
viennent croi-
fe r devant
Dunkerque.
Jean Bart fait
des prifes con-
JîdJrables
q u i l conduit
dans le port,
quoique blo-
que.
JlElion brillante
de Jean
Bart p qui retire
des mains
de l ’ennemi
une flotte
chargée de bled
•venant de Suede
pour la
France,
Vaine tentative
des Anglois
6» des
Hollandois
pour mettre le
feu avec des
hrulots aux
forts & châteaux
qui défendaient
les
jèttées.
10 A rchitecture Hydraulique, Livre I , J:
efcadre confidérable croifer devant Dunkerque, pour en nupq-
fer aux vaideaux qui étoient prêts d en fortir, ÔC attendre 1 arrivée
de Jean Bart ; mais toutes leurs précautions furent inutiles ,
les vaiffeaux qui étoient à la rade, fortirent au premier vent favorable.
Peu après Jean Bart revint avec un grand nombre de
prifes, 8c entra triomphant dans le port à la vue des ennemis.
45. Quelques années enfuite, la cherte du bled étant devenue
exceffive en France, le Roi en fit acheter dans le Nord, ôc
ordonna à Bart d’aller chercher les-bâtimens qui le. tranfpor-
toient. Il fortit de Dunkerque avec fon efcadre, compofee de
fix vaiflfeaux’ de guerre ; mais l’impatience ayant fait partir de
Suedela flotte, compofée de cent voiles, plutôt quelle naurort
dû, fous l’efcorte de trois vaiiïèaux Suédois feulement, elle rut
rencontrée auprès du Texel par le Contre-Amiral de Frize, qui
commandoit une efcadre de huit vaiiïèaux de guerre, 8c qui s en
empara auffi-tôt. Le lendemain Jean Bart découvrit cette flotte ,
& Ait au défefpoir de la voir entre les mains des Hollandois. H
prit fur le champ la réfolution de les combattre, quoiqu’il leur
fût inférieur en nombre 6c en artillerie. Auffi-tôt qu’il eut donne
fes ordres, il attaqua le Contre-Amiral, de cinquante-huit canons
, s’en empara en moins d’une demi-heure. Le refte de Ion
efcadre fit la même manoeuvre, 6c enleva deux autres vaifleaux
de cinquante canons ; les cinq autres Hollandois qui reftoient
s’enfuirent à pleines voiles pour éviter l’abordage : apres quoi
Bart remmena la flotte Françoife à Dunkerque , avec les trois
vaiiïèaux de guerre Hollandois. Tant de fameux exploits 8c dé
fcrvices fi importais, engagèrent le Roi à lui donner des lettres
de nobleflè. _ _
4 6. Il y avoir long-tems que les Anglois, outres de voir un li
grand nombre de leurs navires enlevés par les Armateurs da
Dunkerque, cherchoient à s’en venger. Dans cette vue ils vinrent
le 20 Septembre 1694 le pofter dans la fofiè de Mardick avec
plus de foixante bâtimens, tant vaiiïèaux de guerre , frega es,
galiotes à bombes, barques infernales, que bâtimens chargés de
troupes. L ’Amiral Anglois fit fonder les environs de la rade ; mais
les chaloupes 6e les frégates qu.’il envoya furent fi maltraitées par
le canon de la citadelle, du Risban , 6c de deux frégates qui
étoient à la tête des jettées, que ceux qui avoient été détachés
furent obligés de fe retirer.
Le 2 2 l’Amiral Anglois voulut eflàyer de mettre le feu aux
forts qui foutenoient les jettées; il promit une récompenfe coiiû-
Chap. I , servant d’Introduction. 21
dérable au Capitaine de fes brûlots, s’il pouvoir réuffir. Pour cette
expédition trente-fix frégates, galiotes à bombes 8c barques infernales
fe placèrent dans la rade vis-à-vis le port. Vers les cinq
heures ils détachèrent une de ces barques, dans 1 efpérance de
ruiner le fort Vert ; mais un coup de canon parti de ce meme
fort y mit le feu avant qu’elle fût arrivée à l’endroit ou elle devoir
fe rendre, fans que fon effet causât aucun dommage. Un
moment après ils en détachèrent une autre vers le fort de Bonne-
Efpérance ; mais elle eut te même fort, ayant éclaté avec auffi
peu de fudcès que la première. Le 24 tes ennemis vinrent devant
la vilte'Vy refterent jufqu’au 26 ; 8c perdant toute efpérance de
pouvoir faire mieux, ils furent bombarder Calais.
47. Les Anglois 6c les Hollandois, inconfolables de ne pou- Umm
voir arrêter l’impétuofité des courfes des Dunkerquois, réfolu- H^ Uniois
rent une fécondé fois d’effàyer à en ruiner 1e port, 6c firent pour pour ruiner le
cela des préparatifs fi confidérables , qu’ils crurent pouvoir e n - P ^ O u n -
venir à bout Le 4 Août on vit paroitre une flotte de quattc-vmgt nepu-
voiles, qui vint encore mouiller à la foflè du vieux Mardick. f l M i
Le 5 elle fut renforcée de quatre vaiiïèaux Hollandois , aux- ^ . 0^ , ferlnc
quels fe joignirent plus de trente bâtimens, la plupart galiotes u Risban &
à bombes,. 6c le 8 la flotte fe trouva compofée de cent quatorze
voili s. IraBBBBKv . »7,*.—, • , l'accès
1 Le 1 1 tes ennemis, après avoir, fait bien des mouvemens, entrèrent
en rade vers tes fept heures du matin. Peu apres tes galiotes
à bombes commencèrent à tirer, ôc il partit de toutes parts
des brûlots pour détruire tes forts des jettees ; mais Jean Barc
8c M. de Sainte-Claire, qui étoient dans-c,es forts, en firenc
fervir l’artillerie avec tant de vivacité , q,ue ces brûlots échoue-
jent à une très-grande diftance. Quoique tes galiotes a bombes
euflènt tiré depuis huit heures du matin jufqu a ti ois heures api es .
midi fur les forts plus de douze cens bombes, fans compter les
carcaflès, il n’y en eut que quelques-unes qui tombèrent dans le
Risban, où 1c feul M. de Bardas, Capitaine au Régiment d’Hu-
mïeres, fut tué. Enfin tes ennemis voyant 1e peu de fruit qu ils
tiroient de cette vaine tentative, prirent 1e parti de fe retirer
vers tes fix heures du foir. „ ,, . ' ,, I
48. Dans ce tems là la Cour ordonna a Jean Bart d aller croifer
dans le Nord ; il fortit de la rade de Dunkerque la nuit du rica^ dc
1 2 Mai 1695 , leboute-feu à la main, étant obligé de traverfer Bart en a , , .
vingt deux navires Anglois qui étoient mouillés hors des bancs
pour lui barrer 1e paflàge. Après quelque tems de croifiere, il uollandoife