
Méthode de
M. Clement
pour déterminer
la hauteur
des portes
tournantes en-
chajfées.
P l a n c .
X X X III ,
Fig. i.
Dimenjiom
de la charpente
des venteaux
qui renfermaient
les
portes tournantes
de l*é-
clufe de Ber-
gues, tirées
d’un dejfein
numéroté par
M. Clement.
3 38 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I I , ^
d’occuper les gens du métier. Ceux qui font venus apres lui
n’ayant trouvé aucune inftru&ion fur les portes tournantes, 8c
les defleins qui s’en font confervés n’étant point venus a la con-
noiffance du plus grand nombre , il n’eft pas furprenant que
plufieurs aient été retenus de s’en fervir, de crainte de commettre
leur réputation. Delà vient que bien d’excellentes choies
tombent infeniiblement dans l’oubli, faute d etre écrites ; au
lieu que fi elles avoient été représentées fous les yeux de bons
efprits, auxquels il 11e faut qu’offrir des fujets de réflexion , ils
les euiïènt encore perfectionnées. Comme c’eft le principal del-
fein de mon ouvrage, c’eft aux perfonnes de ce caractère que
i’adrefïè ce qui fuit.
470. Nous avons d it, en plufieurs endroits de cee oùvrage,
qu’aux éclufes où il y avoit double paire de portes, on donnoit
à celles de flot trois pieds de hauteur de plus qu’a celles dhbes ;
d’où il fuit que les premières doivent avoir une entretoile de plus
qu’aux autres : tels font les venteaux que repréfente la troifieme
Figure de la Planche X IV , dont celui qui répond a la mer a lept
entretoifes, au lieu que l’autre côté du pays n en a que fix. D r,
comme c’eft toujours dans ces derniers que l’on pratique les
portes tournantes, il faut, en fuivant la méthode de M. Clement,
tracer une épure des mêmes venteaux, comme s’ils dévoient etre
employés pleins, & agir en conféquence pour les dimenfions de
la charpente félon la largeur de l’éclufe (375)- Enlmte on fup-
prime vers le bas deux des entretoifes intermédiaires a celles du
grand chaffis, afin d’en former un autre plus petit pour loger l a
porte tournante; ce qui s’entendra mieux en confidérant la première
Figure, tirée d’un defTein de M-Clement, pour les nouvelles
portes tournantes qu’il fit faire en 1 705 a 1 eclufe de Ber-
gués, dont le fuccès a parfaitement répondu a ce quon dévoie
attendre d’un auffi habile homme.
4 7 1. Comme cette éclufe avoit l â pieds de largeur, Ion en
donna 1 5 à celle de chaque venteau, qui avoient leurs poteaux
H G 8t 1K de 14 fur 1 6 pouces d’equarriffage, de même que les.
entretoifes H I , G K , L M , formant d’une part le grand chaffis
G H IK du venteau ; & de l’autre le petit G L M K de la porte
tournante A B C D , de 12 pieds 9 pouces de largeur, fur 9 pieds
4 pouces de hauteur. Ces entretoifes furent liées aux poteaux
par des équerres de fer doubles 6c {impies appliquées fur les
deux faces.. Pour la feule entretoife moyenne N O , qn ne
donna que 1 2. fur 1 4 pouces, afin.d’avoir égard à l’épaiffcur du
C h a p .T. D e t a i l d e l ’ a n c . é c l u s e d e G r a v e l in e s . 3 3 9
bordage P , terminé dans les feu.illures pratiquées aux entretoifes
H I , L M. Les bracons Q ont été faits de 8 fur 1 o pouces, plutôt
que de 6 fur 8 , félon la réglé de fa r t . 375, parce qu’ils avoient
plus à fouffrir qu’aux venteaux ordinaires.
A l’égard de la porte tournante, il eft aifé de concevoir par le
plan qui eft au-deffous, que fon chaffis fe loge dans les feuillures
pratiquées en fens contraire fur la moitié de la longueur des entretoifes
L M , G K , 6c le long des montans L G , M K , de maniéré
qu’étant fermée, elle foit emboitee avec toute 1 exactitude
qu’il eft poffible; ce qui demande beaucoup d’intelligence de la
part du maître Charpentier, principalement pour la pofition de
l ’arbre tournant, dont la crapaudine F eft encaftree dans 1 entretoife
d’en-bas, 6c fon collier E dans celle d en-haut, ce qui fait
P l a n c h .
XXXIII ,
Fig. 1.
qu’on ne peut loger cette porte dans fon chaffis que lorfqu’on
affemble toutes les pièces du venteau, ainfi ceft par elle qü il
faut commencer pour y afïujettir tout le refte. Quant a fa conf-
tru&ion, l’on voit qu’elle eft a fiez femblable a celle que renferme
la huitième Figure , avec cette différence quelle n’a point de
moifes en haut ni en bas, fa largeur ne comprenant que quatre
rangs d’entretoifes, dont les deux du milieu remplacent en quelque
forte celles qu’on a fupprimées dans le grand chaffis.^ Il y a
auffi une différence dans la pofition des guichets ménagés dans
le milieu de la hauteur de cette porte, pour avoir plus d aifance
à manoeuvrer les ventails qui en facilitent le mouvement.
472. Comme un valet eût été ici fort embarrafiànt, 1 arbre
tournant a été placé exactement dans le milieu de la porte ; par
conféquent le centre des deux guichets fe trouvoit a une egale
diftance de l’axe. Pour la maintenir fermée, il fuffifoit de îaifler
levé le ventail V répondant à la moitié A F qui fe portoit en
avant, 6c d’entretenir baiffée celle de l’autre X , jufquau moment
ou la mer étant retirée, on levoit celle ci plus que ne 1 etoit
Explication
du jeu de cette
porte.
la première : alors chaque porte tournante s’ouvroir, 6c 1 eau de
la retenue rempliffoit fa fonCfcion. Lorfque la mer en îemontant
avoit de nouveau t empli le canal a la hauteur qu on le jugeoet
’convenable, les éclufiers refermoient lesportçs tournantes, auffi-
bien que celles d’en-bas, afin que ces dernieres enarrêtaffent le
progrès; ce qu’elles faifoient prefque d’elles-mêmes auffi-tot
qu’on les avoit forties des enclaves, pour que le flux les poufsâc
contre leurs heurtoirs. A
Dimenjîon
particulière
47 3 . Toutes les entretoifes étoient taillées de meme que celles
que repréfente la neuvième Figure, 6c liées à l’arbre tournant par
* r V v ij