
Pt. Lin.
Dimenfions
des pièces de
fharpente convenables
à
V éclufe précédente.
390 Architecture Hydraulique, Livre II,
.entre les bajoyers CD, EF ; que cette largeur fe trouve partagée
,en quatre voies par trois piles de maçonnerie chacune de 5 pieds
8 pouces d’épaiffeur, faifant enfemble 17 pieds de plein, qui
étant retranchés de 63, refte 46 pour le paflage des eaux, par
conféquenc pour l’efpaçe que les vannes doivent occuper enfemble.
Voulant en déterminer le nombre en conféquence d’une
largeur de 4 pieds, qui eft celle où il convient de les borner ea
pareil cas, pour que la manoeuvre n’enfoit pas trop incommode,
on en a employé 10, faifant enfemble 40 pieds dé largeur, parce
qu’il falloir au moins les fix reliant pour l’efpace qu’occupent les
poteaux deftiné? à les foutenir.
On ne pouvoit rien faire de mieux que de régler la largeur
des voies, de maniéré qu’elles pulfent contenir alternativement
deux vannes Sc puis trois, afin de ne pas trop rétrécir le paflage
de la riviere par une quatrième pile qu’il auroit fallu, fi l’on avoir
voulu s’alïujettir à rendre les voies égales, pour les fermer chacune
par deux vannes ; ce qui auroit peut-être nui au pays dans
le teins des grandes crues d’eau, faute d’un débouché fuffifanr.
Si au contraire on n’avoit fait que deux piles, pour n’avoir que
trois voies fermées chacune par autant de vannes, on ne l’auroit
pu faire fans donner aux mêmes vannes près de 4 pieds 6 pouces
de largeur, ce qui les auroit rendu trop difficiles à leyer. D’où
il réfulre que dans les cas qui parodient les plus indifférens, la
prudence trouve à s’exercer fur Je meilleur parti qu’il convient
de prendre, félon les çirconftances qui accompagnent les lieux.
545. Après cette légère explication, il me refte peu de chofes
à dire fur cette éclufe; on fera feulement attention que chaque
travée AB repréfentée au profil, auffi-bien que le pont G pour
palier d’une pile à l’autre , doit être compoiéc de pièces d’une
force proportionnée à la charge de l’eau. Par exemple, fuppo-
fant qu’une pareille éclufe doive foutenir au befoin 8 à ÿ pieds
de hauteur d’eau, on fera les patins OP de 12 fur 14 pouces,
les poteaux I de 14 fur 15, les arcboutansQ, R de 10 fur 12 ,
l’entretoife S de 8 fur 10, & le chaperon HK de 10 fur 1 5 ; afin
de pouvoir, fans trop l’afFoiblir, y percer des trous de 4 fur 6
pouces, pour le paflage des aiguilles des vannes foutenant des
planches de 2 à 3 pouces d’épaiflèur, attachées enfemble par des
barres T de 4 fur 5 pouces. On fuppofe de plus que ces vannes
font appuyées par le bas contre un feuil de 12 fur 14 pouces,
8c le long de leurs couliflès contre des feuillures de deux poupes
8c demi, ayant au furplus huit lignes de jeu de chaque côté.
C h a p . V I . D es É c lu s e s p e r m i s p a r d'e S v a n n e s . 3 9 1
Quant à l’aflTemblage de toutes ces pièces, il eft fi fimple qu’il
n’y a point de maître Charpentier à qui l’on ne puiflè s en rapporter,
Lorfqu’une vanne pareille aux précédentes ne foutient que 3
Ou 6 pieds de hauteur d’eau, deux hommes la lèvent aifement,
aidés d’un levier fait en pied de biche, afin que l’extreimite fourchue
puiflè embraftèr l’aiguille. Pour cela elle eft percee d’un
Pl. LUI,
nombre de trous, où l’on pafle fucceffivement des boulons de
fer, à mefure que la vanne monte de quelques pouces ; manoeuvre
trop connue pour m’y arrêter,
546. Quand une vanfle ferme feule une voie dont la' largeur'
eft beaucoup au-deflùs de 4 pieds, 8c que d’autre part elle foutient
une hauteur d’eau confidérable ,■ il faut nécefTairement,
Ufages des
roues & des
poulies pour
élever les vannes
pour la pouvoir élever, employer des machines qui deviennent
plus ou moins cômpofées, félon la néceffite de foulager la puif-
fance, qu’il convient de réduire au moindre nombre d hommes
qu’il eft poffible, parce qu’il fe rencontre fouvent qu’on n’eft pas
le maître de les multiplier, faute de favoir ou- les placer. Voila-
le cas de faire un bon ufage des principes de là mechanique; pour
ne point s;expofer à fe tromper groflierement :■ c eft de quoi 1 on
Va juger par l’exemple qui fuit.
Il y a dans l’intérieur du fort N ieu le t de Calais une éclufe à
plufieurs voies, chacune fermée par fa vanne particulière, que
les trois premières figures de la Planche LIV repréfentent vues-
daUs tous lesfens, ce qui fuffit pour juger de la méchanique qui
leS accompagne, le refte nous étant indifférent. Ces vannes, de
7 Jj pieds de largeur fur 13 de hauteur, fervent à évacuer les eaux
du pays quand la mer eft baffe, 8e à la foutenir Iorfqu’elle monte,
afin de l’empêcher de paffer outre ; ce qui fait que la face qui
lui eft oppofée eft plus ou moins chargée dans un tems que dans
l’autre ; mais comme on ne les lève que pour laiffer écouler les
eaux douces, dont la hauteur commune fur le radier de l’éclufe'
eft d’environ 5 pieds, c’eft cette pouflfée que nous allons confi-
dérer. Pour en faire l’eftimation, il faut multiplier par 5, 8c
le produit 37£ par 2 J, moitié de la hauteur de l’eau ; il viendra
environ'95 pieds cubes-; chacun pefant 70 livres;, la pouffée
fera de 66jô livres-, dont la moitié donne 3323 pour le frotte--
ment de cette vanne contre fes codifies ; à quoi ajoutant 1500 liv,
pour fa pefanteur propre, la réfiftance fera de 48 2 3 liv. Il refte à;
examiner fi ce qu’on a fait pour faciliter le mouvement de c s»
qui ont
beaucoup de
largeur, & qui1
'foutiennent
une grande
charge d’eau.
Exemple tiré
du fort Nieu—
let à Calais*•
P l . LIV ,