
P l a n c .
XLIV.
Dimenfeonde
la charpente
des mêmes
portes tournantes.
P l a n c .
XXXVI,
Fig. i & z.
P l a n c .
xxxiv 8c
XXXYI.
341 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I I ,
toutentiers; maison en pourra juger en confidérant l’élévation
d’un des bajoyers duperie paflàgedel’éelufe deMardick, compris
fur la Planche X L lV , où l’on voit une des portes tournantes
, tirée, comme je l’ai die, de l’éclufe de Bergues , qui
avoit auflî de pareils chaperons). Dans la première Figure ces
écharpes cmbraflent l’entretoife de part 8c d’autre du tourillon
de l’arbre tournant, comme il convient que cela foit 3 au lieu que
dans la fécondé c’eft par un mal entendu, fi elles ne font pas fi-
tuées de même. Au relie, pour ne rien laifîèr à délirer fur ce qui
compofoit ces portes, voici les dimenfions de leur charpente.
476. Les poteaux tourillons 8c bufqués avoient 1 6 fur 18 pouces
d’équarriflage 3 les entretoifes M 6c 1, 30 fur 2 1 , leurs extrémités
réduites à 1 6 d’épaifïèur, pour affleurer celles des poteaux
précédens, le feul milieu ayant 30 pouces pour loger les tourillons
haut 8c bas de l’arbre tournant. La troifieme L n’en avoit
que 1 6 fur zz , le chaperon a b 24 fur 30 au gros bout, fervant
de contre-poids. A l’égard des bracons K répondant au grand
chaffis, ils avoient 13 fur 1 6 pouces.
L ’arbre de la porte tournante avoit 10 fur 23 pouces de
groflèur, accolé en haut 8c en bas par des doubles moifes g h , k l ,
chacune de 21 fur 1 6 pouces de groflèur , réduite à 12 d’épaif-
feur vers leurs extrémités, dont la liaifon avec les poteaux bat-
tans g m k , qui avoient 14 fur 1 6 pouces, elt exprimée en grand
par la Figure 2 , où l’on remarque aufli les mortoifes n pour les
potelets d’un guichet, la pofition du vcntail y , la feuillure t du
bordage, 8c la maniéré dont cette porte eft emboîtée avec le
poteau bufqué e f .
Les entretoiles / avoient 14 fur 12 pouces, les bracons m 10
fur 12 , de même que les potelets n , 8c les couliflès o 4 fur 6
pouces ; le tout recouvert d’un bordage de deux pouces 8c demi
d’épaillèur, calfaté de deux étoupes , brayé 8c goudronné avec
le même foin que pour les vailfeaux. L ’aflèmblage des principales
pièces de cette charpente étoit fortifié par des équerres, étriers 8c
platebandes de fer attachées folidement des deux côtés. Toutes
ces ferrures étoient d’une force proportionnée à la grandeur des
venteaux, félon les articles 3 8 S, 3898c 390, auxquels je renvoie,
de crainte de fatiguer par trop de détails. J ’ajouterai feulement
que pour bien juger de la maniéré dont doit être taillé l’arbre
tournant pour recevoir les moifes, ainfi que les tenons des entretoifes
ôc bracons, il faut le confidérer repréfenté en grand 8c vu
de deux fens différens fur la PI. X X X V I > ô£ examiner la rela-
Chap. I. Detail de l’anc. écluse de G ravelines. 343
tion qu’ont les lettres qui l’accompagnent, avec leurs femblables
marquées fur la fécondé Figure de la Planche XXXIV.
4 7 7 . Malgré de fi juftes mefures de la part des Ingénieurs qui
ont fait conftruire ces portes, pour les affiner contre tout accident
, croiroit-on que par la faute d un miferable eclu.fier qui etoit
Accident
arrivé à une
des portes
tournantes de
Veclufe de
Mardick, par
la faute d’un
éclufier pris
de vin*
ivre, ils ont eu la mortification d’en voir brifer une en leur pré-
fence, dans l’occafion du monde la plus défagréable? Il y avoir
près de deux ans quelles manoeuvroient de maniéré à attirer la
curiofité des étrangers, lorfqu en 1 7 1 6 M. le Maréchal d Asfeld,
qui venoit d’être fait Directeur general des Fortifications de
France, fe rendit à Dunkerque dans la première tournée qu il fit
en Flandres. Comme alors toute l’Europe étoit remplie de ce
qui fe publioit de merveilleux fur le canal 8c 1 eclufe de Mardick,
le premier foin du nouveau Diredeur fut d’aller en juger par lui-
meme. S’étant tranfporte au pied de 1 eclufe, accompagné des
perfonnesles plus diftinguees du pays, pour voir ie jeu des portes
tournantes, un des éclufiers qui avoit trop dejeune, voulant
faire mal à propos le bon v a le t, tourna avec tant de vitefle la
manivelle du cric répondant a un des ventails , que 1 équilibré
étant rompu trop fubitement, une des portes s ouvrit avec une fi
grande violence, qu’elle força tout ce qui en bornoit le chemin
ordinaire, brifa fon chaffis, 8c fut entraînée par la précipitation
de Peau, avec tout le fracas qu’on peur s’imaginer : trifte exemple,
qui montre bien avec quelle fageflè ces fortes de portes doivent
être manoeuvrées. Cet accident, qui fit beaucoup de bruit,,
peut bien, comme je l’ai dit article 469, avoir un peu decredite
les portes tournantes 3 mais fort injuftement, puifque jamais ce
malheur n’eft arrivé à l’éclufe de Bergues. Il eft vrai qu’on pou-
voit reprocher à celles de Mardick d’avoir été faites un peu trop
larges, par conféquent de leur avoir donne trop de bras de levier,
au lieu que les précédentes étoient mieux proportionnées..
Car il n’y avoit point de néceffité,de leur faire occuper le grand
intervalle qui fe trouvoit entre les poteaux e f g h , que l’on peut
rétrécir par deux monta ns d’appui, lorfque les venteaux ont autant
de portée qu’ici 3 ou bien loger dans le même intervalle des
Defcnpiïcri
des portes
tournantes-
couplées.
P l a n c .
X X X V ,
Fig-1 & 3...
portes tournantes couplées, dont on fentira bien mieux 1 effet
après la defeription qu’en voici.
478. On jugera aiiémcnt de la méchanique de ces fortes de
portes, en confidérant le plan 8c les profils qui les îeprelentent
en grand fur la PL X X X V , où l’on remarquera que chacune
d’elles exprimée par B C , peut tourner fur fon arbre A , comme