tout ce qui peut entrer dans les vues d’une fage
économie, fans fe laiffèr féduire par le penchant que l’on a naturellement
d’imiter c e qui eft en ufage dans les endroits où l’on
travaille.
La conftru&ion d'un quai de charpente fe réduit à faire enforte
que les bois dont il fera compofé puiflent foutenir la pouflee des
terres d’une part, Sc de l’autre celle de l’eau, ce qui demande un
certain art d’employer les bois fans les multiplier inutilement.
Comme on en a exécuté autrefois de très-beaux au port de
C h a t . X I I. D es a i l e s d e s E c lu s e s . 2 3 1
Dunkerque , fur les dertèins Sc devis de M. Clcment, Directeur
des Fortifications, qui avoir pour les travaux de cette efpece le
génie d’une méchanique admirable, je rapporte fur la vingt-
feptième Planche ceux que cet habile homme a faic conftruire
le plus heureufement.
363. Pour préparer les bois deftinés à la conftruétion d’un quai 'Attention
de charpente, il faut avant toutes chofes être prévenu de la qua- qu'il convient
lité du fond où il faudra enfoncer les pilots, fur-tout ceux de
parement, qui ont le plus à fouffrir, afin de les enraciner plus ou pieux qu’il
moins, félon latenacité'du terrein Scia hauteur du quai au-deflùs
diî lit des eaux : car il n’en eft pas de ces pilots-ci comme des au- qUi i de char-
très, dont la charge agit de-haut en bas, il faut qu’ils offrent une pente* .félon
réfiftance invincible à la puiflance qui les pouffera félon une di- f 0^d‘ ur‘ du
reékion horifontale. A l’égard des autres pilots qui foutiendront
les clefs, on déterminera leur longueur félon que la néceffité
l ’exigera ; mais tous doivent être frappés avec un mouton du poids
de 15 ou 16 cent livres , 8c L’on ne doit les croire bien enfoncés,
qu’aprés avoir éprouvé que quatre volées de trente coups chacune
ne les font pas defeendre davantage.;, car quand ils font armés
d’un fabot de fer bien conditionné, on parvient à les enfoncer
auffi avant que l’on veut , lorfqu’on ne rencontre pas de bancs
impénétrables, fi on n’y épargne point quelques volées de plus
qu’on ne l’eftime néceflaire. On voit quelquefois un pilot refter
inébranlable, malgré les efforts du mouton, 8t puis tout à coup
s’enfoncer plus qu’on ne voudroit, après avoir vaincu une croûte
qui n’étoit que paflagere.
■ 364. Pour donner une parfaite intelligence de la conftruction Enumération
dont il s’ag it, nous la diviferons par travées , comprenant un ies bü,s i ul
. 1 ■ 1 1 f r r Cl ’ entr£rlt dans nombre de pièces de charpente qui forment enlemble une partie /„ comp 0p,tion-
du quai renfermée dans l’e lp a ceTT 1 Figure 5 ),. le refte n’étant d ’un quai de
qu’une répétition de la même chofe. c arpente.
Il entre dans chaque travée trois pi lots de parement, tels que A , P lanch.
pofés tant plein que vuide, marqués au plan & dans l’élévation X X V I I ,
par les lettres N , O , P, liés à deux ventrieres L , M , & coëffés Fig- 1 > y
d’une lifte ou chaperon G. La ventriere fupérieure L eft accro- 5 Sc
ehée à une fuite de clefs inclinées C , St l’inférieure M à d’autres
Q , fituées à peu près horifontalement ; obfervant qu’il
n’entre qu’une clef d’en haut 8C une d’en bas dans chaque travée,
féparée par le pilot du milieu O ( Fig. 3 St 5 )..
La première clef C eftloutcnue par deux pilots de fu p p o r t H, F ,
( Fig. 1 ), & la fécondé Q , de deux autres B , E ; la queue de ces-
clefs allant s’accrocher par une entaille à un dormant D , oit