
L a mécanique
du valet d’une
porte tournante
Çe réduit
à celle d’un
levier du fé cond
genre.
P l a n c .
X X X I I I ,
Fig- 5 »
8c 8.
Remarque
fu r les points
d ’appui d’ une
3 3 6 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I I ,
tournantes ifolées, parce qu elle eft affujettie à la plus grande
hauteur de l’eau qu’elles auront à foutenir, qui étant connue il
faudra y ajouter z ou 3 pieds pour foutenir l’agitation de la furface.
.
467. Pour expliquer la mécanique du valet des portes tournantes",
il faut le regarder comme un levier du fécond genre ,
ayant fon point d’appui dans 1 axe de 1 arbre A B , la puiflance
appliquée a l’extrémité C , t e le poids ou l’effort qu’elle foutient,
dans la verticale I L , que je fuppofe repondre vers la moitié de
la largeur du poteau battant ; ainfi le bras de levier du poids fera
exprimé par la perpendiculaire H I , partant de l’axe AB_, 6c
celui de la puiffance, par l’autre perpendiculaire H C , félon
l ’article 59 de la première partie de cet ouvrage. Le poids fera
donc à la puiffance, comme H C eft à H I , ou comme 13 eft a
13 parce qu’ici la perpendiculaire HC eft de 6 pieds 6 pouces,
& l’autre H I , de 6 pouces feulement; ce qui montre que la
puiffance n’eft quc la treizième partie de la pouffée de l’eau que
foutient l’arbre du valet.
Pour favoir quelle eft cette pouffée, il eft certain qu elle ne
peut être que la moitié de celle qui naît de la différence des deux
côtés X Y ô c Y Z , puifque réunie au centre de force Q , milieu
de la largeur X Y , elle a pour point d’ appui l’arbre tournant
d’une part, 6e celui du valet de 1 autre. ^
Le rapport des deux côtés de la porte devant être celui de
53 à 49 pour que l’adion de l’eau fur le grand’ côté foit d’un
fixieme fupérieure à celle qui agit fur le petit, (464) il fuit que
le premier fera plus chargé que le fécond d’environ la douzième
partie de la charge que foutiendra ce dernier, ou des ^ de la
pouffée totale , dont la moitié eft ^ pour la charge du v a le t,
ainfi la treizième partie de cette quantité exprimera la puiffance
appliquée au crochet C.
Prenant toujours pour exemple la porte tournante de Gravelines,
qui eft de 17 pieds de ‘.largeur, que je fuppofe encore
foutenir 10 pieds de hauteur d’eau, dont la pouffée eftde 59500
livres, (378) la divifant par 5 1 , le quotient donnera 1 1 6 6 lir.
pour la charge du valet, dont la treizième partie fera à peu près
89 livres, pour l’expreffion de la puiffance qui retient le même
valet appliqué contre la porte.
4 68. Pour peu qu’on examine cette porte, on appercevra
que les points d’appui de l’arbre tournant foutiennent prefque
toujours feuls tout le poids de la charge de 1 eau, 6c qu il n y a
que
C h a p . I. D e t a i l d e l ’a n c . é c l u s e d e G r a v e l in e s . 337
que lorfqu’un des deux guichets eft ouvert, que le poteau battant porte tour-
répondant a l autre s appuie contre fa feuillure , mais quand ils dip rens ca.
font tous deux fermés, l’un & l’autre poteau ne peu vent etre ap- ou elle peut
puyés qu’autant que le valet contraint celui qui eft adjacent au f e trouver. .
petit côté, de fe coller contre fa feuillure. Alors la porte ayant P l a n c .
deux points d’appui ùppofés à la charge , 1 arbre tournant fe X X X I I I .
trouve extrêmement foulagé, 8c ne tient lieu que d un troifieme
appui. C ’eft à quoi il convient de faire attention pour le ménagement
de la porte ; mais au moment qu’on viendra a replier le
valet, l’arbre tournant foutiendra feul toute la charge, qui ira a
la vérité en décroiffant à mefure que la porte en tournant approchera
d’être parallèle aux bajoyers, fans qu il arrive aucun changement
au rapport de l’aétion de l’eau contre fes c o t e s S c y x ,
qui fé réduiront à n’avoir pour largeur refpeétive que éy 6c x a ,
qui donneront toujours y \ , y x x a , a caufe dès triangles
femblablcsy £7 S c y a x . *il
S E C T I O N I V .
Des portes tournantes enchajfées & des autres couplées.
469. i p \ E toutes les éclufes exécutées pour approfondir les Difioursfur
ports, il n’y en a point eu qui ait mieux rempli fa
deftination que celle qu’on voyoit autrefois fur le canal de Ber- c/uffees, prin-
gues à Dunkerque, par le merveilleux effet des portes tournantes
que le célébré M. Clement y avoit fait faire, ayant dans l’efpace clllp Ber-
de dix ans creufé de quinze pieds le port 8c le chénal de plus pues.
qu’ils n’étoient auparavant. Fondé fur un exemple aufli frappant,
il eft naturel de commencer par la defeription de ces fameufes
portes qui étoient regardées comme le chef-d’oeuvre de l’art. Si
l’on n’en a pas fait ulage dans ces derniers tems aux endroits
où elles auroient convenu, l’on a lieu de croire que ceft la
crainte de ne pas réuflir, ou qu’on s’eft peut-etre laiffé prévenir
par l’accident arrivé à une de celles de Mardick , fans entrer
dans la caufe qui l’avoit occafionné. C ar, comme ces portes
demandent beaucoup d’exaûitudepour être bien faites, elles ne
font pas dans le cas des Amples venteaux, pouriefquels on peut
s’en rapporter à l’habileté d’un maître Charpentier ; au lieu que
M. Clement s’en étoit fait une étude particulière, entendant
mieux que perfonne la méchanique de ,1a charpente , fi digne
Part. I L Tome I . V v