
P lanc.
XLVI. 6c
XLVII.
Remarque fur
Vinconvénient
de placer les
éclufes de
c/iajfe dans
la direflion
même du chenal,
P lanc.
x l v .
*66 A rchitecture Hyd raul iq u e , L iv r e I I ,
à rechercher la relation que leurs defleins ont enfemble.
Ces deux batteries, qu’on fuppofe fe communiquer par un
pont, étant difpofées fur plufieurs faces, auroienteu l’avantage
de diriger leur feu de toutes parts pour la défenfe du port, du
Risban 6c du fort Rouge-, qui fe fulfent trouvés moins expofés
que jamais au bombardement, par le grand éloignement où au-
roient été obligées de fe tenir les galiotes à bombes. Sans parler
de la proteûion qu’en retireroit auffi le front de la citadelle qui
regarde le fort Nieulet ; mais la bonté de ce projet fe fait aflez
fentir pour ne pas m’y arrêter davantage.
jo 9. Il fembleroit que de toutes les pofitions qu’on peut donner
à une éclufe de chafïè, il n’y en a point de meilleure que de
la fituer dans la direction du chénal, comme par exemple en X ,
déterminée par la prolongation Y X , ôc Z X des jettées ; pu'if-
qu’alors les eaux de la retenue, qu’on fuppofe ici en referve dans
les folles du front de Gravelines., agiroient en plein pour approfondir
le chénal, fans recevoir en chemin aucune modification
qui en altérât la vitellè. Cependant on fe garde bien de fuivre
cette idée toute naturelle qu’elle paroît, parce que dans les gros
tems les houles des fortes marées frapperoient avec tant de violence
les portes de flot quelles feroient bien-tôt détruites, ce
qui arriver.oit à Calais plutôt qü’ailleurs, vû les ravages que la
mer eft capable d’y produire. Comme il en eft à peu près de
même dans les autres ports fitués fur la Manche, on a eu grand
foin de ne point trop expofer les éclufes qu’on y voit, 8c de les
dérober pour ainfi dire aux coups de lames qu’on avoit à redouter
, qui font quelquefois fi violens que les plus forts travaux leur
réfiftent à peine. C ’eft pourquoi au Havre de Grâce on a eu moins
■ égard à la pofition favorable qu’on pouvoit donner à l’éclufe de
.chaflè qui eft fur la chauffée de la citadelle, que de la garantir
.des prodigieux effets de la mer dans le fond du port, où il fem-
ble que cette éclufe auroit dû être placée.
Il n’y a donc quedans les cas où une éclufeferoitàune grande
diftance de la laiffe de baffe mer, qu’elle peut fans rifque fe trouver
dans la dire&ion du chénal ; parce que les houles s’affoiblif-
fent à mefure qu’elles ont plus de chemin a parcourir. Au refte
il ne faut pas croire que ce foit la grande violence des courans
caufés par une retenue qui fade toujours le-meilleur effet pour
hien curer un port; il y a un art d’en ménager l’aétion félon la
difpofition des lieux que l’expérience feule peut apprendre,
.quand elle eft éclairée par les principes d’une bonne théorie , ce
C hap. III- D escription du canal d eM a rd ic k . 367
que j’enfeignerai dans le fécond volume en traitant ce fujet plus
particulièrement que je ne l’ai fait jufqu ici ; parce qu il ne con-
venoit point de me diftraire de la fin principale du premier, qui
ne devoir traiter que de la conftruéHon 8c de l’ufage des éclufes,
félon le plan général que je me fuis fait de cet ouvrage. C eft
pourquoi je remets auffi à parler dans la fuite des forts de charpente
tels que E , 8t des batteries de revers F, qui accompagnent
les jettées de Calais, dont je rapporte les développemens avec ce
qu’on a propofé de mieux pour en continuer la prolongation B
jufqu’à la Liiffe de bafTe mer, 8c je vais expliquer les propriétés des
éclufes qui forment le jeu des eaux fervant a entretenir ce porc.
510. Le canal de communication de S. Orner à Calais reçoit propriétés des
toutes les eaux du pays qu’il parcourt, 8c peut les décharger à la
mer par trois débouchés indépendants 1 un de J autre. Pour en tuellement: 4 juger on faura que les eaux douces de ce canal font foutenues Calais.
pour la navigation par une éclufe placée en S , que 1 on nomme p L Anc-
du C r u c i f ix , de 14 pieds de largeur, fermée par une vanne 6c une XLV -
paire de portes bufquées; le tout femblable a 1 eclufe rapportée
fur la planche X IX . Son objet eft auffi d’empêcher que les eaux
de la mer ne fe mêlent avec celles'du canal, dont la ville tire
un grand fecours, principalement les brafïèurs; étant reçues par
un aqueduc qui pafle de T en V , fous le rez-de-chauflèe de la
\ ille , qu’elles traverfent jufqu’au débouche V ou elles fe jettent
dans le folié de la place ; delà elles fe rendent a marée baffe
par un autre aqueduc G dans le baffin du port, moyennant 1 e-
clufe Jo u b e r t .
Quand les eaux du pays font furabondantes, elles s’écoulent
ordinairement à la mer en paffant par le foffe de la citadelle, ou
eft une éclufe Q , pareille à celle du crucifix, fervant à curer le
port à marée bafïè, en lâchant les eaux du canal de C ra b e s , venant
du fort Nieulet. Ce canal peut auffi fe décharger, de même
que celui de S. Orner, par l’éclufe d Asfeld, repondanc an
courant P LK , lorfque l’on a des raifons de tenir fermée celle
de la citadelle, dont la fin eft également remplie par la précédente,
ayant une porte tournante Sc deux autres bufquees du coté
de la mer , fur 14 pieds de largeur, dans le goût de celle que
comprend la planche X X IV . Ainfi ces deux éclufes agiffent
alternativement pour entretenir le port en auffi bon état que fx
fituation préfente peut le permettre, 8c fervent l’une au défaus
de l’autre à l’écoulement des. eaux du pays..