
I l fu it des
principes précédé
ns j, qu a
ipa ff.LV igalc
les batardeaux
courbes
ne réfifleni pas
plus que es
droits, & que
l ’ ujage de ces
derniers efl
préférable.
10 6 A rchitecture Hyd ra u l iq u e , Liv r e I ,
197. Comme tout ce que nous venons de dire des portes
bombées peut s’appliquer aux batardeaux, il cft ailé de (entir
l’erreur de ceux qui penfent les fort fier en les failant plutôt
courbes que droits, puifque la. charge de l’eau qui tend à les
rompre , eft toujours la même d’une manière comme de l’autre.
Cela vient apparemment de ce que l’on a envifagé ces batardeaux
8c les portes bombées comme une portion de voûte en plein
ceintre, donc les claveaux lé reflèrrent d’autant plus qu’ils lou-
tiennent une plus grande charge, à caufe qu’ils font taillés en
forme de coin , ce qui eft bien éloigné d’arriver dans les deux
cas dont nous parlons. C’eft ainfi qu on fera toujours expofe
prendre le change , quand on ne fera point en état de faire une
jufte analyfe de ce qu’on veut exécuter. Je ferois bien dédommagé
de la pénible condition que je me fuis impofée de confacrer
ma vie à travailler pour l’inftruétion de ceux dont je parle, fi je
parvenois à leur infpirer des motifs, de s’appliquer davantage à
la théorie, pour marcher d’un pas plus allure dans la pratique:
c’cft l’objet que je me fuis propofé dans ce chapitre. Quel fruit
l’État n’en retireroit-il.pas ? Eft-ce donc une chofe fi difficile?
Ce que les uns font, les autres ne peuvent-ils point parvenir à le
faire avec le tems ? Peut on mieux l’employer? N’en eft-on
point comptable au Prince qui nous entretient, St à ce que l’on
doit à fa propre réputation? Seroit-on excufable, en effet, de
borner fis connoiffànçes à quelques réglés de toifé, & à de me.
nus détails dont il n’eft permis qu’aux maçons 8t aux charpentiers
de tirer vanité ?
C H A P I T R E VI .
Des machines pour enfoncer les pilots , d’autres pour les
arracher. D e la maniéré de confruire les batardeaux ,
fu iv ie de maximes fu r la confiruclion des éclufes.
LA néceffité d’enfoncer des pilots pour la conftruétion des
ouvrages établis dans un terrein aquatique, m engage de
donner dans ce chapitre les meilleures machines qui ont été
exécutées pour les battre, foit dehors ou dans l’eau. Si elles
n’intéreflènt point ceux qui ont une grande pratique , il s’en
C hap.VI. D és Machines po u r enfoncer les p il o t s . 107
trouvera d’autfes. à qui elles ne feront point indifférentes1 ; car
il faut convenir que la condition d’un auteur n’eft guere à envier,
quand il écrit fur des matières au'lîî ingrates que celles
que je traite. Difficilement parvient-on à facisfaire tout le monde
; les uns fe plaignent qu’on ne les entretient que de chofes
communes -, les autres murmurent dé c e qu’on ne leur en dit
point aiïèz, parce que n’ayant qu’une légefê connoiffance des
travaux, tout contribue à leur inftruétion. Comme ce font ces
derniers que je dois avoir principalement en vue, je crois ne
point manquer en cherchant à les fatisfaire , d’autant mieux
qu ils y trouveront des obfervations eiïèntielles qui ont peut-être
échappé aux gens trop prévenus en faveur de ce qu’ils croient
avoir d’acquis.
S E C T I O N P R E M I E R E .
D e s Machin es p ro p re s à en fon c e r des p ilo t s .
19 S. T A première Figure de la Planche V I II repréfente une
J_, efpece d’échafaud fur lequel eft placé un manoeuvre,
pour enfoncer à coups de maflè un gros piquet, comme il s’en
emploie aux faux radiers St aux risbermes ; à quoi la pefanteur
de l’échafaud, ainfi que celle de l’homme , peuvent auffi contribuer.
Mais s’il s’agifloit d’enfoncer des pilots d’une certaine
groflèur, il faudroit avoir recours aux autres moyens donc nous
allons faire mention.
La fécondé eft une groffe maflè faite d’un tronc d’arbre pefant
environ 200 livres, garnie d’une frette de fe r , munie de plu-
fieurs anfes ou poignées que cinq à fix hommes font jouer. Si on
vouloit frapper plus fûrement, on pourroit !a percer dans le milieu
, 8t planter une verge de fer bien à plomb fur le pilot,
comme le repréfente la Figure qui eft à côté ; alors la maflè coulant
le long de cette verge, frapperoit toujours a plomb, St la
même verge ferviroit pour tous les pilots.
La troifieme repréfente une maflè d’un fort bon ufage ; elle eft
faite en forme de fellette à trois pieds : cette forme lui donné un
avantage que les autres n’ont pas. En commençant à planter un
pilot, au fommetduquel on ne fçauroit atteindre avec la maflè
ordinaire, on fe fert du deflous de celle-ci ; St lorfqu’il eft enfoncé
à une certaine profondeur, on la retourne. On applique
O ij
Defcription
de plusieurs
machines /impies
pour enfoncer
des p ilots
ou gros
piquets.
P l.V III ,
Fig- 1 , 1
ÔC 3.