
P l . X IV ,
Fig. i 8c
3■
Nècejfitê
îniifpenfable
des files de
palflanch.es
enfoncées aux
extrémités
des éclufes,
.pour les garantir
contre
F aflïon de
l ’eau.
1 4 1 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
joyers, dont' on voit l’élévation exprimée dans un autre fcns,
avec tous les bois dont nous venons de parler ; c’eft-à-dire, que
les traverlînes que l’on voit fur leur longueur dans le premier,
font repréfentées debout dans celui-ci, avec une des longrines
vue fur toute fon étendue, de même que les planches. D ’autre
part on obfervera encore dans ce fécond profil, aux extrémité^
M , N , les rangées de pilots, qui portent les ventrieres des files
de palplanches X ; dans le milieu, les pilots o 0 , plus élevés que
les autres, pour former l’eftrade P Q ; les maîcreffes traverfines
R , les feuils S , qui font au-deflùs, 8t les palplanches T , vues
de profil, de la troifieme 8e quatrième file marquée au plan par
C , D. Enfin l’on voit auffiles autres files de palplanches V , marqués
au plan par E F , qui régnent dans l’alignement formé par
les bajoyers &c les allés,
2t 1. Il étoit tout (impie que ceux qui ont les premiers conf-
truit des éclufes, fongeaflènt à garantir les extrémités de leur
radier des dégradations que faction de l’eau ne manquerait pas
d’y caufer ; peut-être auffi que ce n’a été qu’après une fâcheufe
expérience qu’ils en ont fenti la néceflité. Quoi qu’il en foit, il
eft certain que dans tous les cas où l’eau peut fe trouver, elle ne
cefle d’agir pour s’ouvrir un paflage aux dépens des corps qui
lui font obftacle. Si elle eft courante, elle fouille & dégrade ce
qui s’oppofe à fon paflage, avec d’autant plus de force que fon
cours eft plus rapide: fi au contraire elle eft dormante, celle du
fond fait effort en tout fens pour s’échapper de la contrainte où
la met le poids de celle dont elle eft chargée; 8t fi elle rencontre
quelques fentes dans la jonétion des pièces de charpente,
des léfardes dans la terre ou dans la maçonnerie, elle devient
un furet des plus actifs, 8e elle délavé 8e féparc les parties qui
paroifloient les plus unies ; de-Ià elle continue à faire du progrès,
tant qu’elle foit parvenue à trouver une iflùe pour fuir. Alors le
dommage qu’elle caufe fe fait avec une rapidité capable de tout
détruire, fi l’on n’y apporte un prompt remede ; ce qui devient
quelquefois impoflible. Or je laifle à penfer le ravage que ferait
l’eau de la mer , qui viendrait battre violemment les bords d’un
radier, ou la rapidité d’un courant qui paflèroit par l’éclufe , fi
la fondation n’en étoit garantie par une furface capable de la
mettre à couvert de l’eau qui viendrait la fapper ? Ce danger eft
fi grand , 8t les effets en font d’une telle conséquence, que dans
bien des cas l’on ne s’en eft point tenu à une feule file de palplanches
X , comme dans l’exemple que nous rapportons ic i,
Chap. VU. De la f o n d a t io n d e s É c lu s e s . 143
mais qu’on l’a encore redoublée par une fécondé, appliquée plein
fur joint, l’une 8e l’autre enclavées ehtre les mêmes ventrieres ,
comme on l’a pratiqué à l’éclufe qui étoit à l’entrée du badin de
Dunkerque,
2 51. Pour plus de précaution encore, on garantit cette barrière
que l’on oppofe à l’eau , par un bon conroi de glaife, adoffë
à la face extérieure des palplanches, parce que l’eau n’a pas autant
de prife fur cette terre, que fur les autres plus aifées à détacher
; c’eft ce que nous expliquerons en parlant de la conftruc-
tion des faux radiers.
Comme il pourrait arriver, malgré toutes ces mefures, que par
la fuite des tems l’eau parvînt à s’introduire fous la fondation ,
foit par le dérangement des palplanches , ou parce que venant à
pourrir il s’y formerait des pertuis, on prend la précaution d’en
enfoncer de chaque côté une autre file V , pour l’arrêter Se l’empêcher
d’aller plus loin, en attendant que l’on puiffè faire les
réparations convenables; autrement que n’auroit-on point à
craindre fi elle venoit à paflèr outre ? Et comment pouvoir rétablir
le mal qu’elle auroit fa it, à moins de tout détruire ? Au lieu
qu’il eft de la prudence de ceux qui conftruifent les éclufes de
les rendre-les moins fujettes qu’il eft poffibleaux réparations, par
les difficultés qu’on rencontre à les faire aux fondemcnS. Si l’on
place la fécondé file de palplanches V , plutôt à la naifîànce des
branches qu’ailleurs, je n’ÿ vois point d’autre raifon que parce
qu’elle donne une pofition déterminée, puifqu’il feroit fort égal
qu’elle fût un peuau-deflùs ou au-deflous.
Quant aux files de palplanches T pofées fous les feuils, elles
y font indifpenfables, parce que ce (ont les endroits du radier où
il y a le plus de joints de la part des pièces de charpente qui s'y
trouvent, 8c où par conféquentl’eauale plus d’iflùepour s’introduire
, en même tems plus de force à fe frayer un paflage,. auand
lés portes d’en haut font fermées, 8C celles d’en bas ouvertes,,
ou au contraire. Car alors fi là retenue de l-’eau eft d’une hauteur
eonfidérable, 8c que de (impies filets viennent à s’introduire
fous la partie du radier qui n’eft point chargée,-elle y agira avec'
une force prodigieufe, pour s’ouvrir un paflage ; mais s’y trouvant
arrêtée par les palplanches T , le dommage ne peut tirer àv
conféquence, puifque quand même elle viendrait à traverferune
de ces files, elle fe trouverait arrêtée à droite ou- à gauche par
les autres files qui y font placées ,.fervant autant contre l’eau du-
dedans de l’éclufe, que contre celle du dehors. C’eft pour cette-'
P l . X IV ,
Fig. 1 8c
3-
Jîutre filç
de palplanches
traver-
fant l ’êclufè ,
aujji néceffai-
re que les précédentes
pour'
arrêter le progrès
des eau»
du fond.