
Les éclufes
pour Us inondations
peuvent fe
tracer aujji en
füivant des
réglés générales.
Pl. v i .
fig - h
Attention
fu ïl cor.-
n i A R CH IT E C TU R E H Y D R A U L IQ U E , L l V R E I ,
que d'en commencer l’exécution : encore arrive-t-il fouvent
qu’après l’avoir bien examiné, les plus habiles s’apperçoivent
trop tard qu’il leur eft échappé quelque chofe ; parce que mal-
heureufemeut l’efprit humain n’eft capable d’envifager qu’un petit
nombre d’objets à la fois ; Se même on ne les voit pas toujours
tels qu’ils font effedivement, l'imagination ou le préjuge
ne manquant guère d’y mettre du leur.
136. Les éclufes pour les inondations peuvent auffi le conf-
truire en fuivant les réglés que nous venons d’enfeigner, que
l’on peut modifier félon les circonftances, afin de multiplier
autant qu’il eft poffible les propriétés des mêmes éclufes, eu
égard à la fituation des lieux, Sc même aux projets qu’on pour-
roit avoir en vue pour l’avenir.
Quand les écluies doivent donner paffage à une grande quantité
d’eau à la fois, pour faciliter un écoulement plus prompt,
ou pour inonder un grand pays en peu de tems, on y Fait deux
pairages, l’un contre l’autre, afin que les portes ayent moins
de charge. Si deux pafTages ne fufhfent pas, l’on en fait un
plus grand nombre, féparés par des piles de maçonnerie ; alors
on peut fuivre pour la fermeture de chacun une mécanique particulière,
afin de les rendre propres à différens ufages. Comme
il fuffit d’une éclufe a deux pafTages pour donner un exemple de
leur proportion, voyez la figure première de la planche fixieme,
qui en comprend une dans le goût de celle dont nous par-
Après avoir divifé la largeur I K de l’éclufe en douze parties
égales, nous en avons donne 18 a 1 intervalle O A , qui
regarde le pays 3 treize de O en P , pour avoir le centre P au
demi-cercle A R B , fervant à tracer les heurtoirs de la fécondé
paire de portes , que nous avons fuppofees du cote de la ^mer,
placées à une jufte diftance de la première F V G , afin d’avoir
de l’aifance entre deux. Enfuite nous avons donné 2.1 modules
à l’intervalle P C , pour faciliter la manoeuvre du pont tournant.
D ’où il fuit que fi l’on fupprime par penfée l’efpace V R de 15
modules, de mamere que le point R tombe en V , cette eclufe
deviendra toute femblable à la précédente, SC aura les mêmes
proportions, puifque fon tracé ne différé en rien, comme 1 on
en peut juger, en comptant les modules qui répondent à chaque
partie, à quoi je ne m’arrête pas.
137. On fu p p o fe q u e C e tte é c lu fe e ft fitu é e à l ’em b o u chure
CpAp. IV- D e s Proportions des Écluses. 73
chure d’une riviere ou d’un canal qui va fe jetter à la mer, & v ltntd ’avoir
qu’il faut en ménager les eaux de façon qu’elles puiflênt fervir à
la navigation, à deffécher le pays dans le tems des grandes crues jerepon/amè
d’eau, Se auffi pour approfondir le chenal qui fait la communi- * un canal qui
cation de Téclufe avec la rade, comme nous avons dit que cela p,on‘ “ j
s etoit raie a Mardick. pays.
On a pratiqué dans les bajoyers deux aqueducs a b e d , n o q r , p r y j
& dans la pile letroificme g k , dont les rameaux e f , A i , I m , pjg_ f _
le rendent commun aux deux paflages pour le jeu des eaux, à
l ’aide des vannes placées aux endroits des coulifles b e t f g h i l m
° P q , dont voici J’ufage.
Veut-on , fâns ouvrir les grandes portes, faire palier à la mer
l ’eau du pays ou d’une riviere, quand elle eft baffe ? on ferme les
van nés h , 1 , p , & on laifTe toutes les autres ouvertes : alors
Teau pafle librement par les aqueducs a b c d , g k , n o q r \ Sc
lorfque la mer remonte, l’on ferme les vannés c , b , m q , qui
l ’empêchent de palier outre.
Il faut remarquer qu’on a mis doubles vannes b , g , o , dans
chaque aqueduc, afin que fi les précédentes venoient à manquer,
pour quelques réparations , il s’en trouvât d’autres qui les
remplaça fient. Quant aux vannes h , 1 , p , elles fervent à introduire
l’eau de la mer dans chaque paffage, pour le foulagement
des portes. .
1 S. On voit qu’à le bien prendre il s’agit ici de deux éclufes 1 1 convient
accollées, dont chacune peut avoir fa fonction particulière : * doubler Us
par exemple, la première fervira pour le paffage des grands vaifi ^arim Tla ” -
leaux du canal à la mer, & réciproquement, comme au Sas a -,y om la
d’Oftende. Alors les eaux douces font foutenues par r une.pr air,'eî . p■/“aryes££, tƒi “pour
de portes M E N feulement, au lieu que du côté de la mer nous partager le
avons fuppofé double fermeture F V G , A R B , pour prévenir pauls de l’eau
1 ■ 1 • . . ... , . 1 , 1 ,qu elles ont les accidcns qui pourroient arriver s il n y en avoit qu une; car, i joutenir.
comme dans les nouvelles & les pleines lunes, la mer, fur nos
cotes de l’Océan , monte jufqu’à 24 pieds, & encore plus dans
les équinoxes, elle fubmergeroit des pays tout entiers, fi ces
portes venoient à manquer. Il eft auffi à remarquer que ces
doubles portes ont l’avantage de partager entre elles l’éno me
poids d’eau qu’uné feule auroit à foutenir, puifque fi le paf-
lage avoir 40 pieds de largeur, & que dans les vives eaux la
mer montât de 1 6 pieds au - deffus du radier, le feul poids de
l ’eau leroitde 97.3440 livres, fans compter le furcroît de iorce
que lui donne encore l’agitation des flots. On prendra garde
Tome I . K