
i 7 i ' A rchitecture H yd raulique, Liv r e I ,
fércnte largeur St hauteur, il faudroicà toute rigueur que les é p a if-
f e u i s de leu r m a jjif fu jfe n t d a n s la raifort compo je t de la la rg eu r d e s
ra d ie r s & des hauteurs des p lu s hautes retenues. 11 ne paroît pas ce-
pendant qu’on ait eu ces égards dans leur conftruâion, où, fans
le mettre en peine de la plus grande largeur ni de la retenue, on.
s’eft contenté d’afleoir les grillages fur une plate-forme de maçonnerie
d’une épaifleur arbitraire, Si beaucoup trop foible à
inon gré pour celles du premier ordre. C’eft pourquoi il me paroît
que pour accorder la théorie avec la pratique Ôc fe renfermer
dans de juftes bornes , on peut fuivre la méthode que voici.
Pour déterminer f’épaiflèur du maflif de maçonnerie fur lequel
on veut afleoir la première grille, nous prendrons pour réglé de
la faire de deux pieds , à toutes les éclules au-defTousde 1 1 pieds
de largeur entre les bajoyers ; St à mefure que la largeur du radier
augmentera d’un pied, de fortifier d’un pouce cette épaif-
feur; je yeux dire, par exemple, que pour une éclufe de 18 pieds,
l ’épailfeur de fon mallif fe fera de deux pieds 6 pouces , par con-
fëquent de trois pieds aux éclufes qui en auroient 24 de largeur,,
ainfi des autres ; ce qui n’ira jamais qu’à 5 pieds pour la plus
grande de toutes, que nous avons bornée à 48. Comme il eft rai-
fonnable de proportionner la force des fondemens des bajoyers
au poids de leur ni allé, qui fera toujours relatif à la hauteur de
l ’eau dans les éclufes dont il s’agit, cette réglé ne pourra que
produire un bon effet, puifqu’en ajoutant au maflif le relief des
grillages St planchers, on faura au jufte l’épailfeur totale qu’il
faudra donner aux fondemens de l’éclufe au-deffous de la furface
du radier-; par conféquent le terme de profondeur répondant au!
fond qui doit foutenir le tout.
mdlulr^bois ,lS6- mei*leur bois que l’on pulflè employer pour les Iorr-
™u-mpeut°,S grines & traverfines , e f t celui de chêne ,. de fapin rouge, SC
employer pour d’orme ; mais ce dernier eft devenu trop rare pour en faite un
ù u i v l r g r L pareil ufage. On obfervera que le fapin employé vert, fe durcie
dans l’eau , par la propriété de fa réfine. De quelque efpece que
foie le bois, il faut de neceffité que les traverfines, fur-tout les
fécondés , ayent au moins trois pieds de largeur de plus que l’éclufe
où l’on voudra les employer ; celles des radiers doivent
toujours être d’une feule piece, parceque leurs extrémités étant
enclavees dans les bajoyers, où elles ont leurs points d’appui
contre la pouffée de l’eau qui agiroit de bas en haut, il ne faut
nul endroit foible où les grillages puiflènc fléchir. A l’égard de
celles du premier rang, il feroit à louhaiter qu’elles pufîcnt être
C hap. V III. D e la c o n s t r u c t io n des R adiers . 173
afïèz lôngues pour regner lur toute la largeur de la fondation, ce
qui n’cftguerepoffible pour les grandes éclufes ; le parti que l’on
prend alors eft de les allonger en les faifantde deux ou trois pièces.
Pour les bien lier, on taille leurs abouts à retour d’éouerre ,
chacun moitié par moitié, entretenus enfemble par des chevilles
de fer ; ou bien on les unit avec des clefs en t ra it de J u p i t e r , in-
cruftées dans l’épaifleur du bois, dont elles doivent occuper un
tiers. Comme les habiles Charpentiers n’ignorent pas cette maniéré
d’afïèmblage, qui eft préférable à toute autre, je ne m’y
arrête point. 11 faut de même n’employer que des longrines, les
plus longues qu’il fera poffible d’avoir, St les enter folidement
en les prolongeant ; ayant grande attention qu’elles s’encaftrent
bien avec les ventrières , par des abouts à queue d’hironde, taillés
à demi bois. Le grand point eft d’avoir un maître Charpentier
intelligent, qui fente la conféquence de ce qu’il aura à exécuter,
.St fur lequel ori puiflè compter.
287. Pour aflemblerles traverfines avec les longrines qui fe
trouvent fous les bajoyers , il faut qu’elles s’encaftrent réciproquement
, fans les afFoiblir par des entailles trop profondes, dont
la fuccefîîve répétition altéreroit beaucoup la folidité de l’ouvrage
; c’eft pourquoi, au lieu de faire ces entailles de part St
d’autre, fur la moitié dé l’épaifleur du bois, pour que les longrines
Maniéré Wap.
fembler les
longrines &
les traverfines
placées fous
les bajoyers ÿ
eu égard à la
profondeur de
leurs entailles.
affleurent les traverfines, comme on l’a fait quelquefois
mal à propos, il ne faut donner à ces entailles que le quart de la
même épaifleur. C’eft-à-dire, que les traverfines St les longrines,
ayant par exemple 12 fur S £ pouces d’équarriflàge, il ne faut les
entailler l’une St l’autre aux endroits de leur rencontre que fur
la profondeur de 3 pouces feulement, pour qu’il en réfulte un
encadrement de 6 de hauteur ; alors il reftera à chaque piece les
trois quarts de fon épaifleur dans les endroits les plus foibles ,
ce qui eft très-raifonnable. Ainfi fuppofant que le quarré ABCD
repréfente le profil d’une traverfine, que l’on veut croifer avec
nnelongrine î K. L M , il faut, pour que l’une St l’autre s’encaftrent
enfemble fur la moitié B G de leur épaifleur commune BA,
que l’on fa (Te dans la traverfine une entaille B E F C , dont la
profondeur B E foitle quart de B A ; St qu’au-defTous de la lon-
griné, il y ait une pareille entaille GEFH dans un fensrenver-
lé , ce qui eft aifé à entendre.
288- Les longrines A B qui fe trouvent fous les radiers St
fous le parement des bajoyers, étant encadrées par des doubles
cncailles CDEF St GH 1K , avec les traverfines de la première
P l . X IX ,
Fig. 3.
Autre maniéré
de déterminer
la prof
i t deur des