
P l a n c h . xxyi.
Remarque
fu r la bonne,
façon de pojer
la pierre de
taUle pour les
radiers.
P l a n c h ,
x x v i ,
F ig .4 Sc
y
1 0 0 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e -, L i v r e I ,
ces pierres ont été pofées de façon à être bien enclavées fous
les bajoyers S t le feuil.
On a pavé tout le radier avec dés pierres de 4 à é pieds de
longueur, fur à 3 de largeur, S t de 18 à io pouces d’épa'if-
feur, toutes placées par voûte en coupe, comme on le voit figuré
fur le plan ; les plus fortes employées au bufe par préférence
: le tout pofé à bain de ciment, & jointoyé avec du maf-
tic ( 30S ). On prit garde fur-tout de bien lier la première affife
des bajoyers avec le pavé, par des pierres en retour d’équerre, qui
faifoient partie du parement & du pavé. On afcellé en plomb
deS écrous dans ce pavé, aux endroits convenables pour recevoir
les vis qui dévoient retenir les quarts de cercle de fonte pour lè
palier des roulettes des portes.
Le pavé étant fini, l’on en répara tous les joints avec du maf-
t ic , que l’on repaffa tant qu’il fut durci ; enfuite on recouvrit
toute l’étendue du radier d’un lit d’argile de 1 pieds d’épaifTeur,
afin de confolider la maçonnerie, Sc d’empêcher les fels de la
chaux de s’évaporer.
3 1 0 . N’ayant guère vu de radiers de l’efpece dont nous parlons,
qui ne fe dégradaffent au bout de quelques années, malgré
la grandeur des pierres, quoiqu’elles formaflent par intervalle
des chaînes liées avec des crampons de fer fcellés en plomb,
parce que ces pierres pofées à plat, n’éroient point allez enracinées
avec le mafîîf, je crois qu’il n’y a point de moyen plus
fûr pour les bien retenir, que de compofer chaque chaîne d’une
fuite alternative de pannerefles & de boutifles pofées verticalement,
enclavées de maniéré à ne pouvoir jamais fe défunir,
quand même le courant de l’eau auroit détaché tout le mortier
des joints. Il eft vrai que la dépenfe d’un radier fait de la forte,
fera plus grand d’un tiers en fus qu’en fuivarit la méthode précédente
; mais aufîi l’on n’aura point à redouter les effets d’une
violente chute d’eau, comme on en jugera eu confîdérant la
Figure 4.
Je fuppofe que la ligne x y repréfente la furface,d’un radier
de pierre de taille, dont le profil pris fur la largeur de l’éclufe,
marque la liaifon mutuelle des pierres d’une des chaînes ; on y remarquera
que les extrémités de chaque pannereflè, commeabcd
S t o 1rs, ont un embrevement eg f , h i k , m n l , où font encadres
les épaulemens e b f g , i h c k , mt ln, répondant à la
fete des boutifles, telles que p h l g , taillées de façon que leurs
queues
C h a e . IX . D e s R a d i e r s d e p i e r r e d e t a i l l e . a o i
queues p d o q , foient plus larges à l ’extrémité/» y , qu’au niveau
a s de la bafe des pannerefles, afin qu’elles foient mieux enclavées
dans le mafîîf ; ce qui eft aifé à entendre, de même que la
cinquième figure, qui repréfente une fécondé maniéré de former
les mêmes radiers, que je ne m’arrête point à expliquer, vu ce
que je viens de dire. *
Après l’établiffement du radier, on a élevé les bajoyers S t les
ailes avec toute la folidité imaginable ; mais comme ce que l’on
pratique pour cette partie des éclufes doit leur être commun,
de quelque efpece qu’en foient les fondemens, je traiterai ce fu-
jet d’une maniéré générale dans le chapitre X I.
' 3 1 1. Le plan de l’éclufe de Cherbourg., montre que l’on s’eft
contenté de ne faire qu’une paire de portes du côté de l’arriere-
port, qu’on nomme porte d’hebes, S t qu’on n’en a point pofé
de f lo t , ayant été regardée comme inutile par ce-lui qui en a donné
le projet ; mais qu’il me foit permis d’improuver une économie
aufîi mal conçue , S t que je me garderois bien de fuivre ,
puifque par-là on s’eft privé mal-à-propos d’avoir l’arriere-port à
fec aufîi long-tems qu’on, l’eût voulu, pour calfater S t radouber
les vaifleaux dans le tems même de la haute mer. Inconvénient
que ce motif ne peut exeufer, puifqu’il ne rejaillit que fur la
fuppreffion des portes de flot, qui n’euflènt point obligé de donner
à l’éclufe plus de capacité qu’elle en a. Pourquoi donc laif-
fer imparfait un ouvrage fl eflèntiel, pour deux portes de plus ?
Aufîi à peine fut-il achevé, que les regrets fuivirent de près la
faute, dont on fendra toute l’importance, en confîdérant la
pofition de cette éclufe fur le plan de Cherbourg * , que je ne
fais que citer en paflànt; fa deftination principale étant de nous
fournir par la fuite des inftrudtions fur la direction des eaux
pour bonifier les ports, d'emer, Sc des differtations fur les avantages
& les défauts qur peuvent venir de leur expofition, par
rapport aux circonftances relatives à la côte où ils fe trouvent.
On voit que cette éclufe eft dans l’alignement direét du
chenal, fitué n o rd S t fu d , d’où il arrive que les marées qui fe
portent du n ù rd -o u e fl o a . J u d - e f l , expofent les navires à être
chaffés contre les jettées, par la difficulté de les gouverner pour
les faire paffer dans l’arriere-port ; ce qui n’arriveroit point fi
l ’on avoit fait des portes de flot, qui étant fermées auroient
rompu la violence de leur cours, 8c procuré la liberté de manoeuvrer
plus aifément dans l’avant-port. Manque de réflexion,
Ton n’a point eu égard à ces confidérations, non plus qu’à
Part. I I . Tome f . C e
P l a n .
x x v i .
Remarque fu r
l ’inconvénient
des éclufes
qui n’ont
point de portei
de flot,
* P l . L I.