
r 6 1 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e T,'.
P l a n c h . avoit deflèin d’enfoncer à neuf pieds au-delà une fixieme file de"
X X IV - palplanches pour former un encadrement a b , marquée au plan.
Sc au profil, rempli de maçonnerie ,.afin de prolonger le vrai radier
jufqu’à cette difiance; 8c comme l’eau.en cet endroit étoic
refferrée dans fon cours entre deux quais de charpente,, dont on*
voit une partie repréfentée dans la première Figure, on devoir
encore prolonger de dix pieds au-delà le radier précédent, en
établiflant un plancher cloué à des-traverfines poléesfur un con-
roy de terre glaife c d , fuivi d’un faux radier de fafeinage, comme
à l’ordinaire. Ce; font autant de précautions qu’il eft bon de-
prendre en pareille occafion , £c que nous ne pouvons trop recommander
Explication 2.73. Pour donner unejufte idée de la porte tournante de.cette
éclufe, il faut s’imaginer un affemblage de charpente ayant dans*
tournante. le milieu un poteau mobile L , embrafle par 5 moifes liees avec,
ïig . 2. boulons 6c autres ferrures néceflàires à la folidité de l’ouvrage;.
ces moifes foutenues par des bracons 6c conttefiches-,. comme
nous le détaillerons ailleurs. Il fuffit pour le préfent de dire que
cette porte éft renfermée dans un challîs, dont les deux-poteaux
montans reçoivent les extrémités des mortoifes , 6c que toute la-
carcaflè eft revêtue d’un bordage du-cote.de la retenue des eaux,,
après avoir ménagé deux-guichets Q 6c R , qui s’ouvrent ôc fe
ferment par des- vannes attachées aux crémaillères des cries;
placés fur l’entretoife fupérieure N M..
Dans le feuil de cette porte eft encaftrée une crapaudine pour
recevoir le tourillon du poteau tournant L,*dont le fommet eft-
embrafië par deux moifes P , comprenant le collier qui le foutient
verticalement: ces moifes font attachées convenablement par.
leurs extrémités dans le maflif des bajoyers..
Fig. 4; Cette porte, qui a 2 pieds de largeur de plus que n’en a l’éclufe,,,
s’appuie étant fermée contre deux feuillures de pierre de taille-
ménagées dans l’épaiflèur du-parement des-bajoyers,.6c échau-
erées pour cela en portion de cercle dansun lens oppofe, comme
on le voit marqué fur le radier aux endroits O 6c P.
Les portes - 1 Pour que du côté P , oppofé à la retenue des-eaux, la.'
^ommecdlè-d porte joigne la feuillure qui lui répond, malgré la pouflee de
fe tiennent ' l’eau, on fe fert d’un volet V X ( f i g 1 )-, repréfenté loge dans
fermées en f e pon enclave, tel qu’il- eft: fitué, pour qu’il ne fafle point obftacle
volet ; & pour quand on veut ouvrir la porte; ainfi l’on doit concevoir que ce-
elles fou - v alet, qui eft une efpece de potence mobile, a fon poteau V T
Ta rltlrnTie (|Bi ]«JOi ôc repofe fur une crapaudine encaftrée dans une grofth-
C hap.VH. De la fondation des Écluses 163
'pierre faillante T , dont la queue eft enclavée dans la maçonnerie
du bajoyer, ôc que ce poteau eft retenu en haut par un
collier de fonte.
Pour faire ufage de ce valet on le manoeuvre avec une corde,
afin de l’appliquer contre le montant M de la porte, où on l’arrête
enfuite en faifant paflèr dans le crochet qui eft à l’extrémité
de fa branche X , un anneau attaché fous la moife P. Quant au
bas delà porte, chaque moitié s’appuie contre des heurtoirs dans
un,fens oppofé, répondant à celui des feuillures des bajoyers.
Afin que la pouîfée de l’eau contribue elle-même à faire que
la porte s’applique mieux contre les feuillures, on ne place pas
tout-à-fait le poteau dans le milieu, mais on donne à la partie LN
un peu plus de largeur qu’à l’autre L M , ce qui contribue à fou-
lager le valet de la charge qu’il foutiendroit fans cette différence.
275. Lorfque la mer eft balle 6c qu’on veut ouvrir la porte,
l’éclufier décroche le valet qu’il loge dans fon enclave, 6c leve
lenfuite la vanne R qui répond à la partie la plus large L N du
plan ; alors l’eau venant à paflèr par le guichet, çefle de pouflèr
dans toute l’étendue ouverte , que l’on rend aflèz grande pour
■ que l’autre côté L M , qui étoit le moins chargé, le devienne au
contraire plus que ne feft alors le premier ; ce que l’on ménage
■en levant la vanne doucement, de maniéré qu’après avoir rompu
l ’équilibre, la porte ne s’ouvre qu’avec beaucoup de modération.
Cela peut encore fe faire en foutenant la porte par un cable répondant
à un cabeftan , pour ne la lâcher qu’à mefure qu’il eft
néceflaire, tant que la porte vienne s’appuyer contre les bornes S,
qui ne font autre chofe que deux morceaux de bois attachés fur
le radier. Ainfi placée dans le fil de l’eau, elle lui laifle la liberté
de fe précipiter, en ne lui offrant que le moins d’obftacle qu’il
eft poflible.
Après que l ’eau qui étoît en rëferve a rempli fon objet, 8c
que la mer en montant vient la remplacer, pour peu que l’on
bouge la porte , la marée trouvant plus de furface dans la partie
L M que dans l’autre L N , la referme par fon aétion. Alors
l ’éclufier la foutient avec le valet 6c ferme le guichet R , après
que l’eau eft montée dans le canal à une hauteur convenable
pour mettre les chofes en état de recommencer la manoeuvre
précédente, ce qu’un homme peut faire de la maniéré du monde
la plus (impie ; au lieu qu’en voulant remplir la même fin avec
une feule vanne, comme on l’a vu précédemment, il faut plul'eau}
leur poteau
tournant
n’efl pas tout-
a-fait placé
dans le milieu-
P l a n c .
X X IV ,
Fig. 1 , 2
ôc 4*
Maniéré de
manceuvrer
cette éclufe
felon l'état des
marées,