
prifes confidé-
rab les.
Armement
fait a Dunhcr-
que,commandé
par M. de Fortin,
pour paffer
le Prince de
Galles en
tcoÿc.
Paix con-e
due en 171z
.entre la France
14 A rchitecture Hydraulique, L ivre I ,
de fix vaiflèaux de guerre qui leur fervoient d’efeorte. Les ayant
attaqués, il en prit d’abord trois ; enfuite il s’attacha à l’Amiral,
lequel, après un combat opiniâtre, défefpérant de fon falut, fe
brûla. Après cette expédition M. de Forbin revint à Dunkerque,
d’où il partit le z i Mai 1707 avec la même efeadre > cingla vers
le Nord, prit trente-trois vaifleaux Anglois ; de là fut relâcher
à Breft, d’où il partit le 19 Octobre avec fon efeadre de fix vaif-
feaux, à laquelle fe joignit un pareil nombre de celle que com-
mandoitM. duGuay. Le z i ilapperçut une flotteAngloife de
cent trente voiles qui alloit aLisuonne, efeortee par cinq vail-
féaux de guerre,dont le commandant avoit quatre-vingt-fix pièces
de canon ; un fécond vaiflèau de pareil nombre, un troifiemc
de foixante-treize, Sc les'deux autres de cinquante-fix. Cesvaif-
feaux furent attaqués vigoureufement, Sc fe défendirent avec
une valeur égale; mais après un combat opiniâtre il y en eut trois
de pris, Sc un quatrième auquel le feu fe mit malheureufement
dans le fort du.combat. Il étoit charge de troupes pour le Roi
de Portugal ; plus de cinq cens perfonnes fe précipitèrent dans
la mer pour fe fauver de l'embrâfement : on eflaya en vain de le
fecourir, il fut entièrement çonlumé, Çet accident çaufa la perte
de plus de mille perfonnes. -
& l ’Art-
eleterre, aux
ÇQnditiQns que
Après une aétion aufli glorieufe, M, de Forbin entra le 17 dans
la rade de Breft avec fon efeadre & une grande quantité de navires
marchands , 8c de là vint delarmer à Dunkerque.
53. Au commencement de 1708 le Roi ordonna d y armer
une efeadre de huit vaifleaux, à deflèin de paffer le Prince de
Galles en Ecoflc. L ’Angleterre, inftruite de cet armement, en
envoj) a une de vingt-fept vaifleaux de guerre, qui joignit celle de
France à quelques lieues d’Edimbourg ; mais maigre la glande
fupériorité des ennemis, Sc les efforts qu’ils firent pour fe rendre
maîtres de la perfonne du Prince, la prudence Sc l’habileté de
M. de Forbin le fauva d’un danger fi évident, Se le ramena heu-
reufement en France : il n’y eut qu’un feul vaiflèau François qui
fut contraint de céder à la force, après un combat de douze
heures contre huit vaifleaux ennemis,
54. Depuis l’année 1709 jufqu’en 1 7 1 1 il y eutplufîeurs négociations
de paix, auxquelles les alliés ne fe prêtoient qu’a des
conditions qui ne pouvoient être écoutées de la France, les ennemis
fe prévalant d’une fuite d’avantages qu’ils n’avoient jamais eus
fur elle ; mais la Providence y réfervoit des bornes que la prudence
Chap, II. Description de Dunkerque. 25
defice humaine ne pouvoit prévoir. Parmi les alliés, les Anglois le port & les
paroifloient ceux qui avoient le plus d’envie de fe prêter à un f f f é f u e
accommodement ; mais la démolition des fortifications de Dun- f o i e n " d lla -,
kerque, tant du côté de la mer que de celui de la terre, Sc le lus-
comblement de fon port, en dévoient être la fatale condition.
Avant que de parler de ce cruel événement, voici une deferip-
tion de cette fameufe place, dans l’état où elle fe trouvoit alors,
digne de l’admiration de la poftérité.
C H A P I T R E I I ,
Comprenant une defeription de la ville de Dunkerque dans
l’état ou elle étoit avant fa dém olition, avec un examen
de la défenfe dont elle étoit alors capable.
55.. T 7 N arrivant à Dunkerque par la mer, l ’on découvroit Voyez la
IP / d’abord à la tête des jettées les châteauxVerd Sc de PIanciieI1-
Bonne:||Efpérance, le- premier à l’eft , le fécond à l’oueft. Us
étoient de charpente, élévés fur pilotis, travaillés avec une loli- châteaux
dité Sc un art admirable : chacun pouvoit contenir trente pièces
de canon.. Ses batteries avancées à plus de mille toifes dans la rame. f ei c/l
mer, avoient pour objet d’empêcher le bombardement de la était l'objet.
ville, comme cela eftarrivéen 1695, par l’extrême éloignement
ou les galiotes à bombes étoient obligées de fe tenir.
56. En entrant dans le chenal que renfermoient les jettées, Defeription
diftantes l’une de l’autre d’environ cinquante toifes, l’on rencon- du
troit à l’oueft le fameux fort appcllé Risban , qu’on ne pouvoit
voir fans étonnemènt. Il étoit conftruit tout en maçonnerie,
comprenoit de belles cafernes, une vafte citerne, des magafins
pour les munitions de guerre Sc de bouche, Sc les autres commodités
propres à une garnifon. L’on y communiquoit de la ville,
en parcourant la jetrée qui répondoit jufqu’au pont de bois qui
en facilitoit l’entrée. L ’on pouvoit mettre en batterie fur fon
rempart jufqu’à quarante-fix pièces de canon difpofées fur trois
alignemens différens, à caufe de la forme triangulaire qu’a v o it.
ce fort ; ce qui faifoit que fon feu pouvoit fe diriger de toutes
parts, comme les ennemis l’ont éprouvé toutes les fois qu’ils ont
voulu faire quelques tentatives dans fon voifinage.
57. De l’autre côté à l’eft étoit le fort Blanc, qu’on appelloit Defeription
Tome I. D