
Changement
farvsnu à ce
port depuis le
commencement
de ce fiecle.
Propriétés du.
canal d'Har-
fieur 3confiruit
curer le port 3
mais dont on
n a pas continué
l ’u f âge.
Inutilité des
travaux que
l'on a fait
3 8 4 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I I ,
du poilîbn que le Lieutenant de Roi conferve dans le même
folle.
5 3 <5. Rien de mieux entendu que la diftribution de ces éclufes,
principalement les trois G, H, D, qui fe fuccedenc en approchant
dü chenal, fur lequel elles agiffoient merveilleufement à
la fin du fiecle paffé, n’ayant alors que 70 toifes de longueur en
partant de la tour de François I , au lieu qu’il en a actuellement
plus de zoo : aulfi étoit-il dans ce tems-là en bien meilleur état,
parce que toutes les éclufes fans exception jouoient fréquemment
, tantôt enfemble ê£ tantôt féparément, félon que la né-
ceifité l’exigeoit pour le plus grand effet. Cependant comme elles
ne produifoient point encore tout ce qu’on en avoir efpéré,
faute d’être nourries par une allez grande abondance d’eau pour
quelles pûlîènt agir pendant cinq ou lîx heures de fuite , M. le
Maréchal deVauban, toujours fertile en reffources, fit faire un
canal partant à 'H a rfle u r, petite ville à une lieue ôt demie du Havre
, où palîè la riviere de M o n u vilL er, pour en conduire les eaux
dans les fofles_de la place.
537. Ce canal, de trois mille quatre cens toifes de longueur,
de dix de largeur, fur 6 à 7 pieds de profondeur vers fon origine,
5c dont le fond vient en pente aboutir à celui du folle , fut
achevé quelque tems avant la mort de M. Colbert, qui en avoit
fenti toute la néceffité. Ce Miniftre fe rendit exprès lur les lieux
avec M. deVauban pour en voir l’effet, qui répondit parfaitement
à ce qu’on s’en étoit promis. Pourroic-on croire qu’au
bouc de quelques années on ceffa tour à coup d’en continuer
l’ufage, fans qu’on en puiffe favoir la raifon, qu’on ne fauroic
attribuer à des égards pour des moulins marqués O à. l’entrée
d’Harfteur, puifque ces moulins, plus anciens que le canal, n’ont
pas été un obftacle à fon exécution. Cependant on ne peut difi-
convenir qu’on n’en tirât un avantage infini, fur-tout finies
foffés de la place étoient approfondis autant qu’ils devroient
l’être pour contenir 15 pieds d’eau , hauteur de la charge des
éclufes précédentes, les marées montant ordinairement de 16
pieds dans le port. 11 n’eft donc pas furprenant que le chenal ait
été en dépériffant depuis le commencement de ce fiecle, parce
que, félon de fort habiles gens qui enont reconnu la caufe, on
n’a point fait ce qui convenoit de mieux pour y remédier : c’eft
ce qu’il faut examiner.
538. Les marées montantes charriant, comme nous l’avons
dit, de l’oueft à l’eft une grande quantité de galets, on fit anciennement
C h a p .V . Sur l e s p r o p r i é t é s d e s É c lu s e s . 3 8 y
(CÎennement avec des dépenfes immenfes , une fuite d’épis de
■ charpente Q , depuis la h eve jufqu’au port, pour les arrêter en
■ chemin , cè qui réuffit pendant quelques années ; mais après
qu’ils les eurent couverts ils les dépafferent, fe portèrent, comme
auparavant, contre la jettée d’oueft A , ou apres s etre accumulés
ils en débordèrent la tête, en formant un banc dont l’ac-
•croiflèment continuel menaçoit de barrer le port. Pour y remédier
on crut qu’il n’y avoit pas d’autre moyen que de prolonger
cette jettée, élevée de 30 pieds en maçonnerie, mais on en
fentit bientôt l’inutilité. Les galets s’y amaflèrent tout de nouveau,
produifirent encore à l’entrée du chenal 1 effet des premiers,
en rendant la paflè également difficile. Ainfi toutes les
dépenfes que ces travaux ont occafionne depuis 40 ans, n ont
abouti qu’à rendre les chofes dans l’état où elles font aujourd’hui
, c’eft-à-dire d’avoir à la tête de la même jettée un prodigieux
amas de galet, dont le progrès va toujours en croiffant,
parce que les éclufes n’ont plus allez de chaffe pour les emporte
r , leur courant fe trouvant amorti avant que d’y arriver ; ainfi
l’on peut dire qu'en prolongeant cette jettee l’on a accru le mal
au lieu de le détruire.
539. On peut objecter que fi cette jettée n’avoit pas été prolongée
comme on l ’a fa it, il y a long-tems qu on feroit dans le
cas où l’on fe trouve aujourd’hui, St que le galet auroit bouché
le port ; mais ceux de qui je tiens mes remarques prétendent que
cela ne fût point arrivé, 1 °. fi l’on avoit tire des eclufes tout le
parti de leur deftination, en les lâchant toutes à la fois de tems
â autre, pour rendre le courant capable d’un choc plus violent,
ôc ne pas les réduire à celle de la barre G : z°. fi l’on s’étoit appliqué
à empêcher leur courant de diverger, 6c qu on l eut aflu-
jetti à fuivre la direétion la plus commode à l’entrée des vaif-
feaux; 30. fi enfin, au lieu d’avoir employé des femmes im-
menfes à reculer le ma l, on s’en fut fervi pour mettre en bon
état la retenue des eaux , en approfondi fiant les foffes de la
place, dont le déblai des terres auroit été utilement employé à
former de nouveaux dehors. A quoi ils ajoutent qu il falloir bien
fe garder d’arrêter le galet en prolongeant la jettee, mais au
contraire le laiffet courir au hafard dans l'embouchure de la
Seine, qui auroit rejette, comme autrefois, fur l’eftran I , où
par la fuite il eût préfervé les campagnes voifines du tort que la
mer leur fait. Qu’à l’égard de celui qui fe fût amaffé à l’entrée du
port, les éclufes bien fournies d’eau ne l’y euffent pas laiffé long-
Part, I L Tome I, C c c
auHavre pour
empêcher le
tort que cau-
fent au chenal
les amas de
galet.
P l . L U ,
Frivole oh-
je&ion aux remarques
précédentes.
Réponfe à la
même objection.