
Defcrîption
/préliminaire
des principa-
les propriétés
decetteéclufe.
pLANCp.
;x L y m .
C H A P I T R E IV .
Qu J? on d écrit l ’éclu fe de M u y d e n , une des p lu s belles de
la H o lla n d e .
D E toutes les éclufes qui font dans les Pays-Bas, il n’y en .a
point de plus capable d’exciter l’admiration que celle que
l ’on voit à Muyden, petite ville des Provinces-Unies dans la
Hollande méridionale, à l ’embouchure du V e c h t , branche du
Rhin qui s’en féparedans lesfofles ü ü t r e c h t ,pour fe jetter dans
le Z u x d e r 'L i e , à deux lieues d’Amftcrdam. Cette fameufe éclufe
qui fort à faciliter la navigation du Vecht avec la mer , parole
avoir fourni l’idée du projet pour curer le port de Calais , dont
nous avons parlé dans le chapitre précèdentj ayant de meme
cinq voies placées de front, dont celle du milieu eft pareillement
deftinée au paffage des bâtimens, &. les quatre^ autres à
l’écoulement des eaux de la.riviere. Elles fervent en même tems
à entretenir le chénal à une jufte profondeur par le jeu de leurs
portes tournantes. La reffèmblance à tous égards ne peut être plus
parfaite, comme on en jugera en confidérant la plane. X L V I I I
qui repréfeate l’éclufe de Muyden, apperçue à vue tfoyfeau;
mais avant que de parifor à fa.defcripiion, il eft bon d’être prévenu
que le pied dont je vais faire .mention , en parlant de fes
principales mefores , eft celui <FAmfterdam qui ne vaut que 10
pouces 5 lignes 8c j de ligne, de celui de Paris.
5.11. Le paffage du milieu, formé par deux piles de maçonnerie
ayant 263- pieds de longueur fur 14 d epaiflcur ôc 2 2. de hauteur
au-deffùs d.u radier, renferme un las GHIK. de 170 pieds de
longueur entre les portes bufquées HG 8c IK , où les pjus.gran-
d e s °B é la n d r e s peuvent être contenues pour paffçr.du pays à la
mer Sc réciproquement., quand les eaux des deux parts ne font
pas de niveau. Pour ne faire palfor qu’un bâtiment de moyenne
grandeur, on a ménagé vers le milieu de la longueur précédente
, une paire de portes Q O , qui donnent lieu à un autre fis
plus petit,QQ1K , de SS pieds de longueur qui demande par
xonfequent moins de tems pour mettre les eaux au même niveau,
moyennant les pertuis pratiqués pour cela,, comme nous l’exr
pliquerons dans la fuite,.
W. * T <■»
C hap. IV .D escrip. de l’E cluse de Muyden. 369
Le nom de B e la n d r e n’étant guere connu que dans les Pays- p LANC.
B a s , il ne fora peut-être pas inutile de dire qu’il défigne un petit X LV III-
bâtiment de mer du port d’environ 80 tonneaux, fort long 8c
plat de varangue, ayant fon appareil de mats 8c de voiles fem-
blable à celui d’un h e u , 8c allant de même à la bouline ; on s’en
fort principalement dans la baffe Flandre pour le tranfport des
marchandifes groflîeres , étant fort propre à naviguer fur les ca-
.. naux 2c les rivières. ■ - • ■
512 , Pour continuer l’explication de la planche X L V II I? on Remarque fut
voit qu’il étoit naturel d’employer les portes d’eau douce R pour
maintenir à fec le fas au cas de quelques réparations, 2c d en douce ; fuivie
avoir d’autres de flot S afin d’empêcher, quand on le veut, que i c l ’ufapc des
la mer n’y entre ; cependant comme ces dernières auroient eu ‘T u i s d a lT
trop à foufFrir dans un gros tems, on en a encore placé deux us piles.
autres T pour les foulager, en faifant paflèr une certaine hauteur
. d’eau dans la chambre formée par l’intervalle de ces portes ,
félonies art. 138 8c 13 9 , afin de partager la charge, à quoi
.peuvent auffi fervir celles du milieu QO , les pertuis fe trouvant
difpofés à cette fin comme on en va juger. Mais il convient d’abord
d’être prévenu que toutes ces portes ont 1 6 pieds de hauteur
excepté celles de flot S qui en ont 20, devant foutenir les plus
fortes marées ; ce qui fait que la tête des piles eft plus élevée de
5 pieds que le refte de leur longueur, comme le montrent les
• deffèins de la planche cinquantième.
Environ à 1 o pieds au-deffus du radier on a ménagé dans l’é-
paiffeur de, chaque pile, un aqueduc a b de 9 ® pieds de longueur
fur 4 de largeur 8c 6 de hauteur, ayant quatre débouchés, un à
l’avant-bec b , deux autres répondant aux rameaux a c , a d , & t un
dernier au rameau e f ; tous ces débouchés font fermés par des
vannes à couliffès, popr ne les ouvrir qu’au befoin. Par exemple,
fuppofant les portes de flot des cinq voies fermées, afin d’empêcher
lés marées de paflfer outre dans le tems du flux, 5c que
l ’on ait des raifons pour mettre l’eau du grand fas GH IK de niveau
avec celle de la mer j il ne faut pour cela que fermer les
portes G H , de même que les pertuis A, ƒ ,. 8c ne laiffèr ouverts
que les autres b Sc c , pour que la mer entrant par b puiflè for-
tir parc. (
Que fi au contraire l’eau du fas fe trouvoit plus élevee que
celle de la m er, on peut encore les mettre de niveau en fermant
l’entrée b des aqueducs 8c en ouvrant les pertuis d ; d’où il fuit
i quc ces aqueducs fervent également.à faciliter la navigation ,8c
P an . I I . Tome T A a a
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