
7 4 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
que l’eftimation que nous venons de faire fera toujours la meme,
quelque figure que l’on donne à ces portes, courbes ou droites,
plus ou moins bufquées, comme nous le prouverons dans le chapitre
fuivant.
Maniéré de 139. On remarquera qu’en fermant les vannes placées aux
faire nfagedes ent]r01ts c a m , pour n’ouvrir que celles qui répondent aux
Fdüc's, “pmr couliffes l , h , les marées entreront dans la chambre A F G B ,
régler U poids pour y monter à la hauteur qu’on voudra 3 mais fi on ne les
îesl ’meTdoi- laide entrer que fur la hauteur de 18 pieds 4 pouces, St qu’im-
ventfoutenir. médiatement après Ton referme les deux vannes precedentes,
P l . V I chaque porte F V G , A R B , foutiendra exa&ement la moitié
F i° \ '1. ’ du poids total de l’eau, par conféquent une pouffée équivalente
à 486710 livres , parce que les pouffées fur les furfaces
de même largeur, font entré elles comme les quarrés des hauteurs
de l’eau, St qu’il arrive ici que le quarré de 18 j eft à peu
près la moitié de celui de 1 6 . O r , comme l’eau qui eft dans
fa chambre pouffe également en fens contraire les portes
F V G , A R B , i l y a donc la moitié de la pouffée que caufe
la haute mer contre l’extérieur des portes A R B , qui eft en
équilibre avec celle que les mêmes portes, foutiennent intérieurement
, qui fe détruifent, vu leur oppofition, d’où il re-
fulte une égalité de partage de la pouffée totale ; au lieu que
fi la chambre étoit reftée vuide , les premières portes A R B
auroient feules porté toute la charge. Si au contraire on rem-
pliffoit la chambre , de maniéré que l’eau y fût de niveau avec
la mer, les fécondés F V G porteroient feules toute la charge,
St les premières ne foutiendroient plus aucun effort. Comme
je me fuis fait un plan d’analyfer tout ce qui eft fufceptible
rie raifonnement, pour mettre le leéteur dans l’habitude d en
faire à fon tour, je n’ai pas voulu laiflèr échapper l’occafion
de montrer le double avantage que l’on droit de la répétition
des portes pour les éclufes, ce que je ne tarderai pas de mettre
dans un plus grand jour. Et comme je continuerai de fuivre
cette méthode dans le cours de cet ouvrage , qu’on ne s étonne
pas s’il m’arrive quelquefois de paroître faire des écarts, puif-
que ce ne fera pas fans une fin dont on fentira l’avantage a
mefure que les objets que je traite deviendront plus familiers.
C’eft auffi pour y préparer l’efprit, qu’il m’arrive fouvent de
préfenter des objets fur lefquels je ne fais que glifïèr, mais qui
doivent être regardés comme des femenccs qui germeront par
la fuite.
C h a p . IV. Dis P r o p o r t io n s d e s É c lu s e s 75
140. A l’égard de l’autre partie de l’éclufe, elle eft femblable,
à peu de choie près, à la précédente; ayant fuppofé auffi une
paire de portes Q S B du côté du pays, une femblable du côté
de la mer ; St entre deux, à l’endroit T H , une feule porte tournante
fur un tourillon, au pied d’un poteau qui partage la largeur
de cette porte à peu près en deux parties égales, dans chacune
defquelles on pratique un guichet fermé par. une vanne que
l ’on leve St baillé alternativement, dont nous expliquerons la
manoeuvre plus amplement par la fuite. Il fuffit de dire préfen-
tement que cette porte étant ouverte, auffi bien que les autres,
fe place d’elle-même dans le fil de l’eau, dont elle n’eft choquée
que de profil, laiffant deux grandes ouvertures par lefquelles fe
précipite avec beaucoup de rapidité , quand la mer eft balle,
l ’eau du canal ou celle de la riviere, pour approfondir le canal
qui eft entre l’éclufe St la rade.
Si l’on n’avoit pas cet objet en vue, St que cette partie de
l’éclufenefervîtqu’à faciliter l’écoulement des eaux du pays, ou
a l’inonder, on pourroit fupprimer les portes Q S B , ne conferver
que celles de là mer, St placer à l’endroit T H une feule vanne,
fi le paiîàge n’avoit pas plus de 15 pieds de largeur, que l’on
manoeuvreroit à l’aide des roues à timpan ou à htriffon. Mais
s’il en avoir 1 0 , 30, 40 St plus, comme cela peut arriyer, il fau-
droit alors le partager par plufieurs piles dont les intervalles fe
fermeroient par autant de vannes, pour ne les élever qu’au be-
foin ; alors il convient d’avoir égard à l’épaiffeur des piles, pour
y proportionner la largeur entière de i’éclufe, de crainte de trop
rétrécir le paffage des eaux.
Si une pareille éclufe fe trouvoit fur une riviere navigable,
dont on eût intérêt de foutenir les eaux à une certaine hauteur
dans les tems de féchereflè, on pourroit encore fermer d’une
maniéré bien commode le paffage T H , en fupprimant les
portes Q S B , St en pratiquant des couliffès dans l’épaiflèur
des bajoyers, pour y introduire des poutrelles bien équarries,
pofées les unes fur les autres jufqu’à la hauteur où l’on veut foutenir
l’eau, dont le fuperflu fe déchargeroit en paffant au-deffus
de cette efpece de batardeau, qu’on pourra détruire avec la même
facilicé qu’onen a eue aie former. En un mot, il y a je ne fçais
combien de maniérés de retenir les eaux en tout ou en partie ,
St de les faire jouer, félon le befoin, à l’aide des éclufes, dont
nous donnerons des exemples de toute efpece, à mefure que
Examen de
L'ufâge qu'on
peut faire
d’ une éclufe a
deux paJJ.igest
pour faciliter
la navigation
d’un canal ou
d’une riviere 3
écouler les
eaux du pays,
6» approfondir
un chenal,
Pl.V I ,
Fig. ..