
P l a n c .
LV II.
Quel'' que
f i i t le fond
fiir lequel on
veut établir
un batardeau,
il faut que fa
fondation fait
renfermée dans,
un encaijfe -
ment de pal-
planches.
Fig- i > *
& jj»
4 0 4 _ A r c h i t e c t u r e H y d r a u l i q u e , L i v r e I I , ,
de faire cette épaiflèur Amplement égaie à la hauteur des mêmes-
eaux, parce q;i alors la rciîit.i ncc des- batardeaux fera à peu près
quintuple de lapouflee, ce qui fuffit bien, pour raiïùrer la cir-
confpeétion la plus timide.. On en jugera en répétant le calcul!
précédent, où il faut fuppofer A G = 1 1 , BD = S , & C F = 4 ;
©n trouvera P =# 9791.. Comme l’aétion de la pouffee de l’eau,
refte la même, puifqu’il n’y a rien de changé à fa hauteur, on’
aura encore Q = t io 1 6 , dont le rapport, avec 9791 n’eft pas-
éloigné d’être réduit à j -
Au refte je laide aux gens du métier de prendre le parti qu’ils,
pigeront à propos, félon la nature des matériaux quils auront à;
employer ; confidération qui doit entrer pour beaucoup dans la
folidité de l'ouvrage.. On tirera au moins de ce qui précédé des;
îdées pluslumineules que l’on m’en a ordinairement fur la médiatique
des batardeaux ou digues de maçonnerie ,, Sc l’on fera en,
état de travailler avec plus d’aflutance-
5 68. De quelque nature que foit le fond du terrein fur lequel;
on veut adeoir un batardeau, il faut en traçant fa fondation luü
donner allez de largeur, auffi bien qu’à celle de l’éclufe, pour que-
lamaçonnerie qu on y, doit élever ait au moins un pied 5c demi;
de retraite , comme le montre la figure 5, afin de lui donner de;
1 empattement. Après avoir entamé le déblai des terres auffi bas
qu on le juge nécedàire à la commodité du travail, on enfonce ens
uiivantl alignement du tracé, une file de palplanchesX ( fig. f ..).
de chaque coté du batardeau ôc autour de la faillie Z que doit former
l’éclufe , afin de donner lieuà l’encaidèment où il faut que-
la fondation foit renfermée, pour lagarantirdesaccidensque les;
eaux de la retenue pourroient lui caufer par là fuite. Simon Stevim
eft le premier qui en a fait fentir toute, la nécelfité, dans fon livre-
de la maniere de fortifier les places, par éclufès. M. Clément ne;
s eft point contenté de cette fimple file aux batardeaux qu’il a fait;
fairea Dunkerque,,il a cru devoir encore y en ajouter une fécondé
Y appliquée plein fur joint contre la précédente, leur tête
ferrée entre deux ventrieres T , V clouées ÔC chevillées enfemble,
comme dans l’art. 255,.ôc arrafées au niveau dé là retraire; le
tout recouvert d’un plancher G ôc F. Ces palplanches ont 8 à 10
pieds de hauteur fur 4 a 5 pouctsd’épai{Teur, & 1 j ou 1 6 pouces
de largeur-On les enfonce beaucoup plusbas que la fondation ,
afin que les eaux de la retenue ne puiflcnt jamais' palier au-defi-
fcus-Après cela on continue le déblai des terres tout de fuite,
eu par parties,, pour atteindre le. bon fond, que l’on rencontre.
C h a p . V U - D es B a t a r d e a u x d e M a ç o n n e r ie .. 405-
allez ordinairement fans aller fort avant, vu la première fouille
qui a été faite du folle. Cependant s’il fe trouvoit de fi mauvaife
qualité qu’il fallut nécelfairement piloter ôc faire un grillage, on
fe conformera à ce qui a été enfeigné fur ce fujet dans le premier
livre, en y faifanr les modifications convenables. On remarquera
que fi l’on avoir affaire à un terrein mol, il y auroit alors un
furcroît de nécelfité de donner aux palplanches le plus de hauteur
qu’il fera polîible , afin qu’elles foutiennent bien le terrein
que l’encailfement renfermera , ôc qu’il ne puiflè fouffler par les
côtés , quand il fera chargé de tout le poids du batardeau ; autrement
il feroit à craindre qu’ilnes’affàiiïatfenfiblement.Com-
me toutes les attentions qu’il convient d’avoir en pareil cas me
jetteroient dans des répétitions de ce que j’ai die au fujet de la
fondation des éclufes en général, je ne m’y arrête point, étant à.
préfumer que ceux qui auront la conduite d’un pareil ouvrage ne
négligeront rien de ce qui peut en affûter la folidité. J ’ajouterai;
feulement que pour interrompre le cours des filets d’eau qui vien-
droient par la fuite du tems à s’introduire fous la fondation, malgré
le bon affèmblage des palplanches, on place encore pour plu®
de fureté un cours ou deux deplanches-N, de 16 pouces de largeur
& r4 d ’épaiffeur, pofées de champ bout about fiir toute la longueur
de la fondation, dans laquelle elles font enclavées für une moitié
de leur largeur, ôc l’autre enfoncée dans Ië v if du terrein ; c’ëft;
pourquoi fe côté inférieur eft taillé à grain d’orge comme on fa it
aux palplanches. Pour rendre ces diaphragmes, plus étanches, je
crois qu’il vaudroit mieux commencer par faire une tranchée de.
18 pouces de largeur fur autant de profondeur, ôc la remplir d’un*
conroy de glaife pour y enfoncer les-planches donril sagit avec
léfquelles la glaife.fe liera mieux que ne pourroit faire une terre
graveleufe ou fabloneufe, fi l’on en rencontroic de cette efpece.
569.. Après que la fondation eft élevée à la hauteur de la retraite,
on commence à former le corpsdu batardeau,, donc le
parement fe fait de grais compofé de pannereffèsôc boutifles po-
fëes avec mortierde ciment. Le derrière eft garni de briques en
mortier de même qualité fur Pëpaiflèur d’environ deux pieds,
formant par intervalle des chaînes d’un parementà l’autre, ôc le
refte en maçonnnerie ordinaire. Il faut de plus, en partant de la
première affife de la fondation, élever dans le milieu de fon
épaiffèur un mur de deux briques- pofées en liaifon , travaillé
avec beaucoup de foin en mortier de ciment. Ce mur doit s’étendre
fur toute la longueur du batardeau ,,ôc fa hauteur fe ter-
Peanc.
LVIi.
Fig. 1 z
ôc j -
A quoi f é r i%
duit la main
d'oeuvre de la
conjîruélion
d ’un batar»
deau..