
Tandis
qu on travaille
au nouveau
canalt les -Arights
veulent
en interrompre
la continuation
y prétendant
q u il eft
contraire au
neuvième article
du trai-
4 6 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
mença ce grand ouvrage, qui donna aux habitans une fatisfac-
tion que l’on ne peut exprimer. Au mois de Juin, il arriva encore
L ’éclufe du
canal de Mar-
dick eft achevée
le i l Janvier
171 ƒ.
D e fer tp lion
de cette éclufe
& du canal.
fix autres bataillons ; 8e tous enfemble travaillèrent avec
tant de diligence, que le 1 de Juillet on commença à piloter les
éclufes du nouveau canal, ,8c le 14 Août on y pofa la première
pierre.
100. La Reine d’Angleterre étant morte le 1 1 Août de cette
année, 8c l’Elefteur d’Hanovre proclamé Roi de la Grande-Bre-
tatrne, les deux bataillons Anglois qui étoient reftés dans la ville
8c la citadelle, reçurent ordre de repaflèr en Angleterre, avec
Meilleurs Hill 8c Cleyton, parce qu’alors la démolition étoit
entièrement achevée ; il n’y eut que M. Amftrong, 1 un des
Commiflaires pour la démolition, qui reftaencore quelque tems,
8c qui chercha de mauvaifes difficultés , pour empêcher'la conf-
trutbion du nouveau canal ; il fit même connoître au Confeil du
nouveau Roi d’Angleterre , que ce canal feroit d’un auffi grand
ufage à la France que le port qu’on venoit de détruire.
Sur fies repréfentations, Sa Majefté Britannique envoya ordre
à fon Miniftre en France, de préfenter un mémoire au R o i,
pour empêcher la continuation de ces nouveaux ouvrages, c[ui
étoient, à ce Cju’on prétendoit, contraires a 1 article neuvième
du traité. Le R o i, perfuadé qu’il ne contrevenoit en aucune fa-
çon au traité de paix , ordonna de continuer cet ouvrage , lequel
étant déjà fort avancé, on mit le 17 Oéfobre fous la ma-
çonnerie^ de la grande éclufe , une boîte de plomb que la Cour
avoir envoyée, contenant une médaillé d or 8c quatre daigent,
avec une infeription fur une plaque de cuivré. |
i or. M. le Blanc, touché du danger que le pays couroit d etre
inondé par les eaux de l’hyver, dont on étoit peu éloigné, anima
tellement, par fa préfence continuelle 8c fes libéralités, tous
les ouvriers qui travailloient à l’éclufe, que le M de Janvier
17 15 , ils y mirent la derniere porte qui reftoit a placer, pour
que le canal fût en état de recevoir les eaux du pays. '
Cette éclufe, la plus belle de l’Europe, étoit partagée en
deux paflages; l’un de quarante-quatre pieds pour les vaiffèaux
du premier rang, 8c l’autre de vingt-fix pour les petits batimens.
La longueur de cette éclufe étoit de quaranté-fix toifes deux
pieds ; la pile du milieu avoit trente pieds d’épaiffèur, 8c chacun
des deux bajoyers vingt-quatre , fans y comprendre les contre-
Quant à la longueur du canal, on lui a donné dans fa totalité,
C h a p . II- Description de Dunkerque. 47
trois mille trois cents quatre-vingt-quatre toifes;Ie chenal depuis
l ’éclufe jufqu’à la mer, avoit autour de cinquante toifes de largeur
fur vingt pieds de profondeur ; mais il devoir devenir plus
confidérable par l’aétion de l’eau, que les éclufes dévoient lâcher ;i
pour l’approfondir. >. :'yV ■ .
1 0 1 L’ouvra°e étant en état de faire écouler les eaux pour la L e e Février
première fois, M. le Blanc 6c M. le Comte d’Herouville Corn-
mandant de Dunkerque, accompagnes du Magiltrat, le rendi- vrcr tèclufe
rent à l’éclufe le 6 dé Février 17 15 : on ouvrit les portes des
deux paflages qui donnèrent 1 écoulement aux eaux. A cette vue, s,ln itoll^fo_
la joie des habitans de la ville 8C de la campagne fut propor- mis pour l'i-
tionnée à l’inquiétude que leur avoit caufée 1 appréhenfion de Q9P|j|p|P
leurs débordemens. Bludc perfua-
Aprèscet heureux événement, qui com.bloit M. le Blanc de-ƒ iA,,éa(fa-
gloire 8c de fatisfadion , il partit le 1 5 A v r il, pour fe rendre à J “' _
la Cour , où il s’apperçut que le ton de hauteur qu’avoit pris le -a u d it Mar.-
Comte de Stairs, AmbalTadeur d’Angleterre en France-, au fujet M
du nouveau canal, pour en exiger la deftruction , avoit raie quel- rc au rraiié,
queimpreffion; cet illuftre Intendant, fi digne du choix que
le Roi en fit peu après pour Miniftre de la guerre, parla avec _
tant de force 8c d’éloquence dans le Confeil, qu’il convainquit
l ’Ambafladeur Anglois par la folidité de fes railons.
Sa Majefté, perfu -dée de la néceffité d’entretenir le canal 8c
l ’éclufe, 8c même de continuer ce qui reftoit a faire pour la perfection
de l’Ouvrage , témoigna à M. le Blanc , que fon intention
étoit de le protéger , montrant une-fermeté inébranlable, malgré
fon grand âge; il touchoit alors a la fin de fon régné glorieux
, étant mort le premier Septembre de la meme année.^
103. Les eaux qu’on lâchoit louvent par 1 eclufe de Mai dick,
avoient tellement creufé le chenal, que des vaiffeaux y entrèrent iammaJ w e '
dès le mois d’Avril 1 7 1 6 ; entr’autres une fregate de tiente-qua- des édujes
tre pièces de canon , traverfa le grand paflàge de 1 éclufe , 8c fë u^Jhë-
rendit dans le canal d’eau douce, jufques derrière 1 ancien poir, nai & Mure
t qui caufa aux habitans de Dunkerque une fatisfaçtion diffi- dùckjufoa*
cile à exprimer ; ils auroient aifément oublié la douleur que leur re‘mlrtr j lns
avoit caufée la démolition de leur ville, fi les Anglois qui ne u canal dente
voyoient qu’avec bien de la peine tous les avantages qu onalloit
tirer du nouveau canal, n’.eulient confpire de nouveau la ruine pieces
de cette malheureufe ville ; ne pouvant oublier les pertes qu elle de canon.
leur avoit caufées. , La France
et* 104. Ai. te Duc d’Orléans , Régent de France , jugeant qu il ^ cUiunct