
4 4 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
réchaux de Villars 8c de Bezons, qui affiégerent 8c prirent Landau
8c Fribourg ; ce qui détermina l’Empereur à faire auffi fa
paix, qui fut lignée le 6 de Mars 17 14 . Et comme l’article IX ,
du traité de la France avec l’Angleterre, eft le feul qui intéreflè
Dunkerque, le voici rapporté à la lettre.
'Article ntu- ^6. L e R o i T r è s -C h r é t ie n f e r a ra fe r les fo r t if ic a t io n s d e la v i l le
rT î l dp J x “ie d e D u n k e r q u e , com bler f o n p o r t , ru in e r le s é c lu fe s q u i fe r v e n t au
la France ne ttoyemen t d u p o r t ; l é tout à f e s f r a i s & d é p e n s , d a n s le terme de
avec l ’Angle- ■ m0^ a p rè s la p a i x conclue & l im é e ; f,a v o ir les o u v ra g e s d e
terre, qui J f i c J o i "Æ f ' / ; r i
renferme Tes • mer d a n s L e jp a c e de d e u x m o is , G’ c eu x de terre a v e c LeJdites, eciu je s
claufes de la J a n s [es tro is fu i v a n s , à c o n d itio n encore que le fd ite s fo r t ific a t io n s ,
ie p o r t & éclufes , ne p o u r ro n t jam a i s être r é ta b lis , la q u e lle dém o lition
to u te fo is ne commencera qu a p rè s que le R o i T r è s - Chrétien aura
été m is en p o ffe fiîo n g éné ra lement de tout ce q u i lu i do it être cédé
en é q u iv a le n t d e la fu jd i t e d ém o lit io n .
En conféquence du réglement fait à Occlus, la ville 8c le
château de Naniur furent livrés le i 1 aux troupes Hollandoi-
fes, Sc les François prirent pofleffion de Bethune -8c de Saint-
Venant ; les Anglois entrèrent le 31 dans Nieuport, les François
dans A ire , 8c les Hollandois dans Fûmes ; le 4 Juin les François
prirent poffefiîon de Lille, 8c les Hollandois d’Ypres 8cde Char-
leroy ; mais Luxembourg ne fut évacué que le 1 6 .
Pendant ce tems M. Tugghe , député du Magiftrat de Dunkerque
en Angleterre, fe donna tous les foins poffibles pour
faire réuflïr fa commiiîion, qui tendo.it à la confervation des
jettées 8c du port ;mais tout ce qu’il fit pour fléchir la Reine Joe.
fervit de rien ,.elle voulut que le traite fût exécuté dans touté
. fa teneur.
On commence t)-y. Les Commiffaires d’Angleterre qui étoient nommes pour
laiimontion ja démolition étant arrivés , 8f M. le Blanc ayant adjugé l’en-
■ le 7 Oftot.e treprue , on n atcendoit plus que les troupes pour y travailler ;
I7' 3- elles arrivèrent le 5 d’Octobre au nombre de huit bataillons ôC
une compagnie de Mineurs, qui campèrent hors-de la ville.
Le 7 Oûobre, on fe mit à arracher les paliffades du chemin
couvert qui regnoit autour de la place. Le 10 , on commença la
démolition par rafer les dehors 8e entamer les fortifications de
la mer, c’eft-à-dire, les forts de maçonnerie 8c de charpente,
répondans aux jettées. Le 9 Novembre, on s’attacha au corps
de la place, 8c dans le mois d’Août la démolition fut entierè-
ment achevée; ce trifte ouvrage finit le 6 du meme mois , par
le grand batardeau qui devoit fermer la communication du che-
Ch a î. IL D escription de Dunkerque. - 45
n al avec le port. Deux mille hommes y travaillèrent pendant les
lix heures de la balle mer, 8c firent pendant ce tems-là un travail
predig eux.
98. Dès que les habitans de Dunkerque virent entamer la dé- £ « haUtans
molition de leur ville, 8c qu’on devoit couper la communica-, , 1 , 1 1 1 , f*on tD duensk reerpqrue-e
tion du port avec Ja mer par le grand batardeau dont nous ve- 'fint.nia.is fur
lio n s de parler , ils s’adrelièrent à M. le Blanc , pour lui repré- lc/ tanSer ,n£-
Tenter la terrible fituation où la ville 8c les châtellenies voifines
alloient être réduites, quand les eaux du pays,ne pourvoient plus Châtellenie
s’écouler par Dunkerque, comme elles avoient fait depuis un d ‘ ‘ rcfa ,’mcr-
tems immémorial ; puilque tout le pays leroir perdu lans ref- eaux du pays
fource auffi-tôt que cet écoulement n’auroit plus lieu. uffount i ’a-
M. L Blanc, toujours attentif au bien public, 8c fenfible à Temcnt'plr'h
cette remontrance, fit Ion poibble pour remédier à un mal fi port.
preflànt. 11 en conféra avec M. de Moyenneville , alors Directeur
des fortifications de Dunkerque, qui fit le projet d’un nouveau
canal, par.lequel les eaux du pays s’écouleroient à la mer
vers l’ancienne folle de Mardiclc, 8c qui pourroit auffi fervir à
rendre à la ville fon commerce avec la mer, en donnant à ce
canal a fiez de profondeur pour y faire paffèr les vaiflèaux, 8c
en faifant des éclufes pour en- diriger les eaux..
V 99. M. le Blanc fe- rend t à la Cour, muni de mémoires inf- M.WB'anc
. tfucfcifs 8c des plans néceffaires pour l’intelligence d’un defîèin fa charge des
auffi avantageux ; il fit fi bien fentir lauéceffité de ce canal pour
fauver le pays d’une inondation inévitable, que Sa Majefté con- Dunka-.,ue,
fentit à l’exécution du projet. Ce n’étoit pas une petite difficulté || ' "ou’ . at
de trouver les fonds néceflaires à une dépenfe fi confie! érable ; parvient^ 1
le Roi n’y contribua pour lors que de cent cinquante mille livres; faire agréer à
mais il accorda les matériaux de la démolition de la ville, du
port 8c des Risbans, qui pourroient fervir à la confiai clion des nouveau ca-
nouvelles éclufes; 8c par-un Arrêt, il fit donner au plat pays nal pour l ’é-
du département, cent mille livres, 60 mille à la châtellenie de ‘ s
Bruges ; 8c 50 mille à la ville de Lille.. Celle de Dunkerque fe
fignala par une contribution volontaire de 7 9 115 0 livres; ainfi
l’on avoit pour lors un million cent cinquante-deux mille cinq
cents cinquante livres, fomme bien au-defîous de celle qu’il falloir
pour un ouvrage auffi confidérable ; mais Sa Majefté donna
l ’efpérance de pourvoir au 1 elle, en fourniffant des fonds jufqu’à
la fin de Fouvrage.
Les troupes deftinées a travailler , arrivèrent au nombre de
douze bataillons, les premiers jours de Mai 1 7 1 4 , 8c l’on corn