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forme le quoiqu’il eût depuis le départ du Duc d’Orléans, pouffé en deuîf
?é4É d’if - jours l’armée des ennemis, & pris la Ville de Fûmes le 6 Sep-
fiigerUun- tembre, ne pouvoit confentir àfe retirer fans avoir exécuté aupa-
tnmLFm- tavant quelque deffein, digne de fa réputation & de fa fortune ;
nés, pour fe mais voyant que les Efpagnols, ne vouloient point hafarder une
’é u t i m bataille ’ dont la perte auroit pû entraîner la ruine entière de la
l ’exécuter. Flandre, il prit la réfolution de faire le fiége de Dunkerque, fans
s’étonner du grand nombre d’obftaclesqu’ilavoità furmonter.
Après avoir mis Fûmes hors d’infulte, il en partit le 19 Sep-,
tembre, ôtprit aveefon armée la route de Dunkerque-. II diftribua
fes quartiers de façon que fi les ennemis vendent pour lui faire
lever le fiége, ils ne puffent nifecourir la Place, ni forcer le
Camp ; & qu’au contraire ils lui domiaffent lieu de commence»
Ion entreprife par le gain d’une bataille. L e lendemain on commença
la circonvalation, où toute l’armée fut employée; elle
étoit compofée feulement d’environ neuf mille hommes d’ infanterie
, 8c cinq mille chevaux.
pans quel 1 6 . C ’eft principalement àl’occafiondetout ce que M. lePrincà
les nouvel- ht exécuter pour parvenir a les fins, qun montra lextreme lu-
les fortifi- périorité de fon génie à la guerre, & combien il en fçavoit tiret
Dunkerque reff°utces dans les cas difficiles. L a conduite qu’il tint eft digne;
’lorfque le de la plus haute admiration, auffi ce fiége eft-il le plus fameux que
ftwe de Dunkerque eût jamais effuyé, en préfence d’une armée ennemie^’
formule qui avoit le plus grand intérêt, de fauver un Port auffi important
fiége. Har- pour l’Efpagne ; il étoit alors dans un état de défenfe bien au-defi
ficulté'de fus de celui qu’il avoit oppofé dans les guerres précédentes. L a
l ’entreprife vieille enceinte étoit enveloppée d’une nouvelle fortification,
digne de h compofée de onze Battions, comprenant un vafte terrain que
P r in c e ^ " l’on uommoit la nouvelle Ville. Un folié large & profond entou-
roit la Place ; tout le côté qui régné depuis le canal de Fûmes ÿ
jufqu’à la porte deNieuport, étoit encore défendu par trois demi-
lunes & par un petit ouvrage à cornes fitué en avant de cette;
porte, le tout enveloppé d’un bon chemin couvert, accompagné
/de places d’armes, parce que ce côté-là a toujours été le plus
acceffible de la Place à caufe du terrain qui en facilitoit l’accès
& de l’avantage que l’affiégeant pouvoit tirer de la fupériorité des
Dunes, au lieu que les autres étoientfort marécageux, ôc pou-
voientêtre inondés aifément.
“Eta idel 17- L a garnifon de Dunkerque étoit de deux mille fix cens
farnifon de hommes d’infanterie, & trois cens chevaux, avec un très-grand
Pmkerque, nombre d’Ofliciers, qui s’étoient volontairement rendus dans
la
C h a p . I , S e r v a n t D 'In t r o d u c t io n . 9
la place pour s’y diftinguer. Il y avoit de plus trois mille Bour- dfpofition
geois bien aguerris, 8c deux mille matelots, dont la bravoure P',ur ||wer-
■ dans les combats de mer faifoit méprifer tous les autres périls. tmneKée “■ tif
s . fortification, étoit d’ailleurs fournie d’une nombreufe artille- filution du
rie, 8c la place munie de ce qui étoit néceffaire à une longue c,l0lxJ ‘ s at~
défenfe, le tout dirigé par le Marquis de Lede, Gouverneur ,
Officier de grande réputation.
Le même jour que les retranchemens furent achevés, le Prince,
qui avoit bien reconnu la place, fit ouvrir la tranchée à
deux attaques; la première qui étoit la véritable, commandée
par les Maréchaux de Gaffion 8c de Rantzau, avo.it pour objet
le dernier baftion qui regarde la m er, au front de Nieuport; la
fécondé chemina vers un autre ouvrage à cornes, qui étoit fitué
à l’endroit où a été confirait depuis la citadelle.
18. -Je n’entrerai point dans le détail de toutes les aébionsglo- Valeur de
rieufes qui fe font paffees à ce fiége, jamais il ne s’eft vu tant de gamifon
bravoure de la part des affiégeans 8e des affiégés, chaque jour d£ " ji
étoit marqué par des combats éclatans, avec une émulation réci- vrages.
proque. Le terrein y étoit difputé de façon qu’après bien du fang
répandu pour établir des logemens, ils étoient culbutés immédiatement,
enfuite les portes pris 8c repris plufieurs fois; 8e lorf-
qu’enfin l’on étoit parvenu à s’y fixer, les affiégés étoient étonnés
de trouver de nouveaux retranchemens, élevés avec une
promptitude furprenante ; à ceux-là en fuccédoient d’autres,
défendus avec la même chaleur.
Ils étoient difpofés avec tant d’art, que lorfqu’on en avoit
forcé un, &c qu’on vouloit s’y loger, il partoit un plus grand feu
des ouvrages intérieurs, qu’on n’en avoit effuyé de la part de ceux
qui les avoient précédés.
19. Tandis que les attaques fe poufloient avec beaucoup de VamUedes
vigueur, l’armée des ennemis s’étoit raflemblée près de Nieuport ; / ‘
jufques-là, les Généraux Efpagnols avoient perdu beaucoup de Nieuport,
tems en délibération fur le parti qu’il y avoit à prendre pour fau- P™ r. alle^ e~
ver Dunkerque, Le Prince avoit fu profiter fi heureufement de p!rque t mais
cette lenteur, que lorfque les ennemis furent fur le point de fe f i s Généraux
mettre en mouvement pour faire lever le fiége, ils apprirent par *‘ris
leurs efpions 8c les prifonniers François, que l’armée affiégeante avoir appris
étoit retranchée de façon qu’il Y auroit eu de la témérité à vou- la f ° rc‘ des
I • r 1 i* ■ a • V* 1 • 1» / T>r 1 a retranchemens lou* en forcer les lignes. Ainli, quoique 1 armee iupagnole montât des ajfiégeans.
à douze mille hommes; ils ne fe crurent point affez forts pour faire
réuffir cette entreprife, dont la multitude feule eût pu venir à bout
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