
plate-forme
aux éclufes
établies fu r
un bon fond•
196 A rchitecture Hydr.aui.ique, Livre I ,
roit bien donner lieu à l’éclufe de glifler par l’aétion d’une grande
retenue d’eau ; ce qui ne feroit point fans exemple, fur-tout fi
elle fe trouvoit ifolée, 8c quelle ne fût point appuyée contre le
revêtement d’un quai propre à lui fervir d’arc-boutant.
Conjlruttlon 3 1 1 . Suppofant le fond bien arrafé 8c reconnu d’une folidité à
"un maffîf de touce épreuve 0n élevera le maffif des fondemens . en lui donlaconnerie
r , . Z- • / ' i t i i ? X
fervant de nant une epailieur proportionnée a la largeur de 1 eclufe, félon ce
qui eftenfeigné dans l’article 18 5 , ayant égard aulîï à la nature
des matériaux. On commencera par une première affile de gros;
libage pofé en bain de mortier commun, fie rangé en joint fur
toute l’étendue de l’ouvrage. La fécondé affife 8c les fuivantes referont
de moilons de bonne qualité, pofés de même avec mortier
ordinaire. La derniere affife, d’environ 1 y pouces d’épaiiïcur,
doit fe faire de briques en bonne liaifon avec du mortier de ciment
, pour former une chaîne tenant lieu de premier plancher,
obfervant que le dernier rang de briques doit être pofé de champ-
Cette chaîne, qui n’eft que pour le radier, ne doit s’étendre que
d’environ deux pieds fous les bajoyers, comme on fait aux planchers
( 19 6 ), fie le refte de la largeur de la fondation fe remplie
avec du moilon. La raifon qui nous engage de faire cette dernière
affife de briques, de même que les murs précédens, eft:
quelles compofent, par leur liaifon, un corps qui réfifte mieux;
que toute autre efpece de maçonnerie, à l’aétion de l’éau provenant
des fources ou de la retenue, contre laquelle on ne fauroitr
être trop en garde ; c’eft pourquoi je ne me lafîe point d’en parler..
3 1a . Après que cette plate-forme a été bien réglée de niveau ,.
on y applique une couche de mortier de ciment ; 8c lorfqu’oi*
tranfpïratïons n’a point d’affez bons matériaux pour faire un radier pavé de-
grandes ferres-dures, on pofe fur cette couche trois longrines 3;
U faut U ter- une placée à l'endroit qui doit répondre à l’à-plomb de la fur-
miner par une face du parement de chaque bajoyer, 8c la troifieme dans le mi-
^de'brtques en ^cu du rad'cr- L ’objet de ces longrines, dont on multipliera le-
mortier de ci- nombre, fi l’on veu t , félon la largeur de l’éclufe, eft de recevoir
'u îr îe&pim~ une grd^e de traverfines efpacées de trois pieds de milieu en mi-
cher du radier lieu, leurs extrémités enclavées de deux pieds fous les bajoyers .-
fur une grille ces traverfines attachées 8c encadrées, réciproquement avec les;
i . traverfines. Iongrines_ . 1
On remplit de maçonnerie dé briques les vuides que laifle-
cette grille, obfervant de pofer de champ le dernier rang; fie
après que le tout a été encore bien arrafé par une couche de.
Pouf mettre
le majff 'et
Vabri des
Chap. IX . D es R adiers de pierre de taille. 197
mortier de ciment ou de terrallè de Hollande , on établit le
plancher du radier, qui fe fa it , ainfi que fon recouvrement,
avec les mêmes attentions que nous l’avons enfeigné dans les
articles 19 6 8c 297. /rki: ;; r
3 13 . Quoique la grille précédente ne foit faite que pour attacher
le plancher du radier, je crois que l’on feroit bien de la
rendre encore plus folide, en la fortifiant par trois autres cours
de longrines pofées au-deflus des traverfines, afin que par ce
double encadrement elles foient maintenues inébranlables ; alors
il faudra régler la profondeur des entailles Sc l’épaifleur de ces
dernieres longrines, de maniéré que leur furface lupérieure n’ait
que trois pouces de relief au-deffiis des traverfines , pour que le
plancher puiflè affleurer ce relief, 8c que tous les joints fe trouvent
recouverts par le redoublement qui doit former la furface
du radier ; mais avant que d’en venir là , on obfervera que le
poinçon du bufe doit faire partie de la fécondé longrine du milieu
, afin quftl puiffie être accroché par des entailles avec les traverfines
, pour affiner la folidité du bufe, fur laquelle je ne m’étendrai
point, non plus que fur ce qui appartient à la bonne façon
de l’ouvrage, parce que le chapitre précédent a dû inftruire fuffi-
famment ceux qui l’auront lu avec un peu d’attention, fie que je
ne finirois point, fi je voulois répéter les mêmes détails chaque
fois que l’occafion s’en préfente. D ’ailleurs une campagne employée
fur les travaux de cette efpece, fera fentir l’importance de
quantité de chofés dont on n’aura peut-être point été alfez frappé-
par la fimple lecture, fans compter que les réflexions fuggérées
par la pratique, fourniflTent une abondance de vues a ceux qui
prennent un certain intérêt à ce qui s’exécute, à moins que l’on
ne foit de ces gens que rien n’affeéhe , fie qui occupent des places
pour lefquelles ils n’étoient point nés.
314. M’étant engagé de rapporter des exemples de tous les
ouvrages qui ont été exécutés avec le plus de fuccès, je crois
rre pouvoir mieux faire que de donner ici ce qui a été fuivi en
1736 pour la conftruéfion de la grande éclufe de Cherbourg:
comme fa fondation 8c fon radier ont été faits entièrement de
maçonnerie, un pareil détail ne peut être mieux placé , puifque
c’eft le parti le plus convenable quand on rencontre un bon
fond , 8c que l’on a d’ailleurs des matériaux d’une qualité propre
à pouvoir en ufer de la forte. Ces détails feront d’autant plus
înftruéfifs, que je les tiens de M. d e C a u x , Ingénieur en chef de
Cherbourg, qui a bien voulu me communiquer toutes-les con-
Manierc ’de
rendre le radier
précédent
encore plus
folide|
Manière défaire
les radiers
tout en'
pierres de
taille fans y
employer de
charpente 3 a
l'imitation de
la- grande
éclufe de Cher*-
bourg,.