
Maniéré de
tracer les petits
aqueducs
ou pertuis 3
pratiqués
dans l ’épaif-
feur des bajoyers.
P l a n . V -
I l faut faire
Vépaijfeur des
bajoyers égale
à la hauteur
des plus hautes
eaux qui
doivent pajfer
fu r le radier.
6 6 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e J ,
d’un pied en quarré pour les grandes éclufes, 8C de 9 pouces feulement
pour les moyennes ; la première ell éloignée de l’angle H ,
de deux modules, 8C la fécondé de 5 : ainfi le batardeau fe trouvera
avoir trois modules d’épaiflèur, c’eft-à-dire, environ 10
£ pieds pour les grandes éclufes.
1 1 6 . Quand on veut pratiquer de petits aqueducs dans l’épaif-
feur des bajoyers, pour faire palier l’eau d’un côté de l’éclufe a
l’autre, fans ouvrir les portes, on peut les tracer de deux maniérés;
en portion de.cercle, comme on le voit à l’endroit 13 y
14 , i l ; ou par plulieurs faces, comme 16 , 1 7 , 18. La figure
circulaire convient mieux que l’autre, parce que l’eau ne rencontrant
point d’angle qui la gêne en coulant avec impétuofité ,
gliflfe avec plus de facilité contre la maçonnerie ; mais de quelque
maniéré qu’on les falfe, on leur donne toujours pour largeur,
un module, quand ils appartiennent aux grandes éclufes. Lorf-
qu’on les fait curvilignes, on prend pour centre le point O ; Sc
pour rayon l’intervalle O , 30, de 9 modules , fervant à décrire
le plus petit arc; pour tracer le plus grand, on donne 10 modules
à fon rayon. Alors le dez de maçonnerie qui fépare l’aqueduc
d’avec la chambre, fe trouve avoir au plus fort 3 modules
d’épailïèur, Sc l’aqueduc un module de largeur.
Lorfqu’on veut faire ces aqueducs à plulieurs faces, on donne
de même trois modules d’épailïèur au dez de maçonnerie qur
les fépare de la chambre d’éclufe, & on fait leur entrée d’un
module Sc demi de largeur, afin que l’eau s’y introduife mieux.
Du relie il fuffit d’abattre les angles intérieurs du dez dont je
parle, enforte qu’ils ay ent une face d’environ un module Sc demi
de largeur.
1 1 7 . 'Il ell allez difficile de tirer des plus belles éclufes que-
l’on a exécutées , une réglé générale pour déterminer l’épailleur
des'bajoyers, vu les différences que l’on remarque dans celles
qui ont la même largeur Sc la même hauteur d’eau au-deffus de
leur radier, quoique la maçonnerie fût également bonne; car il
ne feroit point étonnant que dans les endroits où les matériaux
ne font pas d’excellente qualité, on eût donné par cette raifon
plus d’épaillèur aux murs dont nous parlons que pour les autres.
Il faut ici faire abftraétion de ce que la théorie peut enfeigner
fur la pouffée de l’eau contre les murs qui la foutiennent, pour
ne s’en rapporter qu’à une expérience éclairée, d’autant mieux
que les ouvrages expofés aux efforts de la mer font fujets à des
accidens qu’il faut prévoir, & qu’on doit bien fe garder de fiiivre
C h a p . IV. D e s P r o p o r t io n s d e s É c lu s e s . 67
en cette occafion les vues d’une (Economie trop étroite.
Après avoir mûrement réfléchi fur un fujet aulfi important,
il m’a paru qu’on pouVoit en toute fûreté faire l ’épaiiïèur des
bajoyers égale à la hauteur des plus grandes eaux qui doivent
palier fur le radier d’une éclufe,-fur.tout à celles qui font delti-
nées pour les vailïeaux ; réglé qui paroît très-judicieufe, comme
l ’on en jugera dans le chapitre fuivarit, au lieu d’affujettir cette
épailïèur à la largeur des éclufes, ainlî que plulieurs perfonnes
du métier l’euffent voulu. En effet, fouvent une éclufe qui n’a
que 1 6 pieds de largeur, foutient autant de hauteur d’eau que
celles qui en ont jufqu’à 46 , comme cela ell arrivé àMardick,
Sc au Sas d’Ollende. D ’ailleurs il y auroit du ridicule d’en ufer
de la forte aux éclufes dellinées pour les inondations, auxquelles
on donne quelquefois beaucoup de largeur, pour faciliter le paf-
fage des crues d’eau qui furviennent dans un certain tems, quoiqu’elles
ne montent jamais qu’à une hauteur médiocre au-deffus
du radier, dans le tems même qu’on retient celles d’une riviere,
pour fubmerger le pays que l’on veut dérober à l’ennemi.
118 . On peut donc prendre lès mefures rapportées dans la
huitième table, pour déterminer l’épaiffeur des bajoyers des
éclufes, dont les largeurs font comprifes dans la cinquième. Par
exemple, s’il s’agiffoit d’une éclufe de 4 1 pieds de largeur, pour
le paflàge des vaillèaux du fécond rang, il faudroit chercher
dans la huitième table le nombre qui répond au tirage des vaif-
feaux de cette efpece; on trouvera 23 à u pieds. On prendra
le plus grand dès deux, c’ell-à-dire 23 pieds, pour l’épaiflèur
des bajoyers au-deffùs de leur fondation ; c’elt à quoi je me fuis
conformé pour le plan de l’éclufe dont je donne ici le tracé ; ce
qui répond exactement à ce qui a été obfervé à l’ancienne éclufe
du badin de Dunkerque , Sc à plulieurs autres également fameu-
fes, qui m’ont fervi»à autoriler là réglé que je viens d’établir.
Au furplus, je lailïè à la prudence de ceux qui auront des éclufes
a cdnftruire , d’augmenter ou de diminuer les murs dont nous
parlons, félon la nature des matériaux qu’ils feront dans le cas
d’employer. Quant à la hauteur des bajoyers, il fuffit qu’elle
excede de trois pieds celle des plus hautes eaux qui doivent paffer
fur le radier, pour que la plate-forme qui régné autour de
l’éclufe foit toujours à fcc.
129. La longueur des contreforts fe fait ordinairement égale
à Pépaiflèur du mur des bajoyers ; comme ils font plus étroits à
la queue qu’à la r a c in e , on divife leur longueur 6, 7 en quatre
L ’ èpatjfeur
des bajoyers
des grandes
éclufs pour
la marine,
peut être déterminée
par
le tirage des
bâtimens qui
doivent y p a ffer.
P l . i v .
Sc V.
Maniéré de
tracer les contreforts
des