
P lanch.
xxyi.
Précautions ~
qui furent
prifes pour les
batardeaux
qui dévoient
faciliter l'exécution
de cette
éclufe.
Lorfqu en
faifant le déblai
des terres
an efl incommodé
par une
■ trop grande
abondance
d'eau 3 il faut
j i entamer ce
déblai que par
parties.
1.9S A rchitecture Hydraulique, L ivre I ,
noiffinces que fa capacité & l'on expérience lui ont acquifes.
Cette éclufe, qui a 4 a pie is de largeur & 17 toifes de longueur,
eft affife fur un fond de labié dur, au délions duquel fe
trouve à deux ou crois pieds une efpece de banc de marne, 8c. à
fept ou huit pieds plus bas un banc de roc d’une épailfeur indéterminée.
315. Pour la fonder fans être incommodé de la mer, on commença
par envelopper tout l’emplacement d’un batardeau de y
toifes d’épaiffeur, revêtü de pierres pofées de champ, foutenues
de deux pieds en deux pieds par des rangs de clayonnage, le tout
lùr un lit de bruyerés, fpécialement vers la mer, afin de l’empêcher
de délaver le fable ( 2 1 6 ) . On pratiqua du côté du port une
petite éclufe de précaution , pour écouler pendant les baffes
marées l’eau que les machines dévoient épuifer ; on fit enfuite
à la profondeur de feize pieds un déblai fuffifammenr large pour
tourner librement autour de la fondation.
Ce ne fut pas fans obftacle qu’on parvint à cette profondeur ;
la quantité innombrable de lources qui furvenoiént a mefure
qu’on creufoit, fit employer jufqu’à douze moulins inclinés, qui
luffifoient à peine pour entretenir l’épuifement, qui alloit au
moins à 180 toifes cubes d’eau par heure, lorfque la haute mer
enveloppoitle batardeau ; c’eft pourquoi on fut forcé de fe fervir
encore de 5 moulins à chapelets verticaux de ré pieds de hauteur,
ayant 6 à 7 pouces de diamètre, pour aider aux précédens, 8c
fiippléer au dérangement qui leur furvenoit. On fe trouva fi bien
de ces derniers, que quelque tems après les inclinés fe rédui-
firent à quatre,
3 16 . On entama d'abord le déblai par parties d’environ trois
toifes de largeur, en commençant à l’extrémité du port avec les
feuls moulins inclinés ; 8c lorfqu’on fut parvenu à une certaine
profondeur, on planta des pilots pour établir les moulins verticaux.
Comme la colonne d’eau qu’ il falloit élever étoit de 14 a
15 pieds, on y ajufta des manivelles proportionnées à l’effort
qu’il convenoit de faire, que 12 hommes manoeuvroient facilement,
8c de 2 heures en 2 heures ils étoient relevés par 1 2 autres,
afin qu’il n’y eût aucune interruption ; de forte que chaque moulin
épuifoit 16 toifes cubes d’eau par heure.
Quand on eut creufé cette partie fur toute la largeur de l’é-
clufe, on fuivit la même manoeuvre, pour commencer encore un
autre déblai pareil au précédent, reculant les moulins fuivànt la
partie qu’on vouloir entreprendre ; ce qui fut exécute avec tant
C h a î . IX, Des Radiers de pierre de taille. 199
de p r o m p t i t u d e , qu’en fix mois on acheva toute la fondation.
, , 7 . On ne parle point ici des pompes dont on s’eft fervi pour
aider aux épuifemens, il en a été fait de très-bonnes à balanciers
fans frottement, où dans chaque balancement quatre hommes
élevoient un demi pied cube d’eau a la hauteur de 15 a 1 6 pieds ;
mais comme elles fe trouvoient fréquemment embarraffées par
les fables, on fut obligé de les retirer pour s’en tenir aux moulins
ObfervatioTi
fu r l ’ufâge des
pompes pour
les épuifemens
ordinaires : on ne doute pas cependant qu’on ne tirât un
grand avantage de ces fortes de pompes, dans le cas où le fable
feroit moins abondant.
J ’ajouterai, par occafion, que lorfqu’en fouillant le terrein
pour établir une fondation , l’on donne jour à quelques fources-
fort abondantes, le meilleur parti eft de les détourner, en les
conduifant jufques hors de l’ouvrage, fl cela fe peut, par lé moyen
d’une au»e renverfée que l’on renferme dans la maçonnerie, qui
laiffe un petit aqueduc d’une grandeifr proportionnée au volume
de l’eau ; ou bien quand ces fourcesparoiffent venir d’une riviere
prochaine ou de la mer, il faut les emboîter avec de grands entonnoirs
renverfés , dont le bord doit gagner le terrein ferme.
On adapte à chacun un tuyau de 4.à, y pouces de diamètre, d’une
hauteur fuffifante pour excéder un peu le niveau de la fource :
alors l’eau du tuyau refte en équilibre 8c ne fe manifefte plus au
dehors, fi l’on a rendu le tout bien étanche; enfuite on éleve
la maçonnerie jufqu’au fommet, 8c 1 on remplit le tuyau avec
du mortier mêlé de gros- gravier. |
318 Après avoir enfoncé les files de palplanches aux extrémités
du radier, on établit la première affile, en commençant
du côté de l’entrée du port. Elle fut faite de gros libage fut toute
l ’étendue de la furface , 8c l’on obferva de mettre fous le radier
de la pierre de taille de 17 à 18 pouces de hauteur d’affife, 8c de
queue fuffifante. On éleva enfuite un maffif ordinaire de quatre
pieds d’épaiffeur, fur lequel on en ajouta un autre d’un pied,
garni de ciment, dont on St une couche de 3 à 4 pouces, ^
319, La partie de ce maffif, à l’endroit du bufe, a été faite de
plufieurs affifes liéescnfemble par des crampons fcellés en plomb
dans les joints montans. On a donné à l’affife qui compofoit le
bufe, deux pieds de haut, afin qu'ayant 16 pouces de relief, il
en reliât 8 pour faite un a ie n t qui s’accrochât au pavé du radier.
On a eu attention fur toutes chofes de choifir les pierres les plus
dures, de 36 à 40 pieds cubes, pour y encaftrer les crapaudinesï
3 a quoi
Von ajoute le
moyen de fe
délivrer des
fources abondantes.
Pratique
obfervèe pouf
V établiQement
du maffif fe r*
vant de fonde-
ment à Vè-
clufe.
P l A N C .H v
X X V I .
Détail de ce'
qui a été JuivV
pour la conf-
truélion du ra--
dier de pierre.•