
DcfLriptîon
d'une éclufe à
portes tournantes
, qui
a été projettée
autrefois au
débouché du
canal de Bour-
bourgs pour
curer le port
de Dunkerque.
Plan.
X X IV .
r£o A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
ches plufieurs affifes de brique en bonne liaifon dè mortier de
ciment ou de terraffe de Hollande. Au refte je foumets cette
remarque à la cenfure des habiles gens du métier, au jugement
défquels il eft jufte de fe rapporter; c’eft pourquoi en traçant le
profil qui eft fur la planche vingt-troifieme, je me fuis conformé
à l’ufage reçu préfentement fans y avoir rien changé.
170. J ’ai parlé jufqu’ici plufieurs fois des portes tournantes,
comme étant d’un excellent ufage pour lâcher à la fois une grande
quantité d’eau deftinée à curer un port ; mais comme ce que j’en
ai dit n’a pu qu’en donner une idée confufe à ceux qui ne les con-
noiffent point, je vais profiter de l’occafion de décrire encore
la fondation d’un autre projet d’éclufe, qu’on vouloir faire à
Dunkerque, au débouché du canal de Bourbourg , pour approfondir
le chenal, 8c dont nous avons fait mention article 64.
La planche vingt-quatrieme comprend les développemens de
cette éclufe, qui a , comme les précédentes, 14 pieds de largeur
& allez de longueur de bajoyer pour avoir deux portes de flot 8C
deux autres du côté du pays, avec une porte tournante dans lé
milieu de l’intervalle des deux bufes. Comme la fondation fait
ici notre principal objet, nous-commencerons par la décrire,
afin de donner de nouvelles inftructions par la multiplication
des exemples.
La première figure comprend un profil paffant par la ligne AB
du plan, avec l’élévation d’un des bajoyers. Elle montre que
pour conftruire la fondation , il faut d’abord enfoncer les pilots
E , qui doivent porter les ventrieres de cinq files de palplanches
F , répondant aux extrémités du radier 8c fous les feuils des portes
bufquées 8c tournantes : obfervant que ces trois dernieres ventrieres
font autant de maîtreffes traverfînes marquées I , fervant
de femelle aux feuils des mêmes portes; les deux extrêmes ppfées
à 3 pieds au-defïus du fond, 8c celle du milieu à 4 pieds 3 pouces,
afin de former Pépaiflèur du maffif de la maçonnerie , 8c de
donner lieu à un relief de 15 pouces pour l’eftrade. C ’eft pourquoi
leur longueur n’excededa largeur de l’éclufe qu’autant qu’il
le faut pour enclaver leurs extrémités dans le maffif des bajoyers.
On voit marqué fur le plan par de petits cercles ponétués la po-
fition des pilots qu’on fuppofe devoir être enfoncés fous les bajoyers
8c leurs contreforts, afin de fuppléer à la mauvaife qualité
du fond, s’il eft dans le cas d’en exiger. Ces pilots qu’on voit
repréfentés dans la fécondé figure, qui eft un profil coupé fur la
largeur C D du plan, font récépés au niveau du fond pour affeoir
C h a p . VU. D e l a f o n d a t io n d e s É c lu s e s . 1 6 1
feoir la maçonnerie, 8c éviter l’inconvénient de les y enclaver.
2 7 1. Le maffif étant arrafe à une hauteur convenable, on fup- Détail de la
pofeque l’on placera autant de cours de longrines G qu’il s’en fondation de
voit fur le plan, pour former une grille qui régné principalement
fous les bajoyers ; elles'feront toutes pofées de maniéré qu’étant wh. iss.
encaftrées avec une fécondé grille de traverfînes H , la furface P i.anc.h
de cette derniere fe trouve fous le radier inférieure de 3 pouces X X IV
à -celle des maîtrefles traverfînes, afin qu’elles puiflènt être arra- p L ,
fées avec le premier plancher, dont les extrémités fe clouent 0
fur une rainure pratiquée de part 8c d’autre des mêmes traverfi-
nés, comme on le voit fur une partie du plan ; bien entendu
qu’avant que d’en venir l à , on aura rempli de maçonnerie les
compartimens du grillage, pour n’y laiflèr aucun vuide.
Après l’établiffement de ce plancher , on voit fur une partie
du plan repréfenté par la quatrième Figure, une troifieme grille
compoféc de traverfînes K , qui ne s’étendent par leurs extrémités
que de deux pieds au-delà de la largeur du radier, auffi-
bien que les maîtreilès traverfînes fervant de feuil 8c en même
tems de palier au bufe des portes enclavées entre deux traver-
fines Amples, comme on a fait aux premières I , ce que les def-
fèins montrent auffi nettement qu’on peut le defirer.
Le refte de cette Figure repréfente le plan à vue d’oifeau de
l ’éclufe, par eonfequent fon radier, 8c la fituation de la porte
tournante lorfqu’elle eft fermée, celle qu’elle paroîc dans la féconde
Figure.
272. Aux fondations des éclufes que nous avons rapportées Oifervathn
précédemment, la première grille s’eft toujours trouvée com- farj-a premier.
pofée de traverfînes, 8c la fécondé de longrines ; ici au contraire j'U a t io n de
la première grille eft compofée de longrines, 8c la fécondé de cette éclufe, &
traverfînes. La raifon de cette différence vient / 1 1 1 - . , , ■ de ce qi u’on a gfautiro!n“ dPe' oJ lo °nn~ prétendu rendre Je premier plancher plus etanche contre les eaux radier.
defources, en le ferrant entre deux rangs de traverfînes, qu’en
ne mettant des planches que dans l’intervalle des longrines, par
la difficulté de les approprier fi jufte qu’elles ne laiffent point de
vuide ; au lieu qu’en faifanc tout le plancher de fuite , il en eft
plus folide. Comme cette méthode a écé fuivie dans ces derniers
tems par de fort habiles gens, à l’expérience defquels l’on peut
s’en rapporter, je penche à croire qu’elle mérite la préférence.
Il eft bon d’obferver que pour affurer davantage le bord de
l ’éclufe du côté de la mer, contre l’exrrême impétuofité de la
chute de l’eau, que devoir caufer la porte tournante (263 ), on
I I . Partie. Tome I. X