
Plan. II.
Avantage
que Von pou-
voit tirer des
mêmes éclufes
en tems de fié -
ge, pour la dé-
fenfedesfi.fi. s.
Correfpon-
dance merveil-
îeufe que les
canaux
avoient en-
femble pour
rendre intarif-
fiable le mouvement
des
eaux.
3o A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
Les batardeaux ( n o , m & i i z ) fervoient à foutenir les eaux
du canal de Fûmes à leur entrée dans la ville, pour les féparer de
celles du folle. Il yenavoit un autre (109) à l’angle du baftion
35, lequel, avec le premier(i 10 ) , produifoit un très-bon effet.
Quand la mer étoit baffe, l’on tenoit l’éclufe'110 fermée, SC
l’on ouvroit l’autre 109, pour laiffer écouler l’eau du foffé qui
étoit dans l’intervalle des deux ; après quoi l’on fermoit celle
d’en-bas, pour empêcher que la marée montante n’y entrât, Sc
on îaiffoit le foffé à fec auffi long-tems qu’on vouloit pour travailler
à la réparation des ouvrages.'
70. Comme ce foffé étant plein pouvoit contenir une quantité
immenfe d’eau, foit qu’on la tirât de la mer ou du canal de Fur 3
nés, l’on avoir l’avantage, dans le tems quelle étoit baffe, d’ouvrir
fubitement l’éclufe 19 , qui étoit à porte tournante, Sc de
lâcher les eaux pour approfondir le chenal. Et comme, à mefure
que l’eau s’écouloit, on pouvoit la remplacer,par celle du canal
de Fûmes, fufceptible d’être rempli à chaque marée, cette manoeuvre
pouvoit fe répéter auffi fouvent qu’on vouloit ; mais l’on
ne s’en eft avifé que quelques années avant la démolition, lo
batardeau (109) n’ayant été fait qu’en
7 1 . Il fe rencontroit ici un avantage fingulier, qui pouvoit rendre
inépuifables les eaux que fourniffoit le foffé dont nous parlons,
fans en recevoir immédiatement de la mer, parce que toutes
celles du pays pouvoient s’y rendre par-là. Premièrement, le canal
de Bourbourg communiquoit avec celui de Bergues , par la
jonction qui eft le long du mail ; ce fécond avec celui de la
Moere, par l’avant-fofféqui étoit entre-deux, Sc ce dernier canal
communiquoit auffi avec celui de Fûmes par le foffé de la
demi-lune 13 ; de forte que Beau pouvoit fucceflivement reverfer
de l’un des canaux dans l’autre, en ouvrant les éclufes des batardeaux
qui leur répondoient, Sc en fermant celles de Bergues, de
la Moere Sc de Fûmes, pour n’ouvrir dans la haute mer que
celles que l’on auroit jugé à propos, afin de la faire paffer dans
le canal qui étoit épuifé. Ainfî l’on voit que dans le tems de là
baffe mer l’on pouvoit faire pafïèr un torrent d’eau dans le fofïë
de la place; ce qui, en cas de fiége, auroit rendu moralement
impoffible la conftruétion des ponts pour atteindre les brcches,
dont les décombres euflènt été difperfés Sc partie emportés à la
mer. Je laide à penfer ce qu’il en coûte pour prendre une place
qui a de pareilles reffources, quand elle eft défendue par un
homme de tête qui ne manque de rien , Sc qui n’appréhende
Chat. II. Descrietion de Dunkerque. 31
point d’être emporté d’affaut, comme nous le ferons voir en
parlant de la défenfe dont Dunkerque étoit fufceptible.
7 î . Il n’y a rien de particulier à dire fur les batardeaux ( 1 1 1 ,
n i , 1 13, 1 1 4, 11 j , 1 1 6 Sc 1 17 ) qui fervoient à féparer l’eau
des canaux d’avec celle des foffésqui devenoient intariffables,
en pouvant recevoir de toutes parts, Sc deux fois par la mer en
vingt-quatre heures, fans que l’ennemi pût y apporter obftacle,
parce que les grandes éclufes fe trouvant renfermées dans la
ville, étoient à l’abri de toute infulte. On remarquera feulement
que le batardeau ( 118 ) avoit auffi une éclufe, au moyen de laquelle
on pouvoit faire circuler l’eau dans les foffés de l’autre
côté de la place, en la tirant du canal de Bourbourg, Sc par con-
féquent de tous les autres canaux, pour la faire paffer depuis le
baftion zo jufqu’à celui cotté 4 de la citadelle , où il y avoit un
dernier batardeau marqué 1 zo , par l’éclufe duquel l’eau cirée
d’en-haut pouvoit s’écouler ; ou bien l’on pouvoit y faire entrer
celle de la mer haute, quand ce foffé étoit à fec.
Il y avoit auffi un autre batardeau avec fon éclufe proche du
pont (31) de la citadelle, qui rempliffoit le même objet, parce
qu’on avoit pratiqué des ouvertures grillées au pied du mur du
corps de la place répondant aux extrémités de la face droite de
la demi-lune 14 ; d’où l’on peut conclure que toute la partie de
Dunkerque, du côté de Gravelines, pouvoit être défendue par
les eaux, comme celle qui regardoit Nicuport.
73. Il y avoit encore un batardeau avec fon éclufe à l’endroit
1 19, pour remplir des marées les criques (84), qui font des foffés
creufés anciennement pour couper le chemin que les ennemis
auroient pu faire fuivre à la tranchée, qui auroit eu pour objet le
front 10 , 18, 1 7, parce que ce terrein, qui étoit autrefois marécageux
, s’étoit beaucoup defféché ; c’eft pourquoi ces criques fe
trouvoient foutenues par des places d’armes deftimées à couvrir
des poftes avancés. L ’on avoit même projetté en 1708 d’y faire
dans le milieu une grande redoute,
74. Comme les eaux.du foffé de la place au front de Nicuport,
eommuniquoient avec celles de fon avant-foffé, Sc que ces dernières
répondoient auffi avec le canal de Fûmes près du petit
Srindam, où il y avoit une éclufe, l’on voit qu’en faifant jouer
celles des batardeaux 57, 1 1 3 , 1 14, l’on pouvoit donner lieu à
mille chicanes pour s’oppofer en tems de fiége au p a li age de l’avant
foffé, & à celui de l’ouvrage à cornes jz , 54. Legrand point,
dans-ces fortes d’occafions,. eft que les Ingénieurs de la place la
Plan. IL
On pouvoit
par la même
méchanique
des éclufes
défendre les
fiofiés de Vautre
coté de la
place, comme
les précédens~
Ufage qu’on
peut faire des■
criques pour
défendre Vaccès
d'un front
defortification
f i tué dans le
voifinage de
la mer.•
Far le moyen
des batardeaux
on pouvait
encore aut
front de Nieu-
port faire
beaucoup de
chicanes au
paffage de
l'avant-fiofife»