
[Remarque fu r
la conjlruElion
des éclufes
pratiquées ■
dans les batardeau#.
.405 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l i q u e , L i v r e I I ,
miner à un pied au-deffus de la bafe de la chape. Son objet eût
d’arrêter le progrès des filtrations des eaux de la retenue, fur-tout
dans le cas où il furviendroit quelque dégradation confidérable.
On termine le parement par un reglet de trois pouces de hauteur
fur un de faillie, pratiqué fur la derniere affile, dont le relie
de la hauteur eft taillée fuivant la pente de la chape, pour affleurer
fa furface dont l’arrête eft formée par des bou tilles, leur queue
répondant alternativement à chacune des faces.
570. A l’égard des bajoyers del’éclufe, leur parement s’élève à
plomb comme à l ’ordinaire , &c demande auffi beaucoup de foin
dans le cours de leur conftrudtion. En les élevant on a foin d’y
ménager par intervalle les enfoncemens en forme de couliffès,
pour recevoir des poteaux de 8 pouces d’équarriffage, fervant à
-clouerles planches qui doivent garantir les mêmes paremens du
dommage que l’impétuofité des eaux pourroit leur caufer. Ces po-
- teaux devant être retenus par des annilles, on a foin d’en enclaver
les tirans dans lamaçonnerie, & l’on a attention en conftrui-
-fant le radier qu’il fe rencontre une t-raverfine à l’endroit de deux
poteaux oppofes, afin quelle puiffe leur fervir de bafe. Je ne dis
> rien de la mefure des bois qui entrent dans ces fortes .d’éclufes,
leur dimenfion dépendant de leur largeur, à laquelle il eft aifé
d avoir egard. J ’ajouterai feulement quele radier doit être conf-
truit avec autant de foin que pour ceux des grandes éclufes, Sc
que l’on y fait auffi des faux radiers dont l’étendue fe réglé fur la
force qu’on préfume qu’aura le courant que l’éclufe doit caufer.
Sur quoi il eft bon d’obfer-ver que borique cela n’arrive que pour
un des côtés du batardeau feulement, on ne fait point d’embran-
ehemens à l’autre, qui eft le cas où fe trouvent les batardeaux qui
foutiennent une rivière ou un canal, dont le jeji des éclufes jje f e
manifefte qu’en dehors,
iPLANGH. I-es figures 4 , j S c 6 , de la planche X X X V I I I , dont nous
x x x v i i i . avons renvoyé la defoription à ce chapitre, (article 491 ) en
Fia- a Préfentent un exemple tiré d’un des batardeaux qui foutenoit
^ autrefois à Dunkerque les .eaux du canal de Bergues , pour :tra-
verfer le foffé de la place ; deft pourquoi leurs éclufeç n’avoient
d’embranchemefis que du côté du foffé feulement, ( figure 4
ôt 5 ). A l’égard de l’autre côté ( figure 6 ) fon parement étoit
garanti par des pilots du choc des b.âtimens qui entroient ou for-
toient du port par le canal.
ExtufpUd'an - 571 • Il eft à remarquer que ce canal fervant alors de réfervoir
tntmiem u- pour curer le port, la mer y e.ntr.oit dans le tems dps yjyes eaux
C h a p . V I I . D e s B a t a r d e a u x d e M a ç o n n e r i e . 4 0 7
far la hauteur de 15 à 1 6 pieds, ce qui obligea d’élever les batar- r i de Dun-
deaux dont il s’agit à proportion, par conféquent les bajoyers de kerque qui
leurs éclufes, qu’on n’auroit jamais pu ouvrir fi la vanne avoit été bran°chem‘m~'
d’une feule pièce comme à l’ordinaire. Pour remédier à cet incon- queducStédu.
vénient, on prit le parti de la diviferen quatre feuilles féparées, f o P f 1 “ 1'-
ayant chacune au fommet un crochet qui s’agrafFoit avecun an- 7‘I d u f f ftôie
neau attaché au bout de la corde du treuil. Lorlqu’on ébuloit firmi*par une
ouvrir l’éclufe fur toute fa hauteur ou feulement en partie, on J “'1™ camP°~
levoit ces feuilles en les fortant à mefure de leurs couliffès. Vou- feuilles déta~
lant la refermer, on les y faifoit rentrer pour les defeendre par chi“ -
une manoeuvre contraire ; deux hommes rempliflhient ainfi avec
aifance, ce que huit n’auroient pu exécuter lans un grand appareil
de machines. Par un moyen à peu près-femblable, deux ou
trois hommes ouvrent ôc ferment commodément, fans lé fe-
cours d’aucunes machines, des éclufes qui ont juîqu’à douze
pieds de largeur, deftinées à former des-inondations, en faifant
gonfler une riviere. Pour cela, ils fc fervent de poutrelles qu’ils-
defeendent l’une après l’autre dans les couliffès pratiquées aux
bajoyers,, ou ils- les retirent à l’aide des crochets attachés à chacune,
& de cables ou de perches à croc, comme nous aurons'
occafion d’en parler plus particulièrement dans le fécond volume.-
5 7 2. Quand on a des raifons pour donner à une pareille éclufe' £°rfque ïi-~
7 , 8 à 9 pieds de largeur, on la ferme par deux vannes A B clnfrd'unba-
comme le montre la figure 4 , ou bien on ménage un permis- dans * s pieds d e ,
chaque bajoyer afin de donner aux eaux trois débouchés au- lieu- larêeur> °n W
d’un. Telle eft l’éclufe repréfentée par les figures v . 7 & 8 •f . . , r , , . . r é ^ l ï / « ■ O , eeulleess jfie‘urmrse Pva"n nPelus~
font ii nettement développées qu il ne faut que les voir pour en eu bien on fait
bien diftinguer les-parties. Cependant voulant éviter toute équi- i * i “ °>ucducs
voque, on fera attention que MN repréfente un bout du batar- jo y e rl."
deau, confideré au niveau de la première affife de fa fondation, p
que OP au contraire montre fa chape apperçue à vue d’oifeau 7 t/rr C
& qu’entre les deux fe trouve 1’éclufe dont le plan eft divifé en " ’
deux parties. La première comprend un grillage pofé fur pilots-, -Kg- 3 j 4*
parce que l’on fuppofe que la mauvaife qualité du terrein l’a exi- 7' & S.-
g é , & la fécondé le radier DG avec un des aqueducs E F fermé
par la vanne G , manoeuvrée avec un- cric Q , exprimé dans la
troifiéme figure ,.de même que la vanne H fufpendue au treuil I
que leséclufiers font tourner avec des leviers-,- en fe plaçant fur
le petit pont K. Pour leur donner plus de facilité, on joint quel- P l a n c i ï ,
quefois les-deux parties du batardeau parunevoute Q ( pJ.LVII-1, LVÜI
i-. ) afin d’ocGalîonner une plateforme BG LC (fig .i) élevée Fi^. 1- 2C