
L e fége continue
avec un
accroiffement
de valeur de
p a n & d’autre.
Tentative
manquée de
la part de
ÏEfpign e
pour faire entrer
des troupes
&' des
munitions
dans la place.
sATùon mémorable
arrivée
à l'attaque
d'un ouvrage
à cornes
du front de
Nicupcrt.
lO ARCHITECTURE HYDRAULIQUE , L lV R E I ,
en accablant les afliégeans, qui étoienc l’élite des troupes Fratl-
çoifes.
10. Cependant le courage de la garnifonfe manifeftoit de plus
en plus à mefure que le liège avançoit, Sc elle oppofoit tous les
jours de nouveaux obftacles aux progrès des affiegeans , qu une
défenfe aufïi opiniâtre piquoic d’émulation 8c de dépit, voyant
qu’ils perdoient quelquefois dans une action d’une heure de durée
plus de terrein qu’ils n’en avoient gagne en un jour.
Le Prince les animoit par fa préfence Se fes libéralités, n étant
pas fâché, pour les intérêts de fa gloire, que ce liège fut fignale par
quantité de fameufes pétions, 8c de foumettre avec peu de monde
8c en peu de tems, unè place capable d’arreter pendant toute
une campagne une armée bien fupérieure a la lienne.
1 1 . Picolomini Sc CaralTene, qui étoient toujours reliés à
Nieuport avec leur armée, ne pouvant foutenir la honte de voir
emporter Dunkerque à leurs yeux, tentèrent d’y envoyer du fe-
cours par le chemin de la mer. Ils remplirent trente belandres
de leurs meilleurs foldats, commandés par des Officiers d une
capacité 8c d’une valeur éprouvée. Cette flotte ne fut pas plutôt
apperçue des Dunkerquois, qu’ils en eurent une joie immodérée
, mais qui ne dura pas long-tems : car auffi-tot que les ennemis
reconnurent que lesvaiflèaux Hollandois, qui defendoient
l’entrée du port, venoient à eux, conduits par 1 Amiral Tromp,
ils prirent la fuite Se fe fauverent à Nieuport, ou ils furent pour-
fuivisparun nombre de frégates Françoifes. Ainli cette entre-
prife ne fervit qu’à montrer aux affiégés combien ils dévoient peu
compter fur le fecours dont ils s’étoient flattés..
a i. Tandis que ceschofes fe pallbient, les affiegeans firent
jouer une mine pour ouvrir l’ouvrage à corne qui defendoit
l’accès du baftion du front de Nieuport ; cette mine ayant fait
une grande brèche, les François travailloient à s’y loger, lorf-
que les affiégés vinrent les en chaffèr avec tant de furie , que ne
pouvant foutenir la violence du choc , ils furent obliges de 1 a-
bandonner.
Après s’être remis de leur défordre, irrités des cris d’all'égrefïe
que les ennemis poufToient, ils revinrent de nouveau à la charge
pour les chafïèt a leur tour ; le combat recommença avec un.
acharnement 8c une opiniâtreté difficile à rendre. La fumée du
grand feu qu’on faifoit des tranchées i c de la ville, joint a.
F horrible tumulte q.ui regnoit dans la mêlée, ayant dérobe le
jour 8c o t é aux combattans la connoiflance de leur véritable;
CHAP. I , SERVANT dTnTRÔBÜCTTON. I I
fituation, chacun d’eux fe retira du côté des Cens, croyant
que fon ennemi avoit l’avantage, 8c laiffa entre deux le logement
abandonné. Cette erreur commune Se le grand défordre dura
près de deux heures. Le calme ayant fuccédé, les François furent
les premiers à fe reconnoître ; auffi-tôt ils regagnèrent le fom-
met de la brèche, où enfin ils s’établirent lolidement fans y
être davantage troublés. _
2 3. Le lendemain ils forcèrent le retranchement que les affié- Reddition
gés avoient fait à la gorge de l’ouvrage à cornes, après quoi ils y ™üc *
établirent une batterie pour ouvrir le baftion dont nous avons af cs
parlé. On travailla auffi à combler le foffé répondant à la brèche jours ds tmn-
du corps de la place, qui ne tarda guere à fe voir réduite à l’ex- ch“ ouverK-
trêmité. Alors le Prince entra en pourparler avec le Marquis de
Lede, qui convint de fe rendre, s’il n’étoit pas fecouru au bout
de trois jours. I l envoya prévenir Picolomini de fa firuation ;
mais ce Général, fe voyant hors d’état de rien entreprendre pour
fauver Dunkerque, le Prince s’en mit en poffeffion après treize
jours de tranchée ouverte. La garnifon en fortit le 1 1 Octobre ,
avec les honneurs de la guerre, pour fe rendre à Nieuport.
24. En 165 2, les Efpagnols profitant des troubles inteftins qui siige de
déchiroient la France, reprirent ce qu’ils avoient perdu les cam- Dunkerque en
pagnes précédentes. L’Archiduc Léopold, qui gouvernoit alors fArckiiuc
les Pays-Bas, fe rendit maître de Fûmes , de Bergues, de Bour- Liopoid qui
bourg, de Gravelines ; après quoi il vint affiéger Dunkerque, qui rf ‘fÔ u r ~
fut défendu jufqu’à la derniere extrêmité, par le Comte d’Eftra- ïEfpagnc.
des, qui en étoit Gouverneur, lequel fe voyant fans efpérance
de fecours, remit la place à l’Archiduc , le 1 1 Septembre.
La paix ayant été conclue en 1653., entre l’Efpagne 8c les Pro-
vinçcs-Unies, le Roi rechercha l’alliance des Anglois , dont le
traité fut ligné le 3 Décembre 163 5. Auffi-tôt Cromvrel fit métré
en mer une flotte de quarante-cinq vaifTeaux, pour aller traverfer
le commerce des Efpagnols.
2 3 . Les Dunkerquois toujours animés par l’amour du gain, tra- Union de u
vailloient alors avec plus de vivacité que jamais, à faire des arme- & de
mens contre les François êt les Anglois ; il ne le palioit pas de p0UrYep rendre
jour, qu’ils n’amenafient quelques prifes, ce qui caufa tant de Dunkerque
dommage aux Négocians Anglois, qu’ils fupplierent Cromwel
d’y mettre ordre. Le Protecteur, pour les fatisfaire, fît bloquer le 16^6: en'
port de Dunkerque, par douze vaifTeaux, qui ne purent cepen- lc
dant empêcher les Corfaires d’en fortir Sc de faire vingt-cinq uffiéprifes
conlîdérables dans le courant du mois de Juillet 1656 ; ge& prend le