
3 6 1 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l i q u e , L i v r e I I ,
plus parfaites; je rapporterai ici à la lettre les remarques d’ut*
des habiles Ingénieurs employés aux travaux du canal de Mar-
d ick , fur les défauts de fon éclufe. Quoiqu'il fuc un de ceux qut
ont eu le plus de part à ce grand ouvrage, fon amour pour la vérité
ne lui a pas permis de diflimuler les fautes qu’on y a faites.
« Lespremieres traverfines n’auroient dû excéder le derrière
» de la maçonnerie que d’un pied.
» Les deuxiemes traverfines n’auroient dû être mifesque fous-
» les palïages des éclufes feulement, 6c n’entrer que de deux
>> pieds à droite êc à gauche fous la pile 8c les bajoyers, ôc nom
« îous toute i’épaiflèur de la maçonnerie.
» Les bufes ne font pas. d’équerre avec la ligne dm milieu de
» l’éclufe; c’eft ce qui a donné lieu aux embranchemens d’être
« biais, ôc que celui de Mardick n’a que 4 pouces de retraite
»fur le devant de la première ventriere despalplanches..
» Il y a un mauvais tracé dans la ligne du milieu de la pile, en
» forte que le centre de l’arrondillèment fe trouve de cote.
» Dans le deuxieme plancher, les bordages font tous d ine-
» gale épaiflèur, enforte que le redoublement qui prenoit plein
» fur joint s’eft pofé affez mal.
» Les petits contreforts entre ceux des culées êc celui du pont
x tournant font inutiles, auffi bien que ceux des angles.
»Les contreforts du pont tournant auroient dû être ronds,,
» qui eft l’objet pour lequel ils font faits „ ôc non en droite ligne,,
» ce qui auroit épargné de la maçonnerie.
» La retraite, qui eft de 9 pieds tout d’un coup au bajoyer de
» l’eft, auroit dû être faite de trois pieds en trois pieds.
» L ’épaüTeur des embranchemens eft beaucoup trop grande,,.
» étant de 1 1 pieds 9 pouces, en ce qu’ils n’ont rien à fourenir „
» les terres pouffant également les deux côtés ; ils ne font faits
» que pour empêcher les courants d’eau qui voudroient prendre-
»derrière l'es bajoyers; cette épaiffeureft d’autant plus grande
» que les revêtemens des corps de place de 30 pieds de hauteur
» n’ont pas 1 1 pieds par le bas.
» Lefdits embranchemens auroient dû être faits fuivant l’ali—
»gnement des quais de charpente ;, ôc fi l’on comparoir la dé-
»penfe de ces embranchemens 6c des quais de charpente , avec
» celle qu’auroient coûté desembranchemens de maçonnerie qui
nu n’auroient pas eu plus de 1 1 pieds par le bas, leur donnant le
» ta lud ordinaire de la maçonnerie, la dépenfe auroit été au
»moins égale.
C h a e III. D e s c r i p t i o n d u c a n a l d e M a r d i c k . 3^3
»Lefdits embranchemens, étant enfermés dans les terres,
» n ’auroient pas dû avoir le parement de pierres de taille comme
» on y en a fait. , . r ,, , , 1 Les contreforts des culées font trop grands jufqu à la hauteur
„d e 15 pieds, au bajoyer d’e ft, ôc à 17 pieds au bajoyer d oueft, H les ayant retranchés de fix pieds; cette grande epaiffeur de ma-
„ çonnerie n’eft donnée que pour les tirans des colliers .afin que
„prenant de plus loin, il puifTe y avoir plus de clefs enferx
mées dans la maçonnerie. , — , •
» Il n’y a pas affez de charge de maçonnerie au-deffus des tl-
» rans des colliers, n’y en ayant que 14 a 15 pouces. I |
„ Il n’y a pas de raifon pour qu’un contrefort des culees a un
„ bajoyer fe trouve plus large que l’autre, ôc l’on ne fait pas de
„ retraite lorfqu’on s’apperçoit de cette faute, ÔC que pour gar-
» der la fymmétrie on la reporte au contrefort vis-a-vis de 1 au-
>3 tre bajoyer. , i l
„O n n’a pas fait l’encaftrement des portes tournantes, tant
„ au grand qu’au petit paffage, affez profond, enforte que let-
» dites portes au grand paffage faillent près de 15 a 16 pouces
.3 enfemble, ce qui fait que le paffage de 44 pieds fe trouve réduit
» à 4 i pieds 8 pouces ; celles du petit paffage aux portes tournan-
» tes ôc celles contre la mer faillent de 8 pouces enfemble, en-
33 forte que ledit paffage fe trouve réduit à 2.5 pieds 4 pouces.
3, On a fait quantité de reffauts aux routes des affifes de pier-
» res de taille, ôc leur niveau n’y a pas été bienobfervé ; ce dé-
» faut regarde principalement la beaute du coup d oeil.
.. Le peu de longueur ôc de largeur de déblai que 1 on a fait a
,, cette éclufe a caufé beaucoup de difficultés, de retardemens Ôc
>3 de dépenfe, à caufe des fables qui retomboient toujours dans
» la fondation, dont ils retardoient l’écoulement des eaux.
„ L e s longrines des avant-radiers auroient du aboutir lur
»une deuxieme ventriere aux premières files des palplanches,
3s tant à l’entrée qu’à la fortie de 1 éclufe. •
„ Entre les pilots de face aux quais de charpente , on auroit
| dû garnir cet intervalle de petits pilots , n y ayant^que de la
„ terre graffe ÔC des pierres; les fafcines ne pouvant y etre mifes
„ On n’a pas tune"les fafcines de l’avant radier a la fortie de
» l’éclufe; les colliers du grand paffage ne font pas de niveau ,
„ il y en a quelques uns que le haut de l’équerre touche au co.-
w lier &c non au talon. 1 ,, . . /m
3, Les deuxiemes chevilles de la première Ôc de la huitième file
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