
Dîfcours préliminaire
fu r
les portes eu
venteaux des
éclufes.
Ohfervation
générale fu r
les portes des
éclufes y appliquées
à
celle de Bergnes,
234 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
Enfin les fabots de fer ayant quatre branches pour les grands
pilots de parement, pefent chacun environ vingt-cinq livres,,
ôc les autres plus petits, entre douze 6t quinze.
C H A P I T R E X I I I .
D e la conjlruclion des portes p our les éclufes de toutes
fo rtes de grandeur.
3 69.T Es portes des éclufes font une principale partie de leur
J _j mécanique ; elles ne demandent pas moins de circonfpection
que les ouvrages précédens, pour en bien aflembler la
charpente, 6c régler la force des bois 5c des ferrures félon la largeur
des éclufes, 6c la hauteur de l’eau qu’elles auront à foutenir-
Car il eft également nuifible de faire ces portes trop foibles ou
trop matérielles, parce qu’on éprouve toujours affcz de difficulté'
à manoeuvrer celles des grandes éclufes, à caufedeleur extrême'
pefanteur, (ans les furcharger mal à propose'
Comme il y a différentes fortes de portes d’éclufês, félon leur
deftination, nous commencerons par les plus {impies. Afin qu’or®
puiflè juger de la force dont il faudra les rendre capables relativement
à leur largeur, nous en rapporterons à l’ufage des éclufes
de toutes grandeurs , en nous fondant fur l’exemple de ce qu’otv
a exécuté de mieux, pour en déduire des réglés générales; ce:
qui eft la voie la plus fûre dans les cas où la théorie ne peut:
que faire fentir que la pratique eft bien entendue..
S E C T I O N P R E M I E R E -
D e la co n jlru c lio n d e s po rtes b u fq u é e s Jim p lc s .
370. Â Yant commencé le chapitre V II par préfënter I’éclufé
de Bergues pour une de celles qui pouvoient être citées
comme modèle, l’ordre naturel demande de débuter par expliquer
fes portes bufquées du côté de la mer, me réfervant de
faire mention ailleurs des portes tournantes quelle avoir du côté
du pays. On en voit un yenteau repréfenté fur la planche X X I ,
dont la largeur étoit de 1 j pieds 4 pouces, fur une élévation
C h a p . X I I I .D e s p o r t e s po u r l e s É c lu s e s . 235
capable de foutenir 2 i pieds d’eau, quoique les plus fortes ma- p L, X X I .
rées ne montaflfent jamais au-deflus de 19 pieds, dans le lieu ou
étoit fituée cette éclufe; mais onobferve toujours de faire les
portes de flot de trois pieds plus élevées qu’elles ne devroient
l ’être naturellement, pour empêcher les coups de lame de paf-
fer au-delà.
3 7 1. En général la charpente de chaque venteau des portes Dénombres
-d’une éclufe, efteompofée: 1 °- dun chaflis forme du poteau j j f j j
tourillon A , arrondi du côté de fon chardonnet ; du poteau pente qui
qué B , ayant une de fes faces I taillée en chamfreinpourfejoin- entrent dans
rire à la pointe'du bufe avec fon femblable ; 6C de deux entretoifes
principales C , D , que l’on diftingue par celle d’en haut 8c s. |une éclufe,
celle d’en bas. i°. De plufieurs autres entretoifes intermédiaires E
iervant à former la carcaflè du venteau. 30. D ’un nombre de files
L Q de bracons F , dont l’objet eft de lier &: d’appuyer les entre-*
toifes. 40. Des montans G formant le guichet pratique dans chaque
venteau, qu’on ferme d’une vanne ou ventail a coulifte ,
comme nous l’avons dit ailleurs. 5°* Dubordagedont toute cette
carcaflè eft revêtue extérieurement.
Le nombre des entretoifes fe réglé fur la hauteur des portes,
relativement à celle de l’eau qu’elles doivent foutenir ; en general
on obferve de ne pas lés pofer a plus de 30 pouces d intervalle
les unes des autres, ni plus près de 2 4 , pour ne point rendre
les venteaux trop pefans.
372. A l’égard du nombre des bracons, il dépend non-feulement
de la hauteur des venteaux, mais auffi de leur largeur ôc de maniéré de po-
la fituation qu’on donnera au guichet, qui ne répond pas tou- fe r Us bracons
jours à l’entretoife du feuil, comme on le verra par la fuite, Cé p[e J J f a
que l’on peut dire de plus pofitif, c’eft que chaque file de bracons charpente des
doit être inclinée de maniéré à former avec le poteau tourillon " J
tin angle à peu près de 36 degrés, pour que leur direction foit la teau tour il-
moins oblique qu’il eft poffible, eu égard a la charge qu ils ion.
doivent foutenir. En effet il feroit à fouhaiter que tout le poids
de la porte répondît au tourillon O par l’entremife de fon poteau;
qui doit, autant que cela fe peut, y ramener, par le fecours des
bracons 6c de leurs appuis L , le poids de tout ce qui çiorteroit a
faux fans leurs fecours; chacune de leur file pouvanc être regardée
comme une puiflance dont la direction L Q feia d autant
plus avantageufe qu’elle approchera davantage de la verticale.
Au contraire plus fa direftion fera oblique, moins la puiflance
aura de force; jufques-là que fi elle l’étoit infiniment, les bra