
Les affligés
continuent à
f e défendre vi-
goureufement.
Mort du Marquis
de Lede 3
Gouverneur
de la place,
qui détermine
les affligés à
f e rendre.
P lan. I.
Suite des
conquêtes de
la même campagne
y faites
en "Flandres
par Varmée de
M. le Maréchal
de Tu -
renne.
L a paix fe
fa it entre la
France 6*
VFfpagne ;
Dunkerque
refie aux
Anglois qui
i<r A rchitecture Hydraulique, L ivre I ,
31. Les affiégés, quoique fans efpérance de fecours, fe défen-
doient toujours avec la même vigueur ,6c l’on fut encore trois
jolies à le loger fur la contrefcarpe , au pied de laquelle 1 on etoit
avant la bataille; la ville fe foutint encore dix jours après. Cependant
le Marquis de Lede , Gouverneur de la place, homme du
premier mérite, ayant été dangereufement blelfé, mourut au
bouc de quelques jours, ce qui affoiblit beaucoup le courage de la
o-arnifon, laquelle voyant tous les dehors pus, les principaux
Officiers s’afî'emblerent pour prendre une réfolution convenable
à l’état où ils fe trouvoient ; la ville' fe rendit le 24 Juin, dix-
huitieme jour de l’ouverture de la tranchée. Le Roi arriva de
Mardick, au quartier de Turenne, pour voir fortir la garnifon
qui étoit encore compofée de fix cens chevaux , 8c de douze cens
fantaffins, conduits par M . de Ballècourt. Cet Officier vint fa-
luer Sa Majefté, qui le reçut favorablement, ôc il fuivitfagarnifon
qui fe rendit à Saint-Omer. __ _ \
3 3. Le Roi entra dans Dunkerque 8c en prit poffeffion : enfuite
en exécution du traité, il remit cette place aux Anglois,j,a condition
qu’on ne feroit aucun changement à la religion , 8c que
l’on conferveroit les privilèges de la Bourgeoifie. Ainfi cette ville
fi fameufe 6c fi fujette aux révolutions, fe vit en moins d’un jour
fous la domination des trois plus puilïantes couronnes de 1 Europe.
Il n’eft pas facile d’exprimer la joie qu’eut Cromwel de la
conquête de cette place, 8c de fevoir delivre des courfes des
Dunkerquois, qui avoientpris depuis cette guerre deux cens cinquante
vaiflèaux aux Anglois.
D e -là, M. de Turenne inveftit Bergues, qu’il prit en trois
jours; alla à Fumes, dont leGouverneur ne lui donna pas la peine
de faire des travaux, s’étant contente de tirer deux coups de
canon ; enfuite il capitula. Dixmude n eut pas plutôt apperçu
quelquesefeadrons François, que cette place envoya fupplier le
Général de la recevoir à une honorable compofition. Pendant ce
tems-là, M. delà Ferté, à la tête de dix mille hommes, inveftit
Gravelines le 17 Juillet, qui fe rendit le 18 Août. L ’armée de M.
de Turenne marcha à Oudenarde qu’il prit auffi , défit enfuite le
Prince de Lignes, Sc finit par-là glorieufement la campagne.
34. La France Sc l’Efpagne, laiïées de la guerre, fignerent la
paix dans le mois de Février ; le Roi rendit aux Efpagnols dans
la Flandre, les villes de Bergues, Fûmes, Dixmude, Ypres,
Oudenarde, Merville 6c Menin : mais les Etats d’Angleterre re-
folurent de garder Dunkerque. Pour cet effet, ils en mirent
les
C h a p . I , s e r v a n t D’ I n t r o d u c t io n . 1 7
les fortifications en bon état, Sc firent conftruire une citadelle à
la place du fort Leon. -
3 5. Pendant qu’on travailloit aux fortifications de Dunkerque,
laFrance cherchoit l’occafion de retirer cette ville des mains des
Anglois : le Comte d’Eftrades fut chargé de négocier cette importante
affaire. Ayant été mife en délibération, le Parlement
d’Angleterre, après bien des conteftations, fe détermina à en
demander douze millions, qui furent réduits à cinq par l’adreffe
de Cefage négociateur, qui y fit comprendre le fort de Mardick,
Sc celui qui étoit conftruit fur le canal de Bergues, avec ce qu’il
y avoit d’artillerie ôc de munitions de guerre. En conféquence
le tout fut remis le 2.9 Oétobre 1661 entre les mains de M. le
Comte d’Eftrades, qui s’étoit rendu à Dunkerque le 18.
3 6. Le Roi fut fi charmé de cette nouvelle acquifition, qu’il
prit la pofte le 30 Novembre 1& 6 1 , 6c arriva à Dunkerque le 1
Décembre. Le lendemain Sa Majefté monta à cheval pour aller
vifiter les fortifications 6c le port. Sur le foir les B a illi, Bourgue-
meftre 6c Echeviris vinrent remercier le Roi des privilèges Sc
exemptions qu’il leur avoit accordés au-delà de leurs plus hautes
efpérances. Sa Majefté les reçut avec un accueil favorable, ôc
leur parla en termes fi remplis de bonté, qu’ils ne purent mieux
exprimer leur reconnoiffance , qu’en lui proteftant qu’ils ne fe
départiroient jamais de la fidélité qu’ils lui dévoient. Le R o i,
pour marquer la fatisfaétion qu’il avoit des fervices que lui avoit
rendus le fleur Pierre Faulconnier, Grand-Bailli, à l’occafion de
l ’acquifition de Dunkerque, lui donna une charrie d’or, avec une
médaille où étoit fon portrait. Sa Majefté foupa en public , 6c
voulut que fes Gardes fe retiraffent, pour montrer aux Dunkerquois
qu’Elle avoit déjà autant de confiance en eux, qu’Elle au-
roit pu en avoir en fes plus anciens Sujets.
37, Pendant le féjour que S. M. fit à Dunkerque, Elle donna
fes ordres pour l’exécution des ouvrages qui parurent les plus
preffés. L’on commença par la citadelle, que les Anglois n’a-
voient fait qu’ébaucher, 8c par la partie du château du côté de
la porte de Nieuport. M. de Vauban, prévenu des intentions du
R o i, qui étoient de rendre Dunkerque une des plus fortes places
de l’Europe, travailla à faire un projet général pour les fortifications,
tant du côté de la terre que de celui de la mer, mais qui
ne put avoir fon exécution que fucceffivement, vu le tems ôc les
dépenfes immenfes qu’il exigeoit.
38. Dans ce tems-là Çaftcl-Rodrigo , Gouverneur des Pays-
To tn e / . Ç
en réïablljfent
& augmentent
les fortifications.
L a France
s3accommode
avec l ’Angleterre
pour
Vacquifition
de Dunkerque t
qui lui fu t remis
le 29 Oc-
tob:e 1661,
Le "Roi fe
rend h Dunkerque
le %
Décembre
16 6 z , confirme
les hahi-
tans dans
leurs privileges
y leur en
donne, de nou—
veaux, & leur
marque La
plus grande
confiance*
Le Roi prend
la réfolution
de rendre '
Dunkerque
une des plus
fortes places
de V F u r ope
& donne fe s
ordres en conféquence
a Af,
de Vauban.
L ’on achevé la
citadelle commencée
par
Anglais,.