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cueil que le Public lu i a fa it. * Vous e'tie£ alors, M O N S E I-
G N E U R , Préfident de l’Academie Royale des Sciences, &
vous daignâtes partager l’hommage que je lu i en fis ; mais ma
reconnoiffance n éto itp o in t fa tisfa ite , elle voulut fe manifefier
d ’une maniéré qui vous f û t perfonnelle. Heureufement il me
reftoit a. publier une fécondé partie du même Ouvrage, p lu s
intéreffante encore que la précédente : tout m’engageoit a. ne la
fa ire paroître que fo u s vos aufpices, lorfque la guerre niobligea
d ’interrompre mon travail. Je m’en c o n fia i , parce que je p r e f
fe n d s que cet événement a lloit vous ouvrir une nouvelle carrière
de gloire. S e p o u v o it-il, M O N S E IG N E U R , que réunijfant
les qualités naturelles & açquifes qui annoncent les grands
Hommes d’E ta t, elles p u ffen t échapper au difiernement de
notre augufte Monarque ? I l ne tarda p o in t en effet à vous
mettre en état de les fa ire briller pour fo n fervice & vous eûtes
la fa tisfa ch o n de vous appercevoir que fo n choix re'pondoit
a u x y ceux du Public. Je laijje a une plume p lu s exercée que
la mienne, le mérite de tranfmettre a la p o fiérité les fu ite s d ’une
deffmée f i glorieufi ; de lu i repréfenter le M ilita ire également
pénétré de votre attention â obtenir en fa fa veu r les grâces de S a
M a j e s t é , <& de vos fo in s continuels â rendre p lu s c o n fia n t
que jam ais le magnifique a fylc defliné a la valeur maltraitée
p a r le f i n . A ces traits l’on reconnoît, M O N S E IG N E U R ,
* M. d Argenfon croie dans ce tems phargé de la Librairie.
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le fd n g dè vos ayeux tant de fo is répandu pour le f i l u t de la
Patrie. Peut-on ignorer les actions mémorables des Hommes
illuftres que votre Mcùfon a donné a. la France, & leur inviolable
attachement au Service de nos R o is , dans ces tems
orageux oit le génie de la rébellion corrompoit les S u jets les
p lu s fideles ? A u jo u rd ’hui que la P a ix me permet de fu ivre
mon premier p en ch a n t, V o u s, M O N S E IG N E U R ,
à!accorder p a r intervalle des momens au g oût éclairé que l’on
vous connoît pour les Sciences & les beaux A r ts , daigner
recevoir l’Ouvrage que j ’ai l’honneur de vous ojjrir, Comme un
tribut que je rapporte a fa véritable fource. Je l’entrepris autrefo
is , dans le deffein de plaire a un câebre Mirnflre (a), dont
le caractère b ien fa ifa n t, f i conforme au vô tre, lui avoit a ttiré,
comme a V o u s, M O N S E IG N E U R , les fin tim en s que
l’on ne refufe jam ais au mérite décidé. I l applaudit au d éfit
que je lui fis paroître de contribuer p a r mes recherches à la
perfection de l’Architecture H yd ra u liq u e, ayant ju g é p a r f a
vropre expérience que l’É ta t en retireroit de l’u tilité (b ). Ceux
qui lui ont fuccédé, remplis de ce fn tim e n t, ont bien voulu me
procurer les matériaux fu rlefq u els j ’ai travaillé(c). Que je m’ef-
time heureux d avoir trouvé cheq V o u s, M O N S E IG N E U R ,
(b) Alors Intendant de Flandres, il avoit préfidéavec une attention continuelle
aïfx travaux du canal de Mardick , en 1714 de 1715.
(c) MM. d Angervillieïi & de Maurepas, de concert avec M. le Comte de l oulouie & M, le Maréchal d'Asfeld.