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croître leurs avantages ; ainfi il n’eft pas furprenant qu’à forcé dd
s’y être appliqués , les peuples des Pays-Bas ayent faits des progrès
dans l’Architeôlure Hydraulique,
^Ttfcen 3- Les François s’étant rendus puiffans dans la Gaule Belgique
r S “ d’oùilschafferentles Romains versl’an di 8 , Clotaire fécond ^
de Clotaire établit de grands Officiers, qui furent nommés Foreftiers , à qui
F r im e , * d donna beaucoup d’autorité pour exercer la Police. Celui de ces
vers l’an Foreftiers qui eut le premier le Gouvernement de la Flandre fut
<ll8‘ un nommé Lideric Bufeau , qui s’y rendit fort célébré , tandis
■ que de zélés ferviteurs de Dieu, travailloient a y inftruire les peuples
des vérités Évangéliques, & à détruire ce qui reftoit du Pa-
ganifme.
Origine 4- Saint Eloy Evêque de Noyotl, ayant été nommé Légat
du nom. de Apoftolique en France & en Flandres, vifita les cotes de la Mer,
occârionnée & s’arrêta au pied des Dunes où eft fitué Dunkerque, y fit bâtir
paria mif- uneEglife dont on voyoit encore des veftigesil n’y a pas long-
jîon Evan- tems ; c’efl cette Eglife qui a fait donner au lieu où elle étoit pla-
^t'enFlm- cée le nom de Dunkerque, compofé de ces deux mots Dune-Ker-,
dresS. Eloy que, qui veut dire en langue Teutonique, d’où laFlamande dé^
de m e , Eglife des Dunes.
Depuis la fondation de cette Eglife, fréquentée par tous les
peuples voifins, jufqu’au milieu du neuvième fiécle , la Flandre
fut toujours gouvernée par des Foreftiers; ce n’a été quen lan
863 que Charles le Chauve, l’érigea en Comté ôc la donna en
Souveraineté à Baudoüin fon gendre, qui en fut le premier Comtek
fous la protection ôc hommage de la France : ainfi les habitans
de Dunkerque , qui étoient alors en très-grand nombre, obéirent
à ce Comte ôc à les fiicceffeurs.
Baudouin y. Baudoüin I II . arriéré petit-Fils du premier, fit entourer d u-
ne bonne muraille la greffe habitation qui s’étoit formée a Dun-
fait entm- kerque , qui commença dès-lors à être regardée comme un bon
rer de mu- Port, fàvorifé par l’embouchure de plufieurs ruiffeaux d’eau dou-
Utation^üi ceJ qu* s’y rendoient des Campagnes voifines, ôcquifont deve-
a formé nus depuis les magnifiques canaux qui ont donné lieu à l’écoule-
Dunkerque. (Jes eaux du pays , & au grand commerce de cette Ville.
Les D m - 6 . Les Dunkerquois nés laborieux, s’appliquèrent a la Marine
fuPCPS > dônn5 rent à leur Ville un air de fplendeur en y ba-
â {a Mari- tiffant de beaux édifices , & en travaillant à rendre fon Port comme,
vangent mode, de forte qu’en 1 17 0 , il étoit en état de contenir plufieurs
f ê t e aüUre Vaiffeaux de guerre , il s’y en conftruifoit même de très-bons,
'Çorne Phi- qui mettoient fes habitans en état de faire des yoyages de longoeoùfs.
Cependant leur commerce fut troublé pendant quelques UppeleVer*
années par des Pirates qui infeftoient les Mers de Flandre ; cé-
toit la plus-part des Gentilshommes de Normandie , qui ne laifi min, qui les
foient guere paffer de Vaiffeaux de Dunkerque fans les attaquer;
ils eurent même l’audace d’arrêter ceux qui portoient en Flandre Fgnifyues
une Princeffe dePortugal, accordée au Comte Philippes de Ver- privilèges.-
(nandois, la dépouillèrent, & la traitèrent avec beaucoup d’indignité.
Ce Comte dans le deffein de fe venger fit faire à Dunkerque
un gros armement qu’il envoya en courfe fur eux. Cette Flore
les attaqua, les prit & les amena à Philippes , qui les punit
tous de mort. La défaite entière de ces Pirates par la valeur ôc le
zélé des Dunkerquois, donna une fi grande fatisfaction a leur
Souverain, qu’il leur accorda de magnifiques privilèges, ôc n’épar^
gna rien pour exciter leur émulation.
7. Il faudroit une Hiftoire particulière pour décrire comment
Dunkerque a fouvent changé de Seigneurs, comme cette Ville Souverains
’échut en partage àRobert de Caffel, comme elle paffa a Robert
Duc de Bar, qui la mit enfuite danslamaifon de Saint Paul, d où j,erîije a ■ '
elle paffa dans celle deVendôme ôc de Bourbon, ôc comme elle avant que
tomba en la puiffance des Efpagnols. Il feroit même intéreffant
Rapprendre fèsdiverfes infortunes, comme elle a été faccagée, pdgne. "*
' détruite, ôc relevée de fes malheurs parla confiance ôc la bravoure
de fes habitans, qui ont fourni les plus grands hommes de Mer.
Mais ce feroit trop entreprendre, ôc m’écarter de mon deffein ,
c eft pourquoi je pafferai fous filence tous ces événemens, pour ne
confiderer Dunkerque que dans l’état floriffant où cette Ville eft
parvenue fous le régné de Louis le Grand.
8. En 15 y 8 , le Duc de Guife, Général des troupesFrançoifes,
ayant repris Calais que les Anglois poffédoient depuis long-tems, mentSge
& la France étant auffi en guerre avec l’Efpagne, le Maréchal de D r r iM
Thermes, vintaffiéger Dunkerque, qu’il prit d’affaut apres peu YoÙrêtaÛif-
de jours de tranchée ouverte ; cette Place fut faccagée ôc entie- f emçnt par
tentent ruinée. Etant rentrée peu de tems après en la poffeffion
des Efpagnols, Philippe IL touché de fon trifte fort, facilita aux gne_
habitans les moyens de fe relever de leur défaftre; favorifee par
la paix qui fe fit au Château - Cambrefis , au bout de quelques
années , cette Place fe trouva plus belle que jamais. _ Entrepris
ÿ . Les profits. confidérables que les courfes procuroient aux jpsdesHol-
Dunkerqùois, engagèa quelques-uns des plus confidérables d equi- Imdoufw
per des Vaiffèaux qui caùferent un fi grand- préjudice aux Hollan-
dois, qu’ils réfolurent de s’en yenger. Ils armèrent leurs meilleurs ti les par %
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