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veurs leschofes dansl’efpric quelles dévoient être traitées,
ayant eu la patience de les conduire, fans pour ainfi
dire les perdre de vue ; ce qui ne peut manquer d’arriver,
quand on leur donne des morceaux qui font étrangers
à ce qu’ils ont coutume de faire. En cela, comme dans
le refte, l’on n’a rien négligé de ce qui pouvoir rendre
l’ouvrage digne de l’empreffement que le Public marque
depuis fi long-tems de le voir paraître, fur le fimple
crayon qu’on lui en a donné-en 17 x 7 , comme devant
fervir de fuite à la Science des Ingénieurs; &c en 1 739,
fous le titre de fécondé partie de l’Architeéture Hydraulique.
Ceux qui ne favent point l’Algebre, & qui fe plaignent
d’en avoir beaucoup trouvé dans la première partie
, ne feront pas le même reproche à celle-ci 3 n’ayant
point eu deffein de donner à cet ouvrage un air favant,
l ’on ne s’en eft fervi que dans les cas où l’on n’a pu démontrer
par une autre voie les réglés qui s’en trouvoient
déduites. Il eft vrai que cette fécondé partie eft bien moins
fufceptible que l ’autre de recherches abftraites, étanc
prefque toute fondée fur l’experiençe & le bon fens. Le
grand point étoit d’y-faire regner l’ordre & la netteté;
c’eft à quoi l’on s’eft principalement appliqué, fans vouloir
éblouir par des traits trop fréquens de Phyfique &
de Mathématique qu’on y aurait pu femer, fans que
ceux pour qui l’on s’eft propofé d’écrire en fulfent devenus
beaucoup plus habiles, ni plus hardis dans l’exécution.
C ’eft lageffe, dit une brillante plume de nos
jours, de favoir le régler fur le plan de fon édifice, & de
ne le pas charger d’ornemens qui déparent toujours dès
qu ils ne font pas néceffaires.
Les fujets qui paroiffenc les plus ingrats ceffent de
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l’être, quand ils font traités clairement & d’une maniéré
intéreffante; il n’y en a point qui ne renferme des vérités
que le Ledeur prend toujours plaifir à connoître,
quand elles font rendues noblement. L ’efprit eft naturellement
rempli d’un nombre d’idées confufes, qui
l’empêchent de voir le vrai des chofes qu’il a le plus d’intérêt
de bien favoir, & rien ne le touche fi agréablement
que de lui en offrir de lumineufes, parce que la promptitude
avec laquelle il les faifit, lui fait le même plaifir
que s’il les avoir tirées de fon propre fonds. Combien de
Livres qui renferment d’excellens principes, perdent
beaucoup par la dureté de leur ftyle ! Nous avons tâché
d’éviter ce défaut, qui eft affùrément le plus infuppor-
table, puifqu’il répand l’obfcurité- Un ouvrage ne fau-
roffêtre trop travaillé, & il le fera d’autant mieux qu’il
paroîtra l’avoir moins été.
Ce ferait manquer de reconnoiffance, fi nous laiftions
ignorer que nous fommes redevables à M. de Segent,
ci-devant Ingénieur en chef à Dunkerque, des plus
beaux deffeins que nous rapportons de cette Place,
qu’il avoit étudié à fond ayant fa démolition , de même
que les travaux qui furent faits à Mardick en 1714. Dès-
lors il daigna nous accorder quelque part dans fon eftime,
& n’a pas peu contribué, par les fecours qu’il nous a
donnés, à l’avancement de cet ouvrage. Nous devons
aufli beaucoup à M. de Caux, Ingénieur en chef à Cherbourg
, qui nous a de même aidé de fes lumières, comme
l’on en pourra juger dans les endroits où il en fera fait
mention.
Quoique nous n’ayons rien négligé de tout ce qui
pouvoir rendre cet ouvrage accompli, on eft fort éloigné
de croire qu’on a été affez heureux pour que le fuccès
réponde au zele qui l’a fait entreprendre ; & l’on feroit