
P ojîtion des
p dot s fu r la
fondation
a-une èclufe.
F l , X IV ,
Fig. i,
1 5 6 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L iv r e I ,
point enclavées comme les autres files entre deux de ces pièces';
ainfi il eft queftion en tout de 10 rangées de pilots, tant doublés
que fini pies, couronnées par autant de ventrieres. Ce s pilots
étoientpofés defix pieds en iix pieds, & difpofés de façon aux
doubles rangées, que ceux de l’une répondiffenr au milieu de l’intervalle
de ceux de l’autre. Les ventricres étoient pofées à quatre
pouces de diftance, formant une coulifle réglée par l’épaifleur
des palplanches que l’on dévoie y introduire, afin de les maintenir
d’alignement ; c’eft pourquoi on les dirige auflî au pied , pat
d e s 'lambourdes maintenues inébranlables ; & pour qu’en les frappant,
elles n’écartent point les ventrieres, on maintient ces
pièces à la même diftance , par des chevilles.rondes à tête refou-
dée que l’on introduit dans des troijs percés de lîx pieds en fix
pieds; où elles font arrêtées par des rondelles &c des clavettes.
Quand une palplanche vient à rencontrer une de ces chevilles,
on la fupprime pour laiffer la liberté du paflàge. Lorfque la pal-
planche eft enfoncée, on fubftitue d’autres chevilles quarrées à
razoir , traverfant les-deux ventrieres Se les palplanches, dope
les files régnent fur toute la largeur de la fondation, qu’elles
excédent encore de droite & de gauche, de trois ou quatre pieds
au-delà de la queue des contre-forts, pour empêcher les courans
d’eau qui voudroient s’introduire fous la fondation, de faire du
progrès à fon préjudice; ce qui eft le principal objet de l’emploi
des palplanches, dont on forme ainfi plufieurs cloilbns d’un
ufage indifpenfable, pour prévenir les aecidens qui ne manqueraient
pas d’arriver aux éelufes fans cette précaution.
240. A l’égard des autres pilots , il en a été planté autant de
rangées que de cours de traverfines G H ; par conféquent trois
entre la première & la fécondé file de palplanches; fix entre la
fécondé & la rroifieme; cinq entre latroifieme & la quatrième;
fix encore entre la quatrième & la cinquième ; 8c trois enfir ,
entre la cinquième & la fixieme; ces rangées à trois pieds de dii-
tance de milieu en milieu. On multiplie plus ou moins les pilots
dans chaque rangée, félon que la nature du fond l’exige; mais
en général, on les met plus ferrés fous les ailes que fous le radier,
où l’on n’en plante guere qu’à l’endroit des longrines, & quelquefois
point du tout ; au lieu que les aîles & les piles, quand
l ’éclufe a plufieurs pa fl âges , formant des maflès d’une pefan-
teur énorme, il faut prévenir les affàiffèmens ; parce qu’en même
tems que les pilots fourniflènt de bons points d’appui, ils
afFermiflcnt les parties du terrein en les contraignant de fe reffer-
C h a p . VIL D e l a f o n d a t io n d e s É c lu s e s . 137
rcr dans la raifon inverfe de la réduction de leur volume. Je
veux dire, par exemple, que fi dans l’étendue d’une toife de fu-
perficie , l’on y plantoit en échiquier 9 pilots chacun d’un pied
d’équarriflàge ; la denfité du terrein fur la capacité de cette toife
fera devenue plus forte quelle n’étoit naturellement, dans la raifon
de 3<î à 27,ou de 4 à 3. Obfervation dont on peut faire ufage,
quoiqu’il foit allez difficile d’en déduire une réglé générale pour
déterminer la quantité des pilots qu’il faudra enfoncer, puifqu’on
n’en peut juger que par la nature du fond ; je'dirai cependant que
pour celui qui ferait plus que douteux, je voudrois régler le nombre
des pilots pour chaque rangée, par celui des longrines.
241. Après que tous les pilots ont été plantés, on les récépe
ordinairement à trois pieds &c demi au-deflùs du fond où doit
être aiîis la maçonnerie , pour les réduire à une hauteur commune,
excepté ceux des ventrieres Sc de l’eftrade, qu’on laifle
faillir plus que les autres, pour les raifons que l’on verra ci-après.
Enfuite on taille la tête de chacun afin d’y faire un tenon pour
être encaftré dans les mortoifes pratiquées aux traverfines G H ,
ou ventrieres A B , C D , E F , qui doivent leur fervir de chapeau,
pour les lier enfemble par des goujons, ou groflès chevilles de
fer, proportionnées à.la force des bois.
Les traverfines & les longrines font fuppofées ici de onze pouces
d’équarriflàge, &: au moins de trénee pieds de longueur chacune.
Celles qui le trouvent pofîtivement fous les feuils a b , fe fonc
plus groflès.que les autres, (pour une raifon indifpenfable que
nous ferons fentir quand il fera tems de détailler tout ce que
nous ne faifons maintenant que préfenter d’une maniéré générale
) c’eft pourquoi on les nomme maiireffes traverfines.
Après que tous les pilots font plantés & qu’on a ôté la terre
qu’ils ont ébranlée, on remplit de bonne maçonnerie fur une
hauteur d’environ trois pieds, l’efpace refté autour d’eux; après
quoi l’on pôle les traverfines, comme nous venons de le dire;
garniflant bien le deflous de mortier, pour qu’il n’y refte point
de vuide, oblervant que les traverfines entre les deux feuils fe
trouvent elevees auflî bien que la maçonnerie, par conféquent
les pilots, d environ un pied plus que le refte , pour former l ’eftrade
de la chambre de l’éclufe ; afin de donner lieu à un relief,
contre lequel les portes puiflènt s’appuyer par le bas.
242. Toutes les traverfines ainfi pofées, compofent enfemble
ce que 1 on appelle la première g rille , qui fe trouve enclavée de
quelques pouces dans la maçonnerie, par celle que l’on met dans
Part. I L Tome I . 1 S
Maniéré d 'af-
fembler les pi-'
lots avec les
traverfines &
les longrines•
P l . X IV ,
Fig. 1.
Etablifie-
ment de la
première grille
compofée de
traverfines ,
& de U fécondé
compofée
de longrines.