
Defeription
d'utie machine
pour
arracher (les
pilote.
Fig, y
& 6,
Autre Machine
pour déraciner
des
pïlotSf
f i l 4
f t i ,
1 2 0 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i t r e I ,
admettre dans un travail comme celui-ci, d’autant plus que le
mouton repofant fur un plan incliné, la corde Y n’cn'foutient
pas tout à fait la pefanteur abfolue ; mais je n ai point égard au
foulagement que la puiffance recevra de cette part, qu. je fup-
pofe abforbé par les frottemens de la machine.
On concevra aifément, qu’en donnant aux arc boutans L , M ,
plus ou moins de longueur, on inclinera à fouhait la couliflè,
félon la lituation que l’on voudra faire prendre au pilot, 2c que
l ’on pourra même dreffer la couliflè perpendiculairement, pour
en battre de verticaux: en faifant enlorte que les tenons d’en-bas
des arc-boutans, au lieu d être encadrés dans les mortoifesS des
patins, le foient dans d’autres R , appropriées pour cela.
10 9 . Après avoir donné plufieurs maniérés d’enfoncer les
pilots, en voici deux pour les arracher en cas de befoin; ce qui
arrive quelquefois lorfqu’on veut établir de nouveaux ouvrages
dans des endroits où il refte d’anciens veftiges, ou bien pour
mettre à profit des pilots qui ne font plus d’ufage ; comme cela
eft arrivé à la démolition de Dunkerque, où l’on s’eft fervi de
la plus grande partie des bois que l’on a pu tirer des jettées Sc du
p o rt, pour former l’éclufe de Mardick,
La cinquième figure repréfente une cage de charpente, fou-
tenant une vis B , & fon écrou D , placée au-deffùs d’un piloc
A , dont la tête eft fuppofée avoir été percée pour recevoir une
broche de fe r, fervant à embraffer le pilot à l’aide d’une corde
où d’une chaîne fufpendue à un crochet repréfenté dans la
fixieme figure. En faifant tourner l’écrou comme un cabeftan, à
l ’aide des leviers qui l’accompagnent, la vis eft forcée démonter
, & oblige le pilot de la ftiivre; la feule difficulté eft d’allèoir
la machine fur une bafe allez folide pour réfifter au puiflant
effort de fa vis. S’il arrivoit que le pilot fût fubmergé, on pourra
fervjr d’un échafaud volant placé fur des bateaux.
2 lo. Voici encore une autre machine faite à peu près comme
une chevre, exprimée par les figures 4 & 7 , qui (ont affez intelligibles
par elles-mêmes pour n’avoir pas befoin d’une longue
explication. Son objet eft d’élever par fon extrémité L , une
poutre G L , pofée lur un appui B pour faire la bafcule; parce
qu 4 1 endroit K , l’on a fait une coche qui l'empêche de gllflèr.
Sous fuppoferons que la longueur de la poutre étant divifée en
P parties égales, l’intervalle G K en vaut une; que par confé-
quent le refte K L fera de 8 ; je fuppofe de plus, que cette
poutre çft garnie par fes extrémités des ferrures néceffaires à fa
manoeuvre,
C hap.VL D es machines pour enfoncer les pilots, i u
manoeuvre, qui eft d’arracher le pilot C. 11 faut s’imaginer que
d’abord elle repofe dans l’état où la ponduation la repréfente,
que l’on a attaché à fon excrêmité O une corde, laquelle, après
' avoir paffé fur des poulies, vient-aboutir au treuil de la machine
lequel étant mis en mouvement, éleve l’extrémité L de la pou-
tre dans la pofition où on la voit, pour accrocher la corde qui
embrafle le pilot, à l’autre extrémité G. Enfuite on lâche le
treuil pour abandonner la poutre à fon propre poids, lequel,
aidé de l’avantage que lui donne le bras, de levier, agit avec
beaucoup de force fur le pilot, comme on en va juo-er.
1 1 Pour calculer l’action de cette poutre, nous l’a fuppo-
lerons de 18 pieds de longueur , fur 12 pouces d’équarriffage ;
ainfi, félon ce qui a été dit précédemment, G K fera de 2 pieds
de longueur, & K L de 16. J ’ajouterai que le pied cube de bois
de chene fec, pefant autour de 6 0 livres , nous compterons fur
cette eftimation pour le calcul donc il s’agit. Voulant le faire
avec précifion, il faut prendre K H égal à G K , afin de regarder
ces deux parties du poids de la poutre comme en équilibre entre
elles : enfuite imaginer que le refte de fa pefanteur H L eft réuni
dans le milieu A , centre de gravité de la même partie H L , pour
tenir lieu de la puiffance qui doit agir fur le pilot, faifant attention
que cette puiffance fera de 840 livres, qui eft le poids de
14 pieds cubes de bois de chêne, répondant au bras de levier K A
de 9 pieds, tandis que l’autre K G , relatif à fon effet, n’en a
que deux. Ainfi dans l’état d’équilibre, la puiffance A , de 840
livres, fera a fon action fur le pilot pour l’arracher, comme K G
eft a K A , ou comme ,2 eft à 9. Faifant la réglé, on trouvera
que cette action eft de 3780 livres, que l’on peut augmenter
par les fecouffes que les manoeuvres montés fur le bouc R L donneront.
Que fi l’on fuppofe quatre hommes agiffant enfemble
pour cela, en fe foucenant à des cordes D fufpcnducs au fom-
mec de la machine, pour les.empêcher de tomber, il arrivera
que pefant enfemble 600 livres à l’extrémité du bras de levier
K Q , fextuple de K G , leur eft’orc fur le pilot fera de 3600 li-
snes, qui étant ajoutées avec les 378.0, donnent 7380 livres pour
la force avec laquelle le pilot fera tiré de bas,en haut.
M. le Maréchal de Belle-Ifle, après avoir fait repafler le Var
en J 747 a 1 armée des Alliés, qui s etoient propofé la conquête
de la Provence, les pourfuivit dans le Comcé de Nice, donc il
s empara. Pour faciliter la communication avec la France, il
fit conftruire fur le meme fleuve deux magnifiques ponts, chacun
P l.X I I ,
Fig. 4 Se
7-
Calcul de
l'effet dont:
peut être capable
la machine
précé-,
dente.