
Voyez la
PtANCHB V»
Explication
des quatre
principales
parties d'une
éclufe.
Précautions
que l'on prend
pour la folidi-
té des éplufis.
r 8 A r c h i ï e c t u ü ï H y d r a u l iq u e , L i v r e I , (
J ’ajouterai qu’avec le fecours des éclufes on a defleché des
marais impraticables qui font devenus d’excellens pâturages ;
qu’on eft parvenu à arrofer des campagnes arides qui ont produit
enfui te des revenus confidérables, par la facilité qu’on avoit de
les àrrofèr. . -
Je ne finirois point, fi je voulois rapporter les' dtfterens uiages
des éclufes , & la nécellîté de leur conftrudion pour donner
le mouvement à tant de fortes de moulins devenus.^ 1 ame e
prefque toutes les manufactures, Sc la plupart ignorés des anciens,
faute d’avoir fçu tirer de 1 action de leau tout le pai ci
dont elle étoit fufceptible pour mouvoir des machines que la
force des animaux n’auroit pu faire agir fans des depenfes infou
tenables. . ..
1 1 3. Pour faciliter l’intelligence des chapitres fuivans, n paroi
t convenable d’expliquer avant toutes chofes les principales
parties d’une éclufe, afin que ceux qui n’en ont qu’une foible con-
noilïànce, foient plus en état de m’entendre.
Les principales parties d’une grande éclufe à l’ufage de la mer,,
fe réduifent a quatre. ,
La première, aux fondemens qui régnent lous toute fon étendue,
Si qui demandent d’être travaillés avec plus de foin 8i d’intelligence
que ceux de tout autre ouvrage, puifque de-là dépend:
la folidité de l’éclufe, qui ne fubfifteroit pas long-temsen bon
état, s’ils avoient été exécutés avec négligence.
La deuxieme comprend les bajoyers de maçonnerie , qui
exigent auiii beaucoup d’attention pour les conftruire folide-
ment.
La troifieme, le radier ou plancher de l’éclufe, avec tout ce
qui l’accompagne. -
La quatrième enfin regarde les portes Si leurs agrès,
114 . Pour peu que le terrein où l’on veut conftruire une
éclufe ne foit pas bien ferme , on emploie pour fa fondation
une ou plufieurs grilles de charpente pofées les unes fur les autres,
dont les cellules, ou com pa rtimens font remplis de maçonnerie
; fe tout renfermé dans un encaiflèment de palplanch.es
enfoncées près à près à refus de mouton : Si fi lè terrein eft de
mauvaife qualité, on commence par y planter des pilots fous
l’efpace que doivent occuper les bajoyers, Si fous 1e J 'e u i l des
portes. L ’on enfonce auiii d’autreS f i es de p a lp lan ch e s aux endroits
du radier, où il eft à craindre que l’eau ne s’introduife
deflbus.
C h a p . III. D e l ’u s a g e d e s É c l u s e s . 39
Après que les fondemens font , bien a rra fè s , l’on trace les bajoyers,
oblervant de leur donner une épaiffèur proportionnée à la
hauteur de l’eau dont ils auront à foutenir la pouffee , Si de les
fortifier encore par des contre forts pacés a une jufte diftance.
On pratique quelquefois dans l’épaificur de chaque bajoyer un
petit aqueduc que l’on nomme p e rm i s , ayant une vanne à cou-
liflè dans 1e milieu, pour faire palier l’eau d’un côté de l ’éclufe
à l’autre, fans être obligé d’en ouvrir les portes.
1 15. On a foin, en traçant les faces des bajoyers, d’y ménager
des enfoncemens nommés e n c la v e s , pour loger les portes
quand elfes font ouvertes, afin qu’elles ne fallènt point d’obfta-
cle au paffage des bâcimens. On pratique auffi dans les mêmes
faces, des coulilfes pour loger les extrémités d’un nombre de
poutrelles mifes les unes fur les autres, & deftinées à former un
coffre que l’on remplit de terre glaife, pour faire un batardeau
du côté d ’amont ou du côté d ’a v a l , ou des deux côtés en même
tems, lorfqu’on veut tenir 1e milieu de l’éclufe à fec pour quelques
réparations, foit au radier ou aux portes.
Aux grandes éclufes les bajoyers fe terminent en queue d’hi-
ronde, afin d’avoir un évafement formé par ce qu’on appelle
b ranche, qui facilite l’entrée & la fortie de l’eau, lorfqu’elle doit
y palier en grande abondance, foit pour vuider ou remplir' un
balîîn, une forme ou un canal, & en même tems empêcher que
l ’eau ne pallè derrière les mêmes bajoyers pour les cerner, ce
qui en cauferoit bientôt la ruine ; c’eft pourquoi on les lie ordinairement
à des bouts de quais de maçonnerie ou de charpente
garnis de terre glaife par derrière, pour s’oppofer aux progrès de
l’eau qui voudrait s’y introduire.
Le plancher qui forme le radier d’une éclufe, demande aulîx
d’être travaillé avec beaucoup de foin, de même que 1e b u fe
qui doit recevoir la battée des portes. Les bords du radier font
accompagnés de petits grillages pofés fur plufieurs lits de f a f c i -
nage entretenus par des piquets avec c la y o n n a g e , les cellules de
ces grillages remplies de cailloux 3 1e tout compofant enfemble
ce que l’on appelle f a u x r a d ie r , fervant à garantir celui de
l’éclufe du dommage que les fouilles de l’eau pourraient lui faire.
1 1 6, Les grandes éclufes fe ferment, comme nous l’avons dit,
avec des portes plates ou bombées, appuyées par 1e bas contre
un bufe compofê de.poutres aflemblées à un p o in ç o n , fervant à
les entretenir d’une maniéré inébranlable. Le refte de la hauteur
des portes s ’arc-boute mutuellement à l’endroit de leurs jonctions,
Idée de ce
que l ’on observe
en confer
uifant les
bajoyxrs & le
radier d une
éclufe.
P l a n . V .
Idée de ce qui
appartient
aux bufes &
portes d'une
éclufe*