
de centfix navires,
a la vue
d’une efcadre
de treize vaif-
feaux de
guerre*
. Conßrulilon
du fort Blanc
en 17 0 1* nommé
le petit
Rijban* Mürt
de M . Bart le
x j A v ril de
ta meme année.
Eloge de ce
eèlebre marin.
ri A rchitecture Htdrauuque , L ivre I ,
rencontra une flotte Hollandoife de cent fix navires , elcortée
par cinq vaiflèaux de guerre. Il attaqua aufli-tôt l’efcorte, qu’il
emporta à l’abordage après une médiocre réfiftance. Quelques
Armateurs de Dunkerque qui l’avoient fuivi, prirent quarante-
cinq gros navires 8c rançonnèrent les autres. Bart fit une expédition
fl hardie à la vue de treize gros vaiflèaux de guerre qui n’é-
toient qu’à trois lieues lorfqu’il commença le combat, 8c qu’à
deux portées de canon quand il le finit, ce qui l’obligea à mettre
le feu à quatre des vaiflèaux de guerre qu’il a voit pris : enfuite il
fit voile pour gagner le vent de cette efcadre.
49. Peu après-fe fit la paix générale, qui ne fut pas de longue
durée ; car la mort du Roi d’Efpagne, arrivée en 170 0 , ayant ap-
pellé le Duc d’Anjou à la fucceflion de tous fes Etats &. Royaumes
, cet événement mit en mouvement les Puiffances ennemies
de la France , pour s’oppofer àfonaggrandiflèment; ainfi de toutes
parts on fe difpofa à la guerre, qui commença en 17 0 1. Comme
il n’y avoit point à douter que Dunkerque ne devînt plus que
jamais l’objet delà jaloufiedes AngloisôC desHollandois, le Roi
fit conftruire un nouveau Risban qui fut appellé le fort Blanc,
placé à huit cens toifes de la ville, dans le deflèin de garantir la
place d’un bombardement vers la côte où eft le chemin de Nieu-
port, 8c pour prendre des revers fur l’accès des fronts qui font du
même côté, entre l’ouvrage à cornes 8c la mer, cette partie de
Dunkerque étant la plus fufceptible d’attaque, comme nous l’avons
dit ailleurs. D ’autre part le Roi ayant envoyé des ordres
dans les ports de France, d’armer les vaiflèaux de guerre, on travailla
aufli-tôt à Dunkerque à mettre en état l’efcadre que devoit
commander Jean Bart, à qui Sa Majefté avoit envoyé un fort
beau vaifleau de foixante-dix pièces de canon. Ce célébré officier,
ravi de monter ce vaifleau, le fit équiper avec tant d’activité,
qu’il fut furpris d’une pleuréfie dont il mourut le i j A v ril, âgé
de cinquante-deux ans, univerfellement regretté, Sc particulièrement
du R o i, qui en connoiflbit tout le mérite.
Ce fameux marin, qui a fait tant de bruit fur l’océan, étoit de
Dunkerque; fon pere, aufli homme de mer, lui fit apprendre le
même métier. Dès fa tendre jeuneflè il fut en Hollande ,[où il na-
vigea long-tems ; mais le Roi ayant déclaré la guerre à cette République
, le jeune Bart ne voulant point fervir contre fon Prince
& fa patrie, revint à Dunkerque, où il fit la courfe avec tant de
bravoure 8c de diftinètion, qu’on le fit Lieutenant d’une frégate,
gc quelque tems après Capitaine, Le bruit de fes belles aérions
CHÀP. I , SERVANT D’INTRODUCTION. 1 3
ayant attiré l’attention du R o i, il le fit Lieutenant de vaifleau en
a 678, Capitaine en 1689, lui donna des lettres de nobleflè en
16 9 4 , 8c le fit Chef d’efeadre du Nord en 1697.11 avoit beaucoup
de capacité , l’efprit net Sc folide, une valeur toujours égale ; il
étoit lobre, vigilant, aétif, intrépide, aufli prompt à prendre fon
parti, que de fang froid à donner fes ordres dans le combat, où
on l’a toujours vu avec cette préfence d’efprit fi néceflaire en pareil
cas. Modefle jufqu’à l’indifférence, dédaignant des louanges
autant qu’il les méritoit, 8c donnant par-là des preuves d’un ca-
raétere véritablement héroïque, il joignoit à une connoiflance
parfaite de fon métier , une maniéré fi éclatante de s’en acquitter,
qu’il n’a dû fon élévation qu’à fon mérite 8c à fa valeur, qualités
avec lefquelles on eft fur de captiver la fortune en France.
50. Quoique la mort de Jean Bart dût paroître aux ennemis
une perte irréparable pour la France, 8c qui fembloit devoir leur
promettre plus de tranquillité fur l’océan, ils ne tardèrent point à
s’appercevoir qu’il y reftoit encore de grands officiers de marine
aufli redoutables. En »703, M. de Saint-Paul, Capitaine de vaif-
feau, étant parti de Dunkerque le z z de Juin avec quatre navires,
fut brûler entièrement la flotte Hollandoife dans l’ifle d’Hittand ,
tandis que M .Bart fils, qui marchoit fur les traces- de fon illuftre
pere, brûla quarante vaiflèaux qui s’étoient rangés proche de
terre ; ce qu’il fit fous le feu de la moufqueteri-e des équipages,
qui s’étoient retranchés derrière des rochers.
Expédition
de M. de Saint-'
P a ul 6» de M•
Bart fils , qui
brâlent la
flotte Hollandoife
51. Les Dunkerquois faifoient journellement des prifes fur les
ennemis ,. 8c leur profpérité fembloit n’avoir point de bornes ,
Jorlque la joie qu’elle excitoit dans Dunkerque fut troublée en
1706, en apprenant la défaite de l’armée du Roi à la bataille de
Ramillies, 8c le défaftre dont elle fut fuivie. Comme alors on
paroiffoit plus occupé de ladéfenfive que de projets de conquêtes,
M.. de Vauban fit exécuter devant Dunkerque le camp retranché
dont il avoir formé le deflèin depuis long-tems, pour rendre
cette place inaccefîible aux ennemis.
5 z.Tandis qu’on travailloit à perfectionneree retranchement,
le Chevalier de Forbin , qui avoit fait la guerre avec Jean B a r t,
vint à Dunkerque pour y commander une efcadre de huit vaif-
feaux, avec laquelle il partit de la rade le z Juin. Le 6 il prit fix
vaiflèaux richement chargés. Le 7 il en prit encore un autre,
dans lequel il y avoit dix caillés remplies d’argent. Le z Octobre
à la pointe du jour il apperçut une flotte de foixante bâtimens , 8c
dans
l ’ifle d’Hit-
tand*
M. te Maréchal
de Vau-,
ban fa it exé—
cuter un campt
retranché devant
Dunkerque
y pour
mettre cette
place plus a
couvert. ,
M. le Chevallier
de B orbit#
part de Dunkerque
avec
une efcadre y,
fait fu r lesï
ennemis des