
V f âge d'une
table pour fa ciliter
le projet
d’ une éclvfe.
Pl. IV.
S x A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
profondeur du radier, il faut favoir auffi combien ces mêmes
bâtimens peuvent tirer d’eau, afin d’en avoir toujours une quantité
fuffifante. C’eft ce que nous allons faire voir en expliquant
l ’ufage deplufieurs tables très-exa£tes rapportées fur la Planche
quatrième.
120. La première marque les longueurs Sc les largeurs des
grands navires ; la fécondé celle des petits , la troifiçme celle
des bâtimens à rames, .& la quatrième celle des bateaux qui
flottent communément fur les rivières.
Moyennant ces quatre tables, il fera facile de régler la largeur
des éclufes ; car fi on en vouloir faire une qui fût allez fpa-
cieufe pour donner paffage aux grands vaiffeaux, on trouvera la
largeur de ceux du premier rang, ainfi des autres : il en fera de
même pour les bateaux. Mais afin qu’on fâche mieux quelle doit
être la largeur des éclufes convenable au paflage des bâtimens,
èc le jeu néceflaire pour qu’il fe fafle avec aifance, on pourra fe
fèrvir de la cinquième table, qui eft générale pour toutes les
grandes éclufes. A l’égard de la hauteur des bajoyers au-deflùs
du radier, on trouvera dans la fixieme table celle qu’il convient
de leur donner, par rapport à la largeur des éclufes : on pourra
juger de la jufteflë de cette derniere par la huitième, qui fait
voir combien toutes fortes de vaiffeaux, avec leur plus grande
charge, peuvent tirer d’eau.
La feptieme fert à connoître le port des vaiffeaux du R o i,
& celui de tous les autres bâtimens pour les rivières, faifant
attention qu’en terme de marine l’on nomme tonneau un poids
de 2000 livres ; ainfi quand on dit qu’un vaiffeau eft du port
de 800 tonneaux , l’on entend qu’il peut être chargé du poids
de 1600000 livres.
Quoiqu’il ne foit point abfolument néceflaire d’aflùjettir les
proportions des éclufes à une précifion auffi grande que celle
qu’on obferve dans l’Architeclure civile , où il faut que toutes
les parties aient entre elles un certain rapport, qui fafle que la
vue & le goût foient pleinement fatisfaits ; on doit pourtant
avoir certains principes , lefquels étant tirés de ce que l’expérience
a pu apprendre de meilleur, fervent de réglé générale pour
exécuter en toute fureté les plus grands projets. O r, comme les
maximes d’Architecture ont été tirées des plus beaux édifices
antiques, de même celles que je vais donner ont été prifes fur
les éclufes qui ont le mieux réuffi.
12 1 . Pour tracer une grande Méthode éclufe deftinée au paflage des
C h a t . IV. D e s p r o p o r t io n s d e s É c l u s e s . 53
vaiffeaux, il faut commencer par tirer la ligne A a , qui doit en
déterminer la largeur entre les bajoyers, &C la divifer en douze
parties égales, dont chacune fera nommée m o d u le , afin d’éviter
l ’équivoque que le mot de p a r t ie pourroit caufer. Enfuite on fera
deux échelles; la première compofée de m o d u le s , &c la fécondé
de toiles, pieds & pouces, afin que l’on puiffe, quand on le
voudra, rapporter un certain nombre de modules aux mefures
ordinaires dont on fe fert. fur les travaux. Pour déterminer les
parties de cette fécondé échelle, il faut être prévenu de la largeur
que l’on veut donner à l’éclufe, par rapport à fon ufage,
luivant ce qui a été dit précédemment. Suppofant quelle foit
de 42 pieds , on trouvera que chaque module de lapremiere
échelle vaut 3 pieds 6 pouces ; ce qui eft bien évident, puifque
la douzième partie de 42 eft 3 7 ; ainfi l'a première échelle 1er-
vira à régler d’une maniéré générale les proportions, & la fécond
e à les connoître en particulier. Il en fera de même de toutes
les éclufes que l’on voudra tracer, faifant attention que telle que
puilfe être leur largeur, le module vaudra toujours autant de
pouces que cette largeur contiendra de pieds. Cela pofé, il faut
par le milieu de A a tirer la ligne M m , coupant la précédente
à angle droit ; faire la partie O M , du coté de Ta mer, de 30
modules, valant deux fois &. demie la largeur A a. On fera O m ,
du côté de la terre, de 27 modules, valant deux fois un quart
la même largeur. Alors la ligne M ot, de 57 modules, montre
que la longueur de l’éclufe eft quadruple de fa largeur, plus les ÿ
de la même largeur.
Pour avoir la longueur des bajoyers H A & I r , il faut, après-
avoir tiré par les points A a les lignes X v , Y y , parallèles à
M ot, prendre du côté de la mer les parties A H , a I , chacune
de 1 1 modules, St de l’autre côté les- parties A A , a i , de 18
feulement.
Ayant mené par les points M , ot, les parallèles K L , k l , à
la ligne A a , elles termineront l’éclufe, & ferviront à tracer les
branches ou évafemens H K , A k , qui font les memes des deux
côtés. On les trouvera en faifant X K ôi x k , chacun de 7 modules
, pour avoir les points K , k . Quant aux faces K P & k
que l’on nomme m u jjb ir e s , il faut leur donner 6 modules au
moins.
générale pour
tracer les
grandes éclu-
J es, en divi/ant
leur largeur en
douçe parties
égales, dont
chucune ejl
nommée m o dule.
P l a n . V .
Oi donne
122. Si nous avons fait O N de 21 modules, & o n de
18 feulement, c’eft afin que la première partie de la longueur
plus de Ion-*
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