
39,8 Architecture Hydraulique, Livre II,
Px LVI du ^ens convenable, la lanterne force le rouet, par confequctu
la vis, de tourner aulîî ; alors l’écrou 6c la vanne font contraints
de monter. Pour les faire defcendre, on voit qu’il fitffit de donner
à la roue un mouyement contraire au précédent., ôc que ce
que nous venons de dire pour une des vannes doit s’entendre de
même de l’autre, chacune ayant fon équipage particulier placé
des deux côtés du chaffis DIKD qui les fépare, Pour mieux dit
tînguer ces deux équipages, on fera attention que les parties dç
l’un font délignées par les lettres V,T, S, Y X, NO, QR,
ôc celles de l’autre parles femblables u , t , s , y x , n o , q r.
^ Calcul ie q d o . Voulant connoître l’avantage que la puilTance gagne par
qZ ^ uK u ir- Iefecoursdecettemachine,enfaifantabftraétiondesfrottemens;
fane/ tire ie on faura que lerayon de la grande roueV, eft de 6 pieds , qu’il
^précédente* f auc multiplier par j , félon l’article 5 5 6 , qui donne I f pour le
bras de levier réduit. Que le rayon de la lanterne eft d’un pied ;
ainli nommant P cette puilTance, elle fera à fon aétion ( que je
nomme x ) furies dents du rouet, réciproquement comme l'unité
eft à T?, D’où Ton tire P, x ; : 1 , y par conféquent 1 x x
== — 5 pour Texpreffion de la même puilTance appliquée à une
des dents Z.
Si Ton fe rappelle que par l’analogie de la vis la p u ijja n çe é jl
au p o id s que fo u tien t l ' écrou N O , cbmme la h au teur d'u n des p a s de
la v is , (que je fupppfe de deux pouces) «/? à la circonférence que
d écrit Le ro u et, (qui fe trouve ici de 1 14 pouces, parce que le
diamètre en a 36): on pourra dire comme 1 eft à r 14, ou
comme 1 eft à 57, ainfi la p.uilïànce 3B—, eft au poids qu’elle
peut élever. Faifant la reg}e, on trouvera IS1°—, ou —i'd : ?. pour
fon expreffion, Il ne s’agit donc plus que de déterminer la valeur
de P, que nous fuppoferons.de 3op liv, pefanteur commune de
deux hommes. On trouvera qu’agilFanc dans la roue, ils feront
capables d’élever un poids de 6942 S liv,
Eflimation de y <31 . Pour comparer cette force à la rélîftance effective de la
U ré/iflance vanne, il faut être prévenu qu’elle a 4 pieds de largeur fur 20 de
d é û v e r Z r hauteur ; afin que les plus hautes marées ne puiffent point la fur,
vannes de l’é- monter. Que Ton épaillèur eft de 3 pouces, ôc que les barres
c U f e p m e - en forment l’allemblage, ont 4 fur 6 pouces. Cela pofé , f i
l’on cherche le produit de ces dimepfions, on trouvera qu’elles
ChAp. V L D es Écluses eèr mées par des V annes. , 599
donnent 17 pieds cubes, auxquels il en faut ajouter 13 , valeur pL> LVI,
du billot NO , on en aura 40 pour la folidité de toute la charpente
qui appartient à cette vanne. Chaque pied cube peut être
eftimé du poids de 60 livres, ce qui donne pour la totalité 1400
liv. qui étant augmentés de 100 livres, pour la valeur des clous
Sc ferrures, il vient 1600 liv.
A l’égard de la réfiftance caufée par le frottement de cette
vanne , confiderée dans le cas où elle fe trouvero.it chargée fur
toute fa hauteur ; il faut comme à l’ordinaire multiplier fà fuper-
ficie, qui eft de So pieds quarrés, par 10 , moitié déjà hauteur
de l’eau, il vient 800 pieds cubes, dont chacun doit être eftimé
de 72 livres, parce qu’il s’agit de l’eau de la mer 3 le produit
donnera 57600 livres pour lapoüffée, dont la moitié, qui eft de
28800 livres a exprimera la réfiftance caufée par le frottement de
cette vanne contre fes couliffes. Si Ton y ajoute; 2600 liv. pour
fa pefanteur propre, fa réfiftance à être levée fera de 31400 liv.
Mais .nous Venons de trouver que la puilTance étoit capable de
furmonter celle d’un poidsde 69428 livres: la différence de ces
deux.forces, qui eft 38028 livres, exprimera donc cequirefte à
la puilTance pour furmonter le frottement des parties de la machine.
Comme ce furcroit de force furpaffe de beaucoup la réfiftance
entière de la vanne, il fuit que deux hommes Telcveront
aifément. Il eft vrai que ce fera avec lenteur 3 mais c’eft le,fort
de toutes les machines compofées de perdre de la part du rems
ce que Ton gagne du côté de la force cependant cette perte ne
tirant point ici à conféquence, on n’y a point égard.
562, C’eft ainfi qu’on peut avoir la fatisfaéhion de s’aflùrerdm Réflexion
fuccès d’une machine avant même que d’entamer fon exécution, ?
& juger de l'effet dont elle fera capable relativement à Iaréfif- naître quel fe -
tance qu’elle doit vaincre, afin de voir fi la puilTance dont on ra l'effet d 'n-
pourra difpofer remplira effectivement fon objet ; au lieu qu’en
ne fuivant point cette route, on n’en peut juger que par Tévéne- ju te a fin i'é -
ment. Que fi malheureufement il ne fe trouvoit point conforme lÿ S fe a n t 1
aux efpérances dont on s’étoit flatté, on s’en appercevroit trop fon exécution*
tard pour pouvoir y remédier, à moins que de recommencer le
tout à grands frais. Cette maniéré d’élever les vannes d’une grande
réfiftance me paroît préférable à toute autre, la machine n’occupant
qu’un bâtiment de 20 pieds en quarré. D’ailleurs il eft
bien plus fage d’employer deux vannes comme on a fait ici.,
que de n’en avoir qu’une double en largeur, dont la manoeuvre
eut été bien plus difficile.