
Exemple de
Vufage qu'on
a fait de cette
machine pour
arracher les
pilots des
ponts faits
fu r le Var.
P l.X I I ,
Fig. 4 8c
7-
L a force de
cette machine
peut confidé-
rablement être
augmentée en
faifant ufage
des poulies
moufices.
n i A rchitecture H yd rauliqu e, L iv r e I ,
d’environ 300 toifes de longueur, d’une folidité capable de ré-
fifter à l’impétuofité d’un desplus forts torrens de l’Europe, dan»
le tems des,fréquentes crues auxquelles il eft fujet.
1 1 i.Lorfqu’à la paix il futqueftionen 1749 d’évacuer le Comté"
de Nice, Se de détruire les mêmes ponts, qui comprenoient une-
forêt de pilots qu’on avoit envie d’arracher tout entiers, quoiqu’ils
fuffent enfoncés de 1 1 à 15 pieds dans le lit du V a r, je;
communiquai àM. G uil, Brigadier des armées du R o i, qui avoit
fait faire ces ponts, le deffein de la machine dont il s’agit ic i,
qu’il fit exécuter fort exactement. Voulant en faire l’cfïai fur despilots
anciennement enfoncés fur le bord du fleuve, nous en-
fîmes arracher plufîeurs engagés de 1 1 à 13 pieds dans un terrein
extrêmement gras, d’où on ne les auroit jamais tires par tout
autre moyen, n’ayant prefque point de prife, parce qu’ils avoient
été recépés jufqu’à la racine. Ils furent d’abord fi tenaces, que
les cables rompirent avant que de pouvoir les ebranler ; on en
employa de neufs, 8c chaque pilot fut arrache avec une facilitée
furprenante en moins de 4 à 5 minutés. .
2 13 . Une maniéré fort fimple d’augmenter prodigieufement
la force de cette machine, feroit de fe fervir du treuil pour attirer
en bas l’extrémité L de la poutre, quelque grande réfiftance que
puifïe oppofer le pilot C. Pour cela il faudroit, apres avoir mis
cette poutre dans la fituation G L ( Figure 4 ) , décrocher les
poulies M , N , équippées comme elles le font, parce que la poutre
fe foutiendra d’elle-même; accrocher avec une S l’écharpe de la
première M à l’anneau F ; enfuite attacher de même l’autre poulie
N au pied de la machine, pour avoir un point d’appui : alors;
on attireroit facilement la poutre de haut en bas, en faifant agir
la puiflance appliquée au levier du treuil.
Ce qui peut encore plus que tout cela produire un grand effet,,
c’eft de frapper à coups de mouton l’extrémité de la poutre. L embarras
feroit feulement d’employer la fonnette ordinaire, par
conféquent deux machines différentes ; mais on pourroit aife-
ment en faire une qui raflcmbleroit la propriété des deux.
L ’Im p r im eu r en è toit à cette p a g e , lo r fq u u n am i m a communiqu
é le modèle d u n e m a ch in e d 'u n ufa g e t rè s -fa c ile p o u r en fon cer des
p i lo t s b ien p lu s promptement qu a v e c aucune des precedentes. Comme
e lle m ’e f l p a rv en u e trop ta rd p o u r être p la c é e d a n s cette fe c lio n , j e
l ’a i rapp ortée à la fu i t e d u h uitièm e c h a p it r e , o ù e lle f e trouve déc
r ite .
S E C T I O N I I .
D e la co tiJlru S io n des b a ta rd e a u x f e r v a n t à fa c i l i t e r l'e x é c u t io n
des o u v ra g e s h y d ra u liq u e s .
LE s batardeaux que l’on fait pour mettre à fec un terrein fur
lequel on veut fonder, demandent beaucoup d’attention
pour les rendre bien étanches, &c capables de réfifter à la pouffée
d’une grande hauteur d’eau, à l’agitation de la mer, ou a la rapidité
du courant d’une forte riviere. Comme la' différence des
-cas en fait naîcre néceffairement dansla conftruction des ouvrages
de cette efpece, ce feroit ici l’occafion de traiter à fond
une matière auffi importante, puifque delà dépend fouvent le
fuccés des ouvrages de la plus grande conféquence , fans parler
de 1 économie qui en réfulte ; mais comme ce n’eft que par des
-exemples frappans qu’on peut rendre fenfibles toutes les confidé-
rations auxquelles il faut avoir égard pour bien affurer un batardeau
dans les cas difficiles, je me contenterai d’établir dans cette
feébion quelques réglés générales, me réfervant de reprendre ce
fujet dans le fécond volume, où j’aurai lieu d’en faire des applications
encore plus inftruétives.
214. Pour conftruire un batardeau fans y employer un coffre Maniéré de
•de charpente, il faut, lorfque Ton a de bonne terre franche, 2 ^ /
fairefon épaiffeur au fommet au moins égale à la profondeur j “L Jp o u r tZ
meme de l’eau. Quant à la bafe, elle fe trouvera déterminée par ‘puifemms.
le talud naturel des terres , qui fuit ordinairement la diagonale
du quarre ; par conféquent cette bafe aura pour largeur le triple
de I epaiflèur du batardeau, prife au fommet, qu’on éleve fuffi-
famment au-defîùs du niveau des plus hautes eaux.
2 i 5. II n’eftpas indifférent de fe fervir de toutes fortes de terres Quand Us
pour former les batardeaux ; plus elle fera forte & grade, & mieux bm*ric-m? nc
elle répondra à fon objet. A mefure que les terres font répandues f l t f lv / c d c
fur la bafe du batardeau, il faut les battre à la demoifelle, lit tann< terre
par lit, d’un pied d’épaiflèur, réduit à ne plus avoir que 8 pouces, f f ' f r a t i -
prenant bien garde de n’y point mêler de fafeinage ni de ro- qun .ans U
féaux, & encore moins de cailloux & graviers, caufe ordinaire
des tranfpirations, qui, faute d’attention, deviennent quelque- 1 =
fois fi fortes, qu’elles fournillènt plus d’eau qu’on n’en peuc
épuifer, ou qu’elles donnent lieu à des renards dont le progrès