
la France &
V Angleterre j
teffaùon d'ar-
mès en confer
en c e le 4
Ju in 17 i l .
Efiimatïon
des prifes que
les Dunker-
quois ont faites
dans le
cours de la
guerre de
1700.
Néceffité de s
forts & ctiâ
teaux conf
truï’s à Dunkerque
pour
en couvrir le
port*
Les Angloîs
prennent pi J
feffion des
ville- <S> citadelle
de Dunkerque
, ain.fi
que du fort ,
Louis.
forcer de s’en rapporter à elle pour la décifion de leurs interets
communs, continua de négocier avec la France. Les Plénipotentiaires
de ces deux couronnes dreffbient un pian de paix generale,
tandis que les'Sécretaires d’Etat traitoient immédiatement
d’une fufpeniion d’armes. On exigea de la France, qu’elle remet-
troit Dunkerque entre les mains des Angloîs, pour les convaincre,
eux 6c leurs alliés, des difpofitions finceres ou étoit le Roi
de fatisfaire à tous les engagemens qu’il avoir pris pour la lurete
SC la tranquillité de l’Europe On promit de la part de là Reine,
que le Duc d’Ormond fe retireroic avec les troupes Angloiles
& tous les étrangers à la folde d’Angleterre, qui voudroient
l ’accompagner; ce qui arriva effectivement le 17 Juin 1 7 1 1 »
après la cefTation d’armes publiée le 4 ,entre ces deux Puiflances.
a i . L a n o u v e lle d e la d ém o l i t io n de D u n k e r q u e , rut un cou p
de foudre pour les habitans de cette v ille , facrifiee a les ennemis,
qui avoient faifi l’occafion de fe venger par Ion entière
deftruétion de toutes les pertes quelle leur avoir caufëes ; quoique
ce reflTentiment fût v if, il paroifloit bien excufable. Cette
place étoit devenue la terreur des Puiflances maritimes ; -pans
le cours de 1 1 ans que la .guerre a duré avec les^ Anglois, les
Dunkerquois ont fait 1 6 4 prifes, qui ont monté a plus de 30
millions s00 mille livres, fans compter la valeur des banmens
que fis A rm a t e u r s ont vendus en France & ien Efpagne.
9 ■ . C ’cftau.Ti pour faire fentir toute l’importance de Dunkerque
, que j’ai cru devoir rapporter les aftions de mer tes plus
m morablcs, que l’h.ureufc polition de cette place a occakon-
nées, SC mettre dans fou jour la valeur & le mérite de feshabi-.
tans. 11 n’étoit pas moins convenable de parler auffi des diIle-
rentes tentatives que les ennemis ont faites pour bombarder
Dunkerque , afin de montrer la néceffité des forts qui en deten-
doient la rade, fans lcfqüels cette place fi jaloufée, n’auroit
jamais joui d’aucun repos. ^ . , ,
9?. En conféqucnce du neuvième article du traité entre la
France 6c l’Angleterre , M. le Blanc, alors Intendant de Flandres
, du côté de la mer, fe rendit à Dunkerque, pour régler
avec M. le Comte de Lomond, Gouverneur, tout ce qu il fal-
Ioit pour livrer la ville aux Anglois, lorfqu’ils fe préfenteroient.-
Le 1 8 du mois de Juillet, on vit paroître leur flotte compofée de
1 1 vaifleaux de guerre 8t de 20 bâtimensdé tranfport, commandés
par l’Amiral L-cak ; 8c le 19, vers les 1 o heures du matin , M,
Hill> à qui la Reine d’Angleterre avoit donné le Gouverne-
Chaf- IL Description de Dunkerque. 45
ment de Dunkerque, vint à terre, fuivi de 6722 hommes qui
prirent poffeflion des portes de la ville, delà citadelle, des forts
de la mer & du fort Louis. . . . .
94. Vers les fix heures du foir, le Comte de Lomond lortit de
la vilie pour fe rendre à Bergües avec fa garnifon, fuivi de celles
de la citadelle & des forts, accompagnés des Etats-Majors ; la
place fut nfife ainfi en la polTeflion des Anglois, jufqu’à ce que
les Etats-Généraux eufïènt donné au Roi un équivalent pour fa
démolition. ^
Pendant que ces ehofes fepaffoient a Dunkerque, les Allies les [ffi-j»
n’entreprirent pas moins le fiege du Quenoy , qui fe rendit le Fan.
14 Juillet; après quoi le Prince Eugene voulant faire celui de j r,cy , font
Landrecy ;.inveftit cette place le 17 du même mois; mais ce
fié?c ne dura pas long- teros, car ce General fe vie contraint çoife, aban-
de le lever , prefque aulfi-tôt qu’il l’eut entreprit. ^ “dïnt
-L’importance.de cette place ayant engagé les Maréchaux de ^ oua‘P
Villars 6c de Montefquiou d’attaquer les ennemis, ils condui- Quenoy, £■
firent fi bien leurs deflfeins, que les aff aires changèrent tout-à- B ou d ât,.
coup de face. Ils commencèrent par l’attaque du camp que les
Alliés'occupoient a Denain, qui maigre'liés retranchemens fut
emporté ; les 17 bataillons qui les défendoient, noyés ou faits
prifonniers, St un convoi de plus de 500 chariots, avec une
nombreufe artillerie , enlevée par l’armée Francoife. Cette victoire
fut fuivie de la prife de Marchienne, ou il fe fit encore un
■ grand nombre de prifonniers. Les Allies perdirent en cette oc-
cafion plus de 7000 hommes, 400 Officiers, ôc a Marchienne
une fi grande quantité de canons, de munitions de guerre 8C
de bouche, qu’ils furent contraints d’abandonner Landrecy. M.
le Maréchal de Villars, a£tif à profiter de fes avantages , piit
dans la même campagne, Douay , le Quenoy 6c Bouchain.
9 5. La victoire que la France remporta à Denain, 8c la con- Jfp e n t ie 'ü
quête des places dont elle fut fuivie, ayant mis une partie de fes Franc^ & les
ennemis dans la néceffité de fe relâcher de leurs prétentions , Alliés,excep-
joint aux favorables difpofitions de la Reine dAngleterre, la ||Jp
paix entre laFrance 8c cette Couronne fut fignee a Utrecht le u fit que
1 1 Avril 17 13 . Les Miniftres de Savoye, de Portugal, de Prufle, /“'*
6c ceux des Provinces-Unies, lignèrent auffi la leur le 1 2. Il n y w '“ -
eut que le Comte de Sinzindorf, Miniftre de l’Empereur, qui
n’ayant pu convenir d’aucun accommodement, partit le 15 pour
la Cour de Vienne; ce qui obligea le Roi d’envoyer deux armées
vers les frontières de l’Empire, fous le commandement des Ma-
F ij